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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 22, SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 JANVIER 2016 : EN HAUT DES MARCHES - L’ÉTRANGLEUR - CORPS À COEUR

Publié le jeudi 21 janvier 2016

20h30 vendredi 22 et samedi 23 et 17 h dimanche 24 - Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Paul Vecchiali

En haut des marches (France - 1983 - 1h32), L’étrangleur (France - 1972 - 1h33) et Corps à coeur (France - 1978 - 2h01)

Françoise revient à Toulon, sa ville, après vingt ans d’absence… pour tuer. Qui veut-elle tuer ? Ces gens - des parents - qui occupent sa maison, une villa qu’elle avait fait construire au prix de lourds sacrifices. Pourquoi veut-elle tuer ? Parce que ces gens ont dénoncé, croit-elle, son mari comme collaborateur durant l’Occupation ? Pour mettre un terme à sa propre réussite sociale qui n’a déclenché qu’envies et calomnies ? Elle revit des moments de son passé… sa mère… l’école où elle-même était institutrice… son mari Charles… En haut des marches de la villa, que va trouver Françoise ? …

En haut des marches est le fruit d’un double postulat voulu par Paul Vecchiali. Le réalisateur souhaitait d’une part raconter la vie de sa mère décédée peu avant le début du tournage et rendre également un hommage à Danielle Darrieux à qui il vouait une véritable adoration depuis sa plus tendre enfance.

En haut des marches est un film refusant la linéarité. En effet, l’intrigue se partage en trois temporalités. A son retour à Toulon, le personnage de Danielle Darrieux se remémore son passé et l’assassinat de son époux au moyen de retours en arrière tout en se projetant également dans le futur à l’occasion d’un procès imaginaire.

En haut des marches et plus généralement l’ensemble de l’oeuvre de Paul Vecchiali s’inspire du cinéma français des années 1930 et de ses cinéastes emblématiques tels que Jean Grémillon et Henri Decoin. La présence de Danielle Darrieux au casting du film est à voir comme un trait d’union entre le cinéma de cette époque et l’oeuvre de cinéaste de Paul Vecchiali.

...En haut des marches pourrait être un film solennel, avec sa convocation pesante de l’histoire familiale et collective, mais il ne l’est pas, car il est tempéré une nouvelle fois par la fameuse « dialectique » de Vecchiali ; un jeu pris entre l’authenticité des émotions décrites ou remémorées, et les inventions perpétuelles de cinéma qui s’y glissent, pour amener le film sur le terrain de la plus pure fiction, de l’interprétation jouée, de la mise en scène rendue manifeste, de la fantaisie – de toute une réinvention libre mais respectueuse. Ainsi En haut des Marches est, plus que jamais, un hommage malicieux au cinéma qui offre, comme dans ce complexe de mémoire et d’imaginaire (véritable recréation du personnage de la mère « par l’intérieur »), ses échappées, ses moments d’incrédulité, ses folies visionnaires, et ses mises en garde de fiction. Il n’en demeure pas moins que le film est profondément bouleversant, par sa forme, et son crescendo dramatique (la fameuse montée des marches finale), tout comme par la façon qu’il a d’investir l’Histoire par le « dedans », par un témoignage vécu et « ordinaire » qui met à mal les certitudes établies...(Culturopoing.com)

Parmi les différents acteurs du film, les spectateurs n’auront pas manqué de remarquer la présence d’Hélène Surgère, actrice fétiche de Paul Vecchiali ayant participé à la plupart de ses films. La comédienne, décédée en 2011, a commencé sa carrière avec un film du cinéaste, Les Ruses du diable en 1965, et l’a terminée avec un autre, Les gens d’en bas en 2010. Entre ces deux films, le réalisateur et sa muse ont collaboré à huit reprises.

Le film fut présenté au Festival de Cannes en 1983 dans la section Perspectives.

Emile est un jeune homme marqué par un terrible traumatisme : plus jeune, il assiste à un meurtre par strangulation sur une jeune femme en larmes avec une écharpe blanche. Aujourd’hui trentenaire, Emile reproduit ce meurtre sans se rendre compte de l’horreur de son acte et compte cinq victimes à son actif. L’inspecteur Simon Dancrey suit la piste du meurtrier et se fait passer pour un journaliste auprès d’Émile afin de le prendre au piège.

L’étrangleur est le deuxième film de Paul Vecchiali, qu’il réalise quatre ans après Les Ruses du Diable (1965).

Paul Vecchiali propose dans son autobiographie, et plus particulièrement dans le tome 5 intitulé les aléas de la sieste, un texte qui corrobore l’état d’esprit dans lequel il se trouvait lors de la préparation de ce film. En voici un extrait : "Pelotonné dans le fauteuil, je laissais vaquer mon imaginaire qui, entre deux siestes abruptes, affinait les personnages, leur rapport, cimenté la structure. Le soir qui suivi ma dernière dérive, je sus que le film était prêt. Il persisterait en travers de ma route, exigeant et létal."

Paul Vecchiali a toujours considéré qu’il lui était primordial de réaliser L’Etrangleur. Non pas uniquement parce que son sujet l’intéressait, mais aussi parce que le film est nourri de choses étranges et étrangères à lui et qu’en réalité, le réalisateur est passionné par l’inconnu.

