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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 27 NOVEMBRE 2015 : L’IDIOT !

Publié le lundi 23 novembre 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Yuriy Bykov

Russie - 2014 - 1h52 - vostf

Dima est un jeune plombier qui doit gérer les canalisations des logements sociaux d’un quartier d’une petite ville de Russie. Un soir, lors d’une inspection de routine, il découvre une énorme fissure qui court le long des façades de l’immeuble. Selon ses calculs, le bâtiment est sur le point de s’effondrer et d’ensevelir les 800 locataires qui y vivent. Une course contre la montre va s’engager…

Yuriy Bykov est né en 1981 en Russie. Il a d’abord suivi une formation de comédien au fameux VGIK (Institut Gerasimov du cinéma) et il joua sur plusieurs scènes de théâtre de Moscou après en être sorti diplômé en 2005. Un an plus tard, il commence à tourner ses premiers courts-métrages et à écrire des scénarios. En 2009, son court-métrage The Boss, dans lequel il tient aussi le rôle principal, obtint le premier prix au festival de films de Kinotavr, il fut d’ailleurs aussi présenté au 25e festival Interfest du court-métrage. En 2010, il réalisa Live !, son premier long-métrage. En 2013, The Major fut sélectionné à la Semaine de la Critique du festival de Cannes. Durak (L’Idiot), son troisième film fut sélectionné en compétition au festival de Locarno en 2014.

"Je suis arrivé au bout du scénario littéralement en une nuit - le laps de temps que dure l’action dans le film. Je venais de rentrer chez moi, puis sortis pour me promener dans la ville et je remarquais combien elle paraissait vieille bien qu’elle fut fondée il y a à peine quarante cinq ans. Les maisons, à de rares exceptions, étaient en piteux état, les murs noircis et fissurés...Et j’ai eu cette idée simple et claire de faire un film sur un simple plombier – un honnête homme ordinaire se battant contre tout le système des bureaucrates, tous liés entre eux. C’est une question de vie et de mort : les vies de 800 personnes, qui vivent dans une vieille bâtisse risquant de s’écrouler durant la nuit, sont en jeu.", explique Yuriy Bykov à propos de comment lui est venue l’idée du film. Le réalisateur a ensuite entendu ses voisins affirmer que leur bâtiment s’écroulerait bientôt du fait des toits percés et des conduites qui fuient et lors d’un journal télévisé, des immeubles en mauvais état faisaient la Une. Les services des bâtiments n’avaient aucun moyen de faire des travaux et d’en construire de nouvelles maisons. Yuriy Bykov a alors eu l’envie de faire un film sur un simple plombier prêt à tout pour sauver son immeuble et a écrit le scénario en seulement une nuit.

L’idiot ! dénonce avant tout la lâcheté d’une société russe dans laquelle chacun, puissants comme petits fonctionnaires, employés communaux et laquais soumis à l’état, tâche de sauver son pré carré, de conserver ses privilèges, quitte à mettre l’existence des autres en danger. D’où une incroyable galerie de personnages formant autant de visages de la lâcheté, de la cupidité et de la bassesse humaines...Nous sommes en Russie, dans une petite ville jamais nommée, durant une nuit froide et peu engageante. Dans l’immeuble où se déroule l’action, toute une faune grouille et se chevauche. Du mari violent battant sa femme aux dealeurs de shit, des démunis entassés à six dans une pièce à des retraités abandonnés par leurs proches, toutes les strates de la pauvreté cohabitent. Et au milieu, Dmitri Nikitin, un plombier qui ne paie pas de mine et va tenter l’impossible pour les sauver.

Yuriy Bykov explique que "L’Idiot traite des réactions des gens vis-à-vis de notre protagoniste Dmitri Nikitin et non à ces capacités mentales – il est tout-à-fait sain de corps et d’esprit. Quand la « bataille » commence, la plupart des gens réagissent selon leurs instincts naturels : rester en vie et préserver leur paix et bien-être. Soudain, dans ce combat, un soldat apparaît avec un code bien précis – sa conscience..."

En Russie, selon Yuriy Bykov, des personnes comme Dmitri Nikitin sont de plus en plus rares. "On les traite de romantiques, d’altruistes, d’idéalistes ou simplement d’"idiots" pour bien marquer qu’ils ne se comportent pas normalement à une époque où le cynisme, la peur et l’indifférence sont devenus la norme. De tels idiots existent toujours dans mon pays et cela nous laisse de quoi espérer", explique le réalisateur. Le titre de son long-métrage vient donc du surnom donné aux personnes qui osent se battre pour la survie de leur immeuble. "Le caractère de Dmitri Nikitin est fondamental pour ce récit, tiraillé par le doute entre la peur qui le ferait rester chez lui et son honnêteté qui le pousse à révéler la vérité. Particulièrement bien construit, magnifiquement interprété par Artem Bystrov (Léopard d’argent du meilleur acteur au Festival International du Film de Locarno) , il se dresse comme le seul élément intègre parmi une foule de gens qui n’ont que faire de ses émois. Pour autant, ni lui, ni ceux qu’il essaie d’éveiller à la réalité ne sont tout noirs ou tout blancs. Les hésitations, les questions, les retournements sont possibles parce que Yuriy Bykov tient à la nuance." (Geneviève Praplan, Cine-feuilles.ch)

L’Idiot ! a remporté un grand nombre de prix : le Prix du meilleur acteur, le prix du jury oecuménique et le premier prix du jeune jury au Festival International du film de Locarno 2014, le premier prix Flèche de cristal, Prix de la meilleure photographie et le Prix du jeune jury au Festival du cinéma européen des Arcs 2014, l’Atlas d’argent, le Prix du public et Prix Regards jeunes Région Nord-Pas de Calais au Festival international du film d’Arras 2014, le Prix du jury au Festival international du film de Belgrade, la mention spéciale du jury au Festival du film de l’Aquila et le Prix de la critique du meilleur scénario au Festival international du film de Dublin.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Martin de Kérimel

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