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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 2 OCTOBRE 2015 : THE LOOK OF SILENCE

Publié le jeudi 8 octobre 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

En partenariat avec Amnesty International et l’AdN

Joshua Oppenheimer

Danemark - 2015 - 1h43 - vostf

Adi Rukun est ophtalmo itinérant. Au gré de ses visites, il enquête sur les circonstances de la mort de son frère aîné, accusé de « communisme » et assassiné pendant les grands massacres de 1965 et 1966 en Indonésie. 
La caméra de Joshua Oppenheimer accompagne Adi dans sa confrontation avec les assassins. Patiemment, obstinément, malgré les menaces, ils s’emploient ensemble à vaincre le tabou du silence et de la peur.

The Look of Silence a été pensé comme la suite complémentaire d’un autre documentaire de Joshua Oppenheimer, The Act of Killing qui a reçu le BAFTA du meilleur documentaire en 2014. En effet, le réalisateur a travaillé pendant plus de dix ans sur les massacres qui ont eu lieu en 1965 dans l’archipel indonésien, et a voulu explorer les conséquences de ce drame sous différentes facettes, ce qui a justifié la production de ces deux longs-métrages.

The Act Of Killing exposait les conséquences pour une société de construire sa réalité quotidienne sur la terreur et le mensonge. The Look of Silence explore ce que veut dire être un survivant dans une telle société. Une scène de The Look Of Silence filmée en janvier 2004, est la genèse des deux films : deux anciens dirigeants des escadrons de la mort me conduisent le long d’une route sur la berge de la rivière Serpent dans le Nord de Sumatra. Là ils rejouent avec une apparente jubilation la façon dont ils ont aidé l’armée à tuer 10 500 personnes précisément à cet endroit. A la fin ils posent pour des photos souvenirs, de ce qui reste pour eux une après-midi mémorable et joyeuse. Le réalisateur dit que "ce jour fut l’un des plus traumatisants de ma vie et je sus que je ferais deux films complémentaires. Ce qui me secoua ne fut pas tant le génocide lui-même, ni même la vantardise – une manifestation évidente de l’impunité des tueurs et de leur pouvoir intact. Ce qui me terrifia était le fait que les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés mais semblaient suivre la même partition. Tous deux sentaient que la fanfaronnade était la façon acceptable de parler de ces événements. Je réalisai que la vantardise était systémique. Je décidai alors qu’aucun des deux films ne serait un documentaire historique sur les événements de 1965. Au lieu de cela, les deux exploreraient l’héritage présent du génocide. L’un – qui deviendra The Act of Killing – explorerait les histoires que les meurtriers se racontent pour pouvoir vivre avec eux-mêmes, et les conséquences de ces mensonges pour leur propre humanité. L’autre film s’attaquerait à une autre question, également importante : qu’advient-il à une société entière et à ses membres quand ils vivent dans la peur et le silence pendant cinquante ans. Ce film, c’est The Look of Silence." Il ajoute : "Le résultat, The Look of Silence, est, je l’espère, un poème qui évoque le silence né de la terreur – un poème sur la nécessité de briser ce silence, mais également sur le traumatisme qui s’ensuit. Peut-être ce film est-il un hommage au silence, qui nous rappelle que malgré tous nos efforts pour aller de l’avant, oublier et penser à autre chose, rien ne réparera jamais ce qui a été détruit. Rien ne pourra ramener les morts à la vie. Nous avons pour devoir de nous arrêter un instant, de penser aux vies qui ont été détruites, et de nous efforcer d’écouter le silence qui s’ensuit."

Il poursuit : "The Act of Killing n’est pas un documentaire sur un génocide qui s’est produit il y a cinquante ans. C’est un exposé sur un régime de peur contemporain. Ce n’est pas un film historique. C’est un film sur l’histoire elle-même, sur les mensonges que leurs vainqueurs racontent pour justifier leurs actions, et les conséquences de ces mensonges ; c’est un film sur un passé traumatique laissé en suspens, qui continue à hanter le présent. Je savais dès le départ qu’il y avait un autre film tout aussi urgent à faire, et qui parlait également du présent. The Act of Killing est hanté par les victimes absentes – les morts. Presque chaque passage douloureux culmine brutalement avec un tableau hanté et silencieux, un paysage vide et souvent en ruines, occupé par une silhouette perdue et solitaire. Le temps s’arrête. Il y a une rupture dans le point de vue du film, un passage brusque au silence, une commémoration des morts et des vies inutilement détruites. Je savais que je ferais un autre film, qui s’aventurerait dans ces lieux hantés et ressentirait viscéralement ce que signifie pour les rescapés d’être forcés d’y vivre, forcés de construire leurs vies sous le regard vigilant de ceux qui ont assassiné leurs proches et restent au pouvoir. Ce film, c’est The Look of Silence."

The Look of Silence a été diffusé dans des dizaines de festivals en Europe et à travers le monde. On peut notamment citer, le Starz Denver Film Festival qui s’est déroulé au Danemark, le Festival du film de Telluride dans le Colorado, il est aussi passé au Festival international du film de Toronto, au festival du film de New York ainsi que celui de Zurich. Le film a remporté le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise en 2014 ainsi que le prix FIPRESCI de la critique internationale. En outre, il a reçu le Prix du Public au Festival Premiers Plans d’Angers et le Grand Prix au Festival de Valenciennes.

Le 20 novembre 2014, à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, plus de 2000 personnes sont venues à l’avant-première publique du documentaire à Jakarta. En décembre, 480 projections publiques furent organisées à travers l’Indonésie, toutes sponsorisées par la Commission des droits de l’homme d’Indonésie et le Conseil des Arts de Jakarta.

Errol Morris et Werner Herzog, deux grands cinéastes et documentaristes, acclamés et reconnus pour leurs talents, ont participé à la production de The Look of Silence. Certains membres de l’équipe technique, dont un coréalisateur et un producteur, ont tenu à ne pas figurer au générique : ils sont donc mentionnés en tant qu’anonymes. Joshua Oppenheimer explique cette décision : "Il y avait un véritable risque pendant le tournage. Derrière cette appellation à la résonance particulière se cachent des personnes remarquables. Sans leur courage, le film n’aurait pas existé. (...) L’un d’entre eux a été pendant 8 ans mon assistant sur la réalisation, le son, le montage et s’occupe maintenant de la distribution en Indonésie."


Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno Precioso

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