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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 21 NOVEMBRE 2014 - STILL THE WATER

Publié le lundi 17 novembre 2014

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Naomi Kawase

Japon - 2014 - 1h59 - vostf

Sur l’île d’Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu’un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d’été, Kaito, découvre le corps d¹un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour…

La réalisatrice Naomi Kawase a dû faire face, peut avant d’entrer en production pour Still the Water, à la mort de sa mère adoptive, qui l’éleva à la place de ses parents biologiques. Elle précise, dans une note d’intention, la dimension toute relative que prend la mort d’une personne selon le point de vue sous lequel on se place : "La mort apporte à ceux qui restent de connaître la solitude et l’inquiétude. Mais cette solitude nous apprend la tendresse. Elle nous permet de mieux comprendre les blessures des autres et nous réchauffe le coeur. Plus la solitude est profonde, plus la tendresse est grande. Mais les règles de l’univers transcendent nos solitudes. C’est ainsi que, même si ma mère adoptive est morte, le soleil se lève et la lune se montre pleine. C’est cette grandeur, la grandeur de la nature que je souhaite exprimer dans ce film."

Tourné sur les îles Amami, entre l’île principale Honshu et les îles Okinawa, Still the water est un retour aux sources pour Naomi Kawase. Alors que celle-ci tourna certains de ses films (Suzaku et Hotaru notamment) dans la province de Nara, où elle grandit, elle apprit depuis que ses ancêtres étaient originaires d’Amami. Plus tard, en 2008, elle se rend sur l’île qui la marque profondément : "en venant là, j’étais sans doute guidée par quelque chose car, quatre ans plus tard, en 2012, je me suis mise à préparer un film que se tournerait sur cette île", explique-t-elle. Still the water se construit donc sur plus de six ans, avec pour point de départ cette île magique.

Still the water se construit autour de l’environnement exceptionnel fourni par l’archipel dans lequel il se déroule. La réalisatrice explique que ses habitants vénèrent encore aujourd’hui chaque arbre, pierre et tout élément de la faune et de la flore comme autant de dieux. Ces divinités les protègent et font de leur mort un passage fusionnel, vers un pays mythique qu’ils nomment Neriyakanaya. Au-delà de cette mythologie, le but du film est de mettre en avant, selon sa cinéaste, la place relative de l’homme au sein de cette nature : "je souhaiterais que les spectateurs se rendent compte que nous, les hommes, ne sommes pas au centre de toutes choses ; nous ne sommes qu’une partie du cycle de la nature. J’ai voulu construire une histoire qui induise que cet immense cycle dans lequel nous sommes contenus est d’essence divine. Notre âme est complexe, vague et imprévisible. J’espère, par ce film, voir grandir la sagesse de l’homme au contact du dieu que nous appelons nature."

Comme souvent dans les films de Naomi Kawase, on retrouve dans Still the water les thèmes chers à la réalisatrice, tels que la vie et la mort, la symbiose entre l’homme et la nature, la mémoire d’un lieu, le cycle de la vie et sa transmission d’une génération à l’autre. Mais contrairement à ses réalisations précédentes, elle fut étonnée de sa sérénité sur le tournage : "mon expérience du tournage de Still The Water fut un peu différente, dans la mesure où j’ai rarement ressenti la nécessité de contrôler totalement les choses (...) convaincue que ce dont nous avions besoin viendrait à nous naturellement".

Kaito et Kyoko, le couple de personnages principaux du film, suivent un véritable apprentissage de vie dans Still the water, devant affronter une réalité parfois cruelle. Naomi Kawase s’explique sur ce choix narratif qui fait de son film une ode à la tolérance et au respect du legs de notre planète et de nos ancêtres : "apprendre à accepter les autres, à avancer tout en gardant en mémoire nos douleurs, en continuant à voir ce monde tel qu’il peut être par moment : d’une beauté inestimable. Quand les hommes seront capables de cela, je pense que nous pourrons nous élever et vivre dans un monde que nous ne connaissons pas encore. C’est mon souhait pour le futur des personnages principaux de ce film, symboles d’une nouvelle génération, qui sont en plein apprentissage de la vie adulte".

Contrairement à la plupart de ses films qui font appel à nombre d’acteurs non professionnels, Still the water se compose d’un casting soigné, notamment pour les rôles des parents, de Papie Tortue, de Kyoko et de Kaito. Ce dernier, joué par Nijirô Murakami, est le seul qui n’avait jusque là jamais joué au théâtre ou au cinéma. "Le plus important pour moi dans ce choix, c’était qu’ils aient une présence comparable à celle, incroyable, de la nature sur l’île d’Amami. Ce fut le cas, et même au-delà de mes espérances" explique la réalisatrice. Bien qu’il n’ait que peu de scènes à tourner dans le film, Fujio Tokita, qui joue Papy Tortue (Kamejiro), resta sur l’île tout le temps du tournage et fit exactement comme son personnage dans le film : il prit plaisir à pêcher. La réalisatrice raconte que "il s’est intégré naturellement à la vie sur l’île, il est même arrivé que certains touristes viennent le voir pour qu’il leur indique les meilleurs endroits pour pêcher sur l’île". L’acteur est par ailleurs très connu au Japon comme comédien récurrent d’Akira Kurosawa et l’un des meilleurs doubleurs du cinéma d’animation national. On retrouve dans Still the water deux comédiens qui avaient auparavant joué pour elle : Jun Murakami jouait le jeune moine de Nanayomachi (2008) alors que la belle Makiko Watanabe interprétait Wakako dans La forêt de Mogari (2005).

Habituée à insérer dans ses fictions des images documentaires, il est fréquent que certaines scènes des films de Naomi Kawase soient improvisées. Dans Still the water, si le tournage eut lieu dans l’ordre chronologique du film, la danse d’Août, le rituel du dieu Yuta et le typhon sont des moments de la vie de l’île et non des reconstitutions pour les besoins de la production. La première scène du film, impliquant des habitants d’Amima, et la suivante, dans la salle de classe, sont également des improvisations, filmées avec les véritables protagonistes de l’île, sa population.

Alors que la saison des typhons au Japon a plutôt lieu en août (comme dans le film de Kurosawa, Rhapsodie en août), l’équipe de tournage dut faire face, en plein mois d’octobre (2013), à un déferlement des forces de la nature, cette année ayant été particulièrement importante en typhons dans le sud du Japon. La réalisatrice est pourtant loin de s’en plaindre : "c’était miraculeux de pouvoir saisir la violence des vagues de ce typhon, comme un cadeau du ciel. Alors toute l’équipe s’est préparée à filmer dans des conditions extrêmes, les vents violents et la pluie torrentielle". Cette tempête fut l’une des scènes les plus improvisées du film, puisqu’il devenait même difficile de communiquer entre techniciens à cause de la force du vent. Même Mère Nature se lance dans l’improvisation.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno Precioso

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