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Cinéma Sans Frontières

Vendredi 11 NOVEMBRE 2011 - AU REVOIR

Publié le mercredi 9 novembre 2011

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Film de Mohammad Rasoulof

Iran - 2011 - 1h40 - vostf

Dans la situation désespérée de l’Iran d’aujourd’hui, une jeune femme avocate à qui on a retiré sa licence d’exercer, est enceinte de quelques mois. Elle vit seule car son mari journaliste vit dans la clandestinité. Traquée par les autorités, et se sentant étrangère dans son propre pays, elle décide de fuir...

Mohammad Rasoulof est accusé d’avoir eu des actes d’opposition farouche au régime de Mahmoud Ahmadinjad. Les charges qui pèsent sur lui, notamment celle d’avoir effectué de la propagande organisée à l’encontre de la République Islamique d’Iran, en font un rival politique dangereux pour le gouvernement en place. Tout comme Jafar Panahi, arrêté et inculpé sur les mêmes motifs, Rasoulof est placé en détention. Provisoirement libéré en attendant le procès de son appel, il ne peut plus quitter son pays. Abbas Kiarostami a écrit pour demander la libération de ses deux collègues cinéastes. L’appel a été relayé par de nombreux réalisateurs, acteurs et producteurs du monde entier, en vain. Au moment où Au revoir sort en salles françaises, Mohammad Rasoulof est toujours dans l’attente d’un verdict. Il encourt une peine de six ans de prison assortie d’une interdiction de tournage pour vingt années. Ce mois-ci, une cour d’appel iranienne a finalement confirmé la condamnation du cinéaste Jafar Panahi à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de faire des films, de voyager ou de donner des interviews, a indiqué un membre de sa famille à l’AFP. Quant à Mohammad Rassoulof, sa peine a été réduite à un an contre six auparavant.

Mohammad Rasoulof s’est inspiré du quotidien des membres de son entourage pour réaliser Au Revoir. Le cinéaste iranien souhaitait montrer la dureté des circonstances et la violence morale qui rongent son pays. Il voulait aussi mettre en valeur le décalage croissant entre le mode de vie des Iraniens et celui que l’État tente d’imposer par le biais des lois. Rasoulof précise au passage que la confiance et la bienveillance de la population nationale sont en train de s’étioler à cause des pressions et de la censure dictées par la République Islamique. Un chemin vers l’individualisme et la solitude semble se dessiner.L’un des traits distinctifs d’Au Revoir concerne l’actrice principale, Leyla Zareh. En effet, la comédienne iranienne est présente dans chaque plan du film.

Soucieux de rester dans un cadre légal pour la réalisation d’Au Revoir, le cinéaste a tenté de se procurer des autorisations de tournage auprès des pouvoirs publics. Pour ne pas heurter la sensibilité des membres constituant la commission de censure, il a donc rédigé un scénario aménagé. Cela ne suffit à obtenir un visa de tournage. Ce n’est que grâce au soutien de la Maison du Cinéma, une institution indépendante, qu’il décroche le fameux sésame. Non sans retravailler encore au passage son scénario de base. Au revoir a été réalisé dans des conditions drastiques, alors que Mohammad Rasoulof était en liberté provisoire et donc surveillée. Le tournage s’est effectué avec un budget extrêmement serré. Mohammad Rasoulof s’est entouré d’une équipe technique très réduite. La caméra numérique utilisée a été achetée à petit prix. Plusieurs comédiens de renom dans le cinéma iranien y ont joué sans toucher de rémunération. Le monteur du film a accepté lui aussi de travailler à titre gracieux.

Au revoir est présenté en Sélection officielle du Festival de Cannes 2011, dans la section Un Certain Regard. Mohammad Rasoulof n’a pas été autorisé à se rendre sur la Croisette. Il y a obtenu le prix de la mise en scène, qui lui a été remis par procuration.La récompense qu’Au revoir a reçu à Cannes a été très mal vécue par le régime iranien. Les médias nationaux, rattachés à l’État, ont estimé que ce prix résultait d’un geste politique de la part des festivaliers cannois. Le film risque donc d’être complètement censuré en Iran, là où il a été réalisé, d’autant plus qu’il n’a pas obtenu de visa d’exploitation. Les médias iraniens ont eu recours à plusieurs tentatives pour boycotter le film de Mohammad Rasoulof. Des critiques très négatives ont circulé sur cette œuvre, la qualifiant de trahison vis-à-vis du pays. Rasoulof a été accusé d’avoir cherché à transmettre une vision pessimiste de l’Iran par le biais d’Au Revoir afin d’obtenir notoriété et succès. Un faux synopsis a été également publié et diffusé de façon à décourager les spectateurs d’Iran qui souhaiteraient voir le film.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Comité de soutien 06 aux cinéastes iraniens privés de liberté.

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