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Cinéma Sans Frontières

Vendredi 14 OCTOBRE 2011 - MELANCHOLIA

Publié le lundi 26 septembre 2011

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Film de Lars von Trier

Danemark - 2011 - 2h10- vostf

À l’occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

Melancholia a été récompensé à Cannes par le prix d’interprétation féminine, lequel revient directement à Kirsten Dunst. Cette dernière, en allant chercher le trophée, a dit au micro "Eh ben, quelle semaine !" en référence à la mini-crise déclenchée par les propos tenus par le cinéaste danois et qualifiés d’antisémites. Selon Lars von Trier, le fait que Kirsten Dunst ait connu une lourde dépression durant son existence a contribué à la richesse de son jeu d’actrice.

Le romantisme allemand a été pour Lars von Trier le point de départ du film. Le cinéaste voulait un scénario impulsé par l’atmosphère qui règne dans les orchestrations de Richard Wagner. Luchino Visconti compte également parmi ses sources d’inspiration. "Il y a toujours quelque chose chez lui pour élever le sujet au-dessus du trivial, l’élever au niveau du chef-d’oeuvre !", affirme le cinéaste danois dans une de ses envolées lyriques.

Lars von Trier a commencé à écrire Melancholia grâce à... Penélope Cruz. En effet, l’actrice espagnole et le cinéaste danois se sont échangés plusieurs lettres. Penélope Cruz souhaitait faire un film avec lui. Elle lui a conseillé de s’inspirer de la pièce française Les Bonnes, écrite par Jean Genet, où deux servantes tuent leur patronne. Dans Melancholia, ces deux bonnes se transforment en deux sœurs. Penélope Cruz n’a malheureusement pas pu se libérer de ses obligations pour participer au tournage du film. Après qu’Olga Kurylenko ait été pressentie, c’est finalement Kirsten Dunst qui la remplace.

Le personnage joué par Kirsten Dunst est atteint de mélancolie profonde. Lars von Trier explique selon lui, "elle rêve de naufrages et de mort soudaine, comme l’a écrit Tom Kristensen (ndlr : auteur danois de la première moitié du XXème siècle à ne pas confondre avec le célèbre pilote automobile des 24 heures du Mans !). Et elle va les avoir". Alors que le monde est sur le point de disparaître, la joie la reprend peu à peu. Lars von Trier précise que "dans les situations catastrophiques, les mélancoliques gardaient plus la tête sur les épaules que les gens ordinaires, en partie parce qu’ils peuvent dire : ’Qu’est-ce que je t’avais dit ?’ Mais aussi parce qu’ils n’ont rien à perdre."

Lars von Trier s’estime lui-même comme étant mélancolique. Un état qu’il décrit comme étant une valeur : "Au bout du compte, nous avons tendance à voir la mélancolie comme plus vraie. Nous préférons la musique et l’art qui contiennent une pointe de mélancolie. La mélancolie en elle-même est une valeur. Un amour malheureux et non partagé semble plus romantique qu’un amour heureux."

Lars von Trier a choisi Melancholia comme titre afin de faire refléter son état dépressif. Il a également appris que la planète de la mélancolie était Saturne et que les collisions cosmiques étaient un phénomène fréquent dans l’univers.

Lorsqu’on lui demande si le monde pourrait avoir une fin, Lars von Trier en profite pour étayer ses pensées eschatologiques et son désir d’apocalypse : "Si ça pouvait arriver en un instant, l’idée me plaît. La vie est une idée pernicieuse. La création a peut-être amusé Dieu, mais il n’a pas vraiment réfléchi aux choses.Donc si le monde s’arrêtait et que toute souffrance et tout désir disparaissaient en un clin d’oeil, je serais prêt à appuyer moi-même sur le bouton."

Homme d’une grande ambiguïté, Lars von Trier déclare que Melancholia n’est peut-être pas une œuvre réussie ni même son œuvre à lui : "J’ai travaillé sur ce film pendant deux ans. Avec grand plaisir. Mais je me suis peut-être fait des illusions. Je me suis laissé tenter. Ce n’est pas que quelqu’un ait commis une erreur… au contraire, tout le monde a travaillé loyalement et avec talent pour atteindre le but que moi seul avais défini. (...) Néanmoins, je me sens prêt à rejeter ce film comme un organe transplanté par erreur."


Présentation du film et animation du débat avec le public : Philippe SERVE.

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