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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 23 JANVIER 2015 - LE BARON DE CRAC

Publié le mardi 20 janvier 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Karel Zeman

Tchécoslovaquie - 1961 - 1h23 - vostf

En posant le pied sur la lune, le cosmonaute Toník ne s’attendait pas à rencontrer ses illustres prédécesseurs Impey Barbicane, Cyrano de Bergerac et le Baron de Crac. Croyant avoir affaire à un autochtone, le Baron décide de l’emmener sur Terre pour lui faire découvrir les beautés des civilisations terrestres. Ils atterrissent à Constantinople où ils délivrent la belle Bianca secrètement éprise de Toník. Le trio échappe au Sultan furieux et se retrouve dans une avalanche d’aventures et de rencontres pittoresques…

Avant de tourner à Barrandov, les grands studios de cinéma de Prague, Karel Zeman a fait ses armes dans l’animation à Zlín. Né en 1910, Karel Zeman est lié au nom d’une autre grande figure tchécoslovaque de la première moitié du XXe siècle : Baťa, le roi de la chaussure, pour lequel il travaille à Zlín, en réalisant des films publicitaire animés. Remarqué par le réalisateur Elmar Klos, celui-ci l’invite à le rejoindre au studio de cinéma Barrandov où commence sa véritable carrière dans l’animation. Son premier court-métrage est même primé en 1946 au festival de Cannes. Un an plus tard, sa fille, Ludmila voit le jour. Elle se souvient : « Je dois dire que c’était comme au paradis. Je suis née en 1947, à l’époque où il n’y avait pas la télévision. J’avais un avantage certain : nous habitions à cinq minutes des studios. Donc, à trois ans, j’y allais déjà toute seule. La projectionniste de mon père me faisait toujours entrer pour voir des films. Elle me disait : "viens voir Blanche-Neige et les sept nains" ! Donc j’ai vu des films que les autres enfants ne pouvaient pas voir. Les studios étaient un vrai paradis. »

Devenu très célèbre grâce à ses longs-métrages dont un premier chef d’œuvre intitulé Les aventures fantastiques (1958), le cinéaste tchèque Karel Zeman perfectionne encore sa technique artisanale consistant à mêler des acteurs réels à des décors et des éléments animés en adaptant le roman de Gottfried August Bürger contant les aventures du facétieux baron de Münchausen (également surnommé le baron de Crac). Il s’agit donc de la troisième apparition cinématographique de ce personnage haut en couleurs après l’éclatante réussite du long-métrage produit par la UFA en 1943 intitulé Les aventures fantastiques du baron de Munchhausen, dirigé par Josef von Baky...Avec une idée par seconde, Karel Zeman mélange toutes les techniques possibles (découpage, collage, animation image par image, ombres chinoises, incrustations d’acteurs au cœur de toiles peintes) pour livrer une œuvre aussi folle que son modèle littéraire. Outre les multiples références au cinéma muet (pellicule teintée, humour burlesque), le cinéaste fait également appel au compositeur Zdenek Liska qui livre une partition fantaisiste largement influencée par les expérimentations des musiciens contemporains, participant ainsi à l’étrangeté générale. Malgré le poids forcément écrasant de la technique, Zeman n’en oublie pourtant pas de créer des personnages de chair et de sang. Grâce au concours du grand acteur tchèque Milos Kopecky, Le Baron de Crac est aussi l’occasion pour le spectateur de côtoyer la meilleure incarnation à l’écran du fantasque baron. A la fois digne, noble d’allure, mais aussi capable de jalousie et de duplicité, son Münchausen est une figure ambiguë qui rend parfaitement justice au personnage imaginé au 18ème siècle par Bürger. Il est donc impératif de redécouvrir ce pur chef d’œuvre qui a tellement marqué Terry Gilliam dans sa jeunesse qu’il a voulu rendre hommage à ce spectacle merveilleux à travers un long-métrage tout aussi fou à la fin des années 80. (Avoir-aLire.com)

...Inutile de préciser que Karel Zeman, auteur complet, a écrit le scénario, mais pas les dialogues du Baron de Crac. Dans le rôle titre, on trouve une grande figure du cinéma tchèque : Milos Kopecký, juif pragois survivant des camps de concentration, et acteur de théâtre d’avant-garde. Le jeune premier, Rudolf Jelínek (Tonyk dans le film), s’il n’accédera jamais au vedettariat, fera une longue carrière en tant que second rôle, y compris dans des films hollywoodiens tournés en République Tchèque. Jana Brejchová, qui joue l’unique (ou presque) rôle féminin du film, eût elle aussi une carrière bien remplie, mais elle est surtout connue pour avoir été l’épouse de Milos Forman et (bien plus longtemps) celle de Vlastimil Brodsky, le plus célèbre acteur du cinéma tchèque...(Psychovision.net)

Au pied du Pont Charles à Prague, sur l’île de Kampa, se trouve depuis l’automne 2012 un musée consacrée entièrement à l’œuvre cinématographique de Karel Zeman. Le musée est centré essentiellement sur les trois grands films de Karel Zeman : Le voyage dans la préhistoire, L’invention diabolique et Le baron de Crac. La fin du musée balaye en une salle tout le reste de la création de Karel Zeman. Car au-delà des films des trois grands films d’animation qui sont le socle de son œuvre, Karel Zeman est également à l’origine de nombreux autres courts-métrages : Les aventures de Sindbad le marin et d’autres courts-métrages inspirés des Mille et une nuits, Le dirigeable volé, L’apprenti sorcier, et bien d’autres.

(Ondřej Beránek, cinéaste confie que "le caractère exceptionnel de Karel Zeman réside dans sa capacité à donner une âme à son travail et dans le fait qu’il s’est concentré sur le côté artistique et plastique des choses. Il est également atemporel parce qu’il était totalement apolitique et réussissait à insuffler un côté humain à ses films. C’est pour cette raison que ses films continuent à fonctionner aujourd’hui. A l’heure actuelle, plus la technologie est importante dans les films, plus ceux-ci se vident. Lui est parvenu à faire des films de bonne qualité en évitant les erreurs des créateurs d’aujourd’hui qui se concentrent avant tout sur la technique et non pas le fond des choses. Karel Zeman, lui, s’intéressait au message de son film."


Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno Precioso

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