...Le pari dans L’Étrangleur était donc de rendre la dimension poétique d’un acte meurtrier, de refuser le sordide et la complaisance qui rassurent toujours le spectateur dans sa représentation du mal. Ici, Émile (interprété par le troublant Jacques Perrin), impressionné par une strangulation à laquelle il a assisté lorsqu’il était enfant, reproduit à l’envi cet acte. Mais pas sur n’importe qui.Le jeune homme choisit en effet ses victimes parmi les femmes esseulées et mélancoliques qu’il accompagne dans leur dernier souffle, tel un ange de la mort. Et là où Paul Vecchiali réussit un pari plutôt inouï, c’est lorsqu’il vide le propos de toute sordidité pour faire de son film un étrange chant funèbre...Évidemment, en voyant les meurtres perpétrés par l’étrangleur, il est difficile de ne pas penser aux nombreux films d’Alfred Hitchcock (La Corde, L’Inconnu du Nord-Express, Frenzy) où la strangulation était toujours investie d’une forte symbolique sexuelle, traduisant généralement une impuissance qui, hypothèse confortée par le fait que le premier échec criminel survienne avec une prostituée, est peut-être le mal qui ronge Émile...Entre la réalité et les fantasmes que l’on plaque sur celle-ci par refus d’une médiocrité qui semble continuellement trahir les espoirs de chacun, L’Étrangleur existe quelque part entre amoralité et conscience du conformisme, réussissant le pari totalement fou de transformer la laideur en œuvre d’art.(Critikat.com)

Un jeune garagiste du Kremlin-Bicêtre tombe fou amoureux d’une bourgeoise de cinquante ans. Se sachant atteinte d’une maladie incurable elle accepte cet amour et décide de vivre avec son jeune amant.

...Au-delà de son indéniable maîtrise formelle, ce qui bouleverse le plus dans Corps à cœur tient probablement à cette manière dont la caméra de Paul Vecchiali épouse avec une empathie jamais affectée la fragilité de ses personnages. On pense bien entendu à cette flamboyante déclaration d’amour sur la plage où les mots parviennent à panser le temps de quelques précieuses secondes toutes les blessures d’une vie entière. On pense aussi à cet autre instant où un jeu de Colin-maillard fait ressurgir une terreur de la mort tapie au fond de soi.

Le cinéma de Vecchiali est constamment nourri par cette inquiétude de la fin précipitée, du désir qui se conjugue avec la disparition. Corps à cœur, plus que n’importe quel autre film, porte en lui un beau paradoxe, une sorte de douleur lumineuse ou d’espoir mélancolique qui rappelle les plus beaux films de Douglas Sirk (Écrit sur du vent, Le Temps d’aimer et le temps de mourir). C’est dire s’il faut aujourd’hui courir dans les salles pour (re)découvrir ce cinéma aussi intime et précieux que pourrait l’être une partie de nous-mêmes. (Critikat.com)

...Corps à Cœur est un sommet lyrique et émotionnel qui doit énormément à ses interprètes, Nicolas Silberg et Hélène Surgère principalement, absolument magnifiques. Pour autant, ses personnages n’en sont pas ni plus aimables ni saisissables : ils gardent en partie leurs opacités, leurs cruautés et lâchetés, tout en restant sincères et généreux. Pierrot est une sorte de séducteur qui va de l’avant, un enfant prodige capricieux qui multiplie les amours pour mieux échapper à l’atmosphère mortifère de son milieu ; rêvant peut-être aussi d’une émancipation sociale… Vecchiali entremêle le petit théâtre familial déclinant côté « cour », serti dans ce « décor » de ruelle en impasse, sorte de banlieue enferrée dans une autocélébration nostalgique ; et la flamboyance romanesque d’une passion impossible avec ses échappées fleuries. Un requiem cinématographique en hommage à Fauré et Grémillon dans lequel le lyrisme n’exclut pas l’humour, la dérision subtile… (Culturopoing.com)

Outre-Atlantique, à New York le film a fait un bide monumental après avoir été amputé d’une vingtaine de minutes. Le jour où un distributeur a décidé de réintégrer la scène coupée et de ressortir le film cette fois à Los Angeles, Corps à coeur est resté six mois dans les salles.

Paul Vecchiali a souhaité que Myriam Mézières chante dans Corps à coeur suite à son interprétation de "Jack the ripper" dans Change pas de main, un long-métrage réalisé en 1975. Dans Corps à coeur l’actrice interprète un titre intitulé "Va-t’en", parce que c’est ce que les personnages passent leur temps à répéter à Nicolas Silberg qui incarne Pierrot dans le film.


Présentation des films et animation des débats avec le public : Josiane Scoleri - Bruno Precioso - Vincent Jourdan.

Merci de continuer à arriver suffisamment à l’avance pour être dans votre fauteuil à 14h00 précises.

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La parole est à vous !

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Adhésion : 20 €. Donne droit au tarif réduit à toutes les manifestations de CSF, ainsi qu’à toutes les séances du Mercury (hors CSF) et à l’accès (gratuit) au CinémAtelier.
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