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Cinéma Sans Frontières

Vendredi 06 JANVIER 2012 - ON THE ICE

Publié le jeudi 5 janvier 2012

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Film de Andrew Okpeaha MacLean

USA - 2011 - 1h36 - vostf

Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté Iñupiaq, mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska. Un matin tôt, ils décident de partir à la chasse aux phoques avec James, un de leurs amis. Une dispute éclate entre les trois garçons et se termine par la mort accidentelle de James. Liés par ce sombre secret, les deux adolescents inventent mensonges sur mensonges afin de ne pas éveiller les soupçons de leur communauté.

On The Ice a été tourné à plus de 500 kilomètres au nord du cercle arctique dans la ville de Barrow en Alaska dit Andrew Okpeaha MacLean, réalisateur du film, et originaire de cette ville. Il ajoute :la température en hiver approche régulièrement les moins 40°C. De novembre à janvier, le soleil ne se couche jamais alors que de mai à août, il ne se lève plus du tout. C’est un endroit où la terre et la glace s’étendent à l’infini, ce qui crée paradoxalement un sentiment aigu de claustrophobie et d’isolement. L’Alaska fait partie des derniers endroits mystiques au monde. Même si beaucoup de gens en ont entendu parler, très peu savent ce qu’est réellement la vie en Arctique. La majorité de la population de cette région est Iñupiaq (mot formé de l’inuit iñuk-piaq, "vraie personne") comme moi. Les Iñupiat constituent un peuple vivant au large du détroit du Béring. Le cinéaste évoque ce peuple et sa région nordique : "Les fondements de cette région proviennent de traditions séculaires. La chasse aux phoques, aux morses et à la baleine fournit l’essentiel de la nourriture pour les habitants. C’est un environnement unique pour un film. Les personnages principaux, Qalli et Aivaaq viennent de Barrow. Ils ont grandi là-bas comme moi. Leurs vies sont vraiment différentes de ce qui est considéré comme "normal" en Amérique du Nord." Le film a aussi été tourné sur certaines parties de la banquise du cercle polaire arctique. Qui dit banquise, dit ours polaires ! Pour veiller à la sécurité des membres de l’équipe du film partis tourner des scènes sur la banquise du cercle arctique, la production a recruté des gardes armés afin de contenir ces ours sauvages en cas d’attaques impromptues. L’équipe du film a tourné dans des conditions très difficiles, la température extérieure atteignant parfois les -30°C ! Les répétitions avec les jeunes comédiens se sont déroulées sur un bon mois. Andrew Okpeaha MacLean explique : les répétitions ont en fait débuté dès le casting. Après avoir dégagé un ensemble de 15 comédiens capables de jouer, on les a fait venir à Anchorage, la plus grande ville d’Alaska, pendant une semaine. Là, on a à la fois poursuivi les auditions et fait des ateliers intensifs de jeu à partir des scènes du film. Et j’ai ensuite emmené les deux acteurs retenus pour les personnages principaux - Josiah Patkotak qui est originaire de ma région et Frank Qutuq Irelan - à Barrow, un mois avant le début du tournage. Comme ils allaient être de tous les plans du film ou presque, je voulais que dans ce laps de temps, il puisse se créer une réelle alchimie entre eux. Et les deux m’ont vraiment impressionné ! Puis, au fur et à mesure de ce mois qui a précédé le premier clap, j’ai fait venir les autres comédiens. Donc le premier jour du tournage, chacun savait précisément ce qu’il avait à faire. Et la confiance que leur ont apportée ces répétitions a forcément nourri le film.

Le tournage a été un peu plus rapide puisqu’il s’est étalé sur (seulement) 25 jours. Pour les scènes en extérieur, Andrew Okpeaha MacLean a confié s’être inspiré des images et des plans de films de Sergio Leone et de Sam Peckinpah. Et pour filmer Barrow, il dit s’être beaucoup inspiré du travail de Todd Hido qui a signé une série de clichés sur des banlieues résidentielles la nuit, avec un aspect fantomatique assez fascinant. On The Ice ne ressemble pas précisément à ces photos mais elles l’ont aidé à imaginer son propre style.

Pour le réalisateur Andrew Okpeaha MacLean, les jeunes adolescents Iñupiat offrent une description des plus complètes sur la vie de ces peuples du nord de l’Alaska. C’est d’ailleurs pour cette raison que le cinéaste a choisi de tourner ce film en compagnie de ces jeunes tiraillés entre les traditions anciennes et la modernité. Pour son premier long-métrage, Andrew Okpeaha MacLean a uniquement fait appel à des acteurs inuits non-professionnels.

En 2008, Andrew Okpeaha MacLean réalise Sikumi (déjà intitulé On The Ice en Iñupiaq), un court-métrage contenant les prémices de ce qui deviendra son premier ’long’. Il explique : le court comme le long sont inspirés par une quantité de choses différentes et en particulier par des personnes que je connais. Dans le court métrage, mes personnages étaient plus âgés, la trentaine environ, et se retrouvaient dans une situation proche de celle du long métrage mais avec une perspective différente. Un des personnages était directement inspiré par mon grand-père et j’avais eu envie de le placer dans une situation où il se retrouvait confronté à un meurtre violent pour imaginer comment il pourrait réagir à la fois comme être humain et comme membre de la communauté inuit. Car chez les Inuits, il existe une philosophie de non-violence qui pousse à tenter à tout prix de résoudre les conflits d’une autre manière. Nous n’avons pas de prison par exemple. Tout doit s’arranger entre nous. Et cela m’intéressait donc de confronter ce type de personne profondément non violente à quelque chose d’aussi violent. Le long métrage est une nouvelle variation sur le même thème avec des personnages plus jeunes, autour de 18ans. Car je souhaitais faire un film très contemporain pour raconter l’ Arctique d’aujourd’hui et plus particulièrement la jeunesse de cette région. Ceux-ci vivent en effet quelque chose qu’aucune autre génération avant eux n’a vécue. Grâce à internet, ils sont connectés avec le monde entier et ne sont plus isolés culturellement comme j’ai pu l’être à leur âge. Ils peuvent donc se construire une identité propre qui tranche avec celle de leurs ancêtres, ne serait-ce que via leur amour du hip hop comme je le montre dans le début d’ On The Ice. Ils se réapproprient cette culture urbaine, même s’ils n’ont jamais mis les pieds dans une grande métropole. On The Ice a remporté le Prix du Meilleur Premier Film lors de l’édition 2011 du Festival International du film de Berlin, en Allemagne. On The Ice a aussi été présenté et sélectionné en compétition aux festivals internationaux de Deauville et Sundance.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane SCOLERI

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