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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 24 JUIN 2016 : UN JOUR AVEC, UN JOUR SANS

Publié le lundi 13 juin 2016

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Dans le cadre de la saison coréenne au Musée Départementale des Arts Asiatiques du 30 Mai au 7 Novembre

Film de Hong Sang-soo

Corée du sud - 2016 - 2h01

Le réalisateur Ham Cheon-soo arrive un jour trop tôt dans la ville de Suwon, où il a été invité à parler de son oeuvre. Il profite de cette journée d’attente pour visiter un palais de la ville. Il y rencontre Yoon Heejeong, une artiste locale avec laquelle il va discuter, dîner, boire… Mais il n’est pas tout à fait honnête avec Yoon Heejeong.

Comme l’indique son titre, Un jour avec, un jour sans est en réalité constitué de deux films, qui sont autant de variations autour du même sujet, la rencontre amoureuse entre un cinéaste et une peintre. Hong Sang-soo pousse l’expérimentation jusqu’à inclure un second générique et une issue différente à chaque histoire. Les acteurs eux-mêmes ont joué les deux versions de l’histoire, pouvant ainsi intégrer à leur interprétation cette répétition des situations : "Ce n’est pas la première fois que Hong Sang-soo s’essaye à ce procédé de « film brisé » que l’on retrouve sous diverses formes toutes aussi mystérieuses les unes que les autres : La vierge mise à nu par ses prétendants et plus récemment Matins calmes à Séoul. Le réalisateur se joue de nos habitudes de spectateur averti qui cherche sans cesse à établir des connexions et des comparaisons, qui souhaite tout comprendre et tout interpréter. Le cinéaste veut dénouer ces mécanismes en les rendant inopérants, en nous tirant par la manche vers toujours plus de simplicité. Le fait que le film raconte de deux manières différentes une même rencontre est évidemment de l’ordre de l’expérimentation pure, mais il ne faut pas y chercher une sorte de théorie, la clé se trouve à la surface, dans ce que nous voyons et dans l’effet perturbant que cette répétition produit en nous. D’une version à l’autre, quelques petits ajustements, une réplique qui saute, un dialogue complètement différent, un peu moins d’enthousiasme ici, un peu plus par là, la jeune peintre boit dans le premier film et pas dans le deuxième, dans le premier film l’homme s’enthousiasme pour sa peinture, dans le deuxième il émet des critiques. On peut évidemment penser à Smoking/No Smoking d’Alain Resnais ou encore à la place de choix que possède le hasard dans l’oeuvre d’Eric Rohmer et pourtant rien de déterminant ne change le cours de la rencontre, c’est toujours un peu pareil. Comme ces cinéastes, Hong Sang-soo a toujours ménagé beaucoup de place au hasard et à l’aléatoire jusqu’à en faire un personnage à part entière : il n’y a pas qu’un homme, une femme et de l’air dans le plan, il y a aussi cette force invisible et malicieuse, cette loi qui voyage incognito, comme l’énonce un proverbe arabe, et qui actionne la rencontre avant de lui donner forme. Hong Sang-soo nous dit quelque chose de très simple : il arrive que nous sous-estimions parfois son influence, mais on peut aussi la surestimer. Le hasard n’est pas qu’une grande affaire, c’est aussi une petite histoire qui tourne sur elle-même sans but. Elle peut être à l’origine d’une rencontre décisive comme d’une coïncidence dérisoire. Qu’est-ce qui lie donc ces deux films ? Sont-ils les deux versions d’une même série de faits ? La version de l’homme suivie de celle de la femme ? Sur nous, le deuxième film fait l’effet d’être la carte imprécise d’un territoire déjà arpenté, ou alors la répétition cauchemardesque et amnésique d’une même situation. Un film se superpose à l’autre, et trace les contours de leurs dissemblances. Le premier serait alors le réel, et le deuxième sa version ? Ou alors, autre hypothèse énoncée à l’aune d’une filmographie : il n’y a, chez Hong Sang-soo, que des versions, jamais de réalité, des apparences tenues par aucune substance et tout s’écrit et se filme sur fond de ce deuil-là. Puisque tout n’est jamais que version, l’essence même de la réalité se confond alors avec celle du cinéma. Un rapport au réel, c’est toujours déjà un film." (Murielle Joudet - ACOR)

Pour son dix-septième long-métrage, Hong Sangsoo continue d’explorer des thèmes qui lui sont chers comme la rencontre amoureuse entre deux artistes, la découverte de l’autre et les relations conflictuelles, à l’instar de Night and Day (2010), The Day He Arrives (2011) ou La Vierge mise à nu par ses prétendants (2004), dont la forme est aussi morcelée et non-linéaire : "La rencontre chez Hong Sang-soo c’est une mise en contact entre deux êtres appartenant chacun à un monde différent, chacun étant pour l’autre une sorte d’objet non identifié, de présence extra-terrestre, d’altérité pure. Ce n’est pas qu’un détail si, souvent, au début du film, les héros se retrouvent dans une ville qu’ils connaissent mal, car l’autre est précisément comme une ville que l’on visite en touriste : on y découvre ses habitudes, ses coutumes, ses croyances, sa tonalité et sa lumière particulières. On l’arpente pendant un court instant, parfois on peut décider de s’y installer mais c’est rare. Car la rencontre chez Hong Sang-soo est toujours brève, les êtres sont de passage et le temps est compté. La rencontre est ainsi d’autant plus pure et belle qu’elle se sait limitée au moment même où elle commence. Il faut vite se quitter avant qu’elle ne devienne autre chose qu’une rencontre."(Muriel Joudet - ACOR)

"Adoptant une structure dichotomique faisant vivre à ses sujets la même histoire une seconde fois (les deux parties du film étant séparées par la réapparition de l’écran-titre), Un jour avec, un jour sans se révèle exquisément ludique : le spectateur, fort de l’expérience passée, voit son empathie décuplée, tandis que les personnages semblent altérés par un passif qu’ils ne peuvent pas comprendre. Et tout le génie de Hong Sang-soo de s’exprimer, les variations étant aussi évidentes que subrepticielles. Si d’aucuns peuvent reprocher au cinéaste la redondance de thématiques qu’il a exploitées au cours de sa carrière, ce dernier, dans un ultime tour de force, transcende l’essence même du langage cinématographique : dans Un jour avec, un jour sans, chaque cadre, chaque mot, chaque geste, chaque intonation est riche de sens ; l’enchaînement des plans-séquences ne laisse aucune place au superflu et cette épure stylistique magnifie le lyrisme des petits riens. Les échanges entre Cheon-soo et Hee-jeong, imprégnés de vulnérabilité et d’une candeur mélancolique, percent l’âme, et l’honnêteté du protagoniste masculin (lors de la seconde partie) fait écho à celle de l’auteur. Alors que deux univers s’entrechoquent sans pouvoir s’unir, la forme du film épouse son fond... Assurément, il ne faut que peu de chose pour livrer une œuvre d’une telle intensité émotionnelle (sans jamais sombrer dans l’excès) lorsque l’on a le talent de Hong Sang-soo." (aVoir-aLire.com)

Le cinéma d’ Hong Sang-soo continue de séduire les festivals depuis le début de sa carrière au milieu des années 1990, avec Le jour où le cochon est tombé dans le puits. Un jour avec, un jour sans ne fait donc pas exception, puisqu’il a déjà raflé de nombreuses récompenses, dont le Léopard d’Or et le Prix d’interprétation masculine pour Jae-yeong Jeong au Festival de Locarno 2015.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri

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