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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 18 SEPTEMBRE 2015 : UNE BLONDE ÉMOUSTILLANTE

Publié le mercredi 16 septembre 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Dans le cadre du 1° Festival de Cinéma Tchèque à Nice

Jiri Menzel

Tchécoslovaquie - 1980 - 1h38 - vostf

Comment dans les années vingt, Marja, la jeune femme de Francin qui dirige la brasserie d’un petit village de Tchécoslovaquie, met le pays en révolution. C’est Pépin, frère de Francin, qui inspire la jeune Marja fantasque qui coupe ses jupes et ses cheveux et va même jusqu’à couper le pieds des meubles. C’est le règne de la fantaisie au grand désespoir de Francin qui finalement finira par fondre devant sa blonde émoustillante.

« Au cinéma le nom de Jiří Menzel est lié à celui de Bohumil Hrabal, depuis la Mort de M. Baltazar (Smrt pana Baltazara, 1965), Les Petites perles au fond de l’eau (Perličky na dnĕ, 1965) jusqu’à Alouettes sur le fil (Skřivánci na niti, 1969) en passant par les Trains étroitement surveillés (Ostře sledované vlaky, 1966)... Le sentiment, chez Hrabal, de l’absurdité tragi-comique du quotidien trouvait son complément chez Menzel qui considérait la vie avec une ironie savante et témoignait envers les anti-héros de ses films d’une compréhension philosophique. » (Antonin Liehm, Le Cinéma de l’Est de 1945 à nos jours, Édition du Cerf, 1984). Le scénario du film Une blonde émoustillante (Postřižiny) s’inspire de « La chevelure sacrifiée » de Bohumil Hrabal.

En effet, « Dans les années soixante, les jeunes cinéastes s’identifient aux textes de Hrabal. Ils les comprennent aussi comme un appel à une autre forme d’adaptation littéraire : il n’est plus possible désormais de raconter simplement et de suivre pieusement l’œuvre écrite. Aucun réalisateur ne veut « illustrer » mais bien « interpréter » l’œuvre littéraire. Il l’analyse de manière créative, la pousse hors de ses limites, quitte à abandonner quelques personnages ou quelques situations. Il s’agit avant tout de rester fidèle à l’esprit du roman. Hrabal aime mettre en relief l’étrangeté et la magie quotidienne au travers de monologues sans fin, où ses personnages proposent des conceptions de la vie originales et pleines de fantaisie. Il appelle cela « palabrer ». En palabrant, les personnages expriment des états d’âme qui révèlent des prises de conscience dignes du Stephen Dedalus de James Joyce. Comme Joyce, Hrabal élimine absolument toute description, le lecteur doit reconnaître les contours du monde