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Cinéma Sans Frontières

Vendredi 9 décembre 2011 - La jetée / L’armée des 12 singes

Publié le mardi 6 décembre 2011

20h Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

La Jetée : film de Chris Marker

France - 1962 - 28’

L’Armée des 12 singes : film de Terry Gilliam

USA - 1996 - 2h10 - vostf

LA JETÉE : L’histoire débute à Paris, après la " Troisième Guerre mondiale " et la destruction nucléaire de toute la surface de la Terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un corridor temporel afin de permettre aux hommes du futur de transporter des vivres, des médicaments et des sources d’énergies : "D’appeler le passé et l’avenir au secours du présent". Il a été choisi en raison de sa très bonne mémoire visuelle : il garde une image très forte et présente d’un événement vécu pendant son enfance, lors d’une promenade avec sa mère sur la jetée de l’aéroport d’Orly.

Ce film, considéré comme un chef-d’œuvre par nombre de critiques et de réalisateurs, est en fait un « photo-roman » ou diaporama : montage de photographies en noir et blanc avec un narrateur unique (voix de Jean Négroni) et une bande-son réalisée par Trevor Duncan. Alors que l’on se laisse véritablement captiver par la voix mélancolique du narrateur et la beauté du texte de Chris Marker, c’est la bande-son qui décide de la vitesse de passage des photogrammes et fait le rythme du film. Si l’image fixe est contraire au fondement même du cinéma, cette oeuvre ne possède pas moins tous les attributs du langage cinématographique : la musique, la bande son, et les mouvements de caméra. En effet, l’enregistrement des photographies relève d’un important travail stylistique. (zoom arrière, ouverture, fondus enchaînés…) La Jetée, c’est donc pour ceux qui l’ont vu, une présence forte, sonore et visuelle, telle qu’est l’image du visage de la femme pour le héros. Cette femme que le héros voit dans ses visions et ensuite lors de ses expériences, est belle, douce, mystérieuse, mais a aussi un visage triste. Ce qui arrive au héros nous arrive aussi en tant que spectateur et nous interroge encore plus intensément sur le pouvoir de nos propres images fondatrices, picturales, cinématographiques et sonores. La Jetée joint à la description d’une apocalypse nucléaire, l’interrogation sur le rêve, et le désir de revivre un amour mort. Plutôt que des acteurs professionnels, Chris Marker a utilisé des amis pour faire ce film, sans toutefois distribuer les rôles au hasard. Davos Hanich, dans le rôle de l’homme marqué, est un artiste, ancien élève et assistant de Fernand Léger (ses œuvres sont rares, vous pouvez aller voir une fontaine qu’il a réalisé, Square Marcel Mouloudji, Paris XIXe). Nous verrons plus loin que l’artiste, selon Marker, dispose de dons particuliers. Hélène Châtelain, dans le rôle de la femme de l’image d’enfance, est une russophone qui réalisera plusieurs documentaires sur la Russie et plus particulièrement sur le Goulag. Il l’a probablement rencontrée par le réseau Peuple et Culture dont ils étaient membres tous les deux. Le photographe William Klein, lui aussi ancien élève de Fernand Léger, fait une apparition dans le film en « homme du futur », avec son épouse Janine. Chris Marker avait édité le premier recueil de photographies de William Klein, New York, au Seuil et le livre avait reçu le prix Nadar en 1957.La présence de Jacques Ledoux, dans le rôle de l’homme qui guide les expériences, a sans doute été choisie plus malicieusement. Jacques Ledoux, conservateur de la Cinémathèque Royale de Belgique de 1948 à 1988, est un peu le Henri Langlois belge. Les souterrains de Paris à l’intérieur desquels les survivants se sont réfugiés, situés par Chris Marker dans les galeries souterraines de Chaillot, ont longtemps servi à Henri Langlois pour stocker les films qu’il récupérait. "Chez Chris Marker, la création cinématographique est conçue comme un travail de la mémoire qui est essentiellement-sinon exclusivement-composée d’images. Son cinéma apparaît comme "un travail matériel de la mémoire, qui transforme, reprend, (ré)organise". En effet, un film (Vertigo) crée un souvenir (Chris Marker est marqué par ce film d’Hitchcock), ce souvenir est la matrice d’un film (La Jetée) et ce film marque à son tour ses spectateurs, mais aussi des réalisateurs comme Terry Gilliam (Twelve Monkeys), Dario Argento (Deep Red) ou Mamoru Oshii (The Red Spectacles) qui ont proposé leur propre réinterprétation de La Jetée et on peut supposer que leur film inspireront à leur tour d’autres films...La spirale de la mémoire et du cinéma n’est donc pas le motif de la répétition mais de la "reprise" créatrice. "(Sophie Walon, ENS Lyon)

L’ARMÉE DES DOUZE SINGES : Nous sommes en l’an 2035. Les quelques milliers d’habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d’un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C’est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.

Un passage du film montre nos deux héros en fuite se réfugiant dans un cinéma où se joue Sueurs froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock. On y voit alors un extrait du film, où les personnages joués par James Stewart et Kim Novak se trouvent dans le parc Big Basin Redwoods State de Santa Cruz, en Californie. Ils évoquent le passage du temps devant la coupe d’un séquoia, l’actrice montrant " Ici je suis née… et ici, je suis morte ". L’extrait du film d’Hitchcock fait ainsi directement écho au voyage dans le temps et au destin du personnage de James Cole, incarné par Bruce Willis. Le titre, quant à lui, est inspiré du roman de Frank Baulm, Le magicien d’Oz dans lequel le roi convainc douze singes de le servir comme soldats. "...L’Armée des douze singes développe une fiction du chaos qui vise moins l’efficacité d’un film d’action que l’étrangeté surréaliste d’un récit aux infinies méandres temporels. Et loin de tout infantilisme, Terry Gilliam nous donne, dans le sillage de Chris Marker, une vision mélancolique et poignante de l’enfance, espace-temps mythique qui hante confusément le héros de L’Armée des douze singes, mais qui ne peut être rejoint que dans la mort. A toute cette étrangeté, s’ajoute celle du grand bric-à-brac baroque que dessine l’univers de Terry Gilliam, où les décors comme les corps sont déformés par l’oeil surhumain de la caméra. Cette force visuelle, qui est l’élément le plus frappant et le plus directement séduisant de l’Armée des douze singes, souligne aussi son étonnante nature d’objet d’art conceptuel, oeuvre d’un cinéaste plasticien et graphiste."(La Bibliothèque du film)


Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno PRECIOSO

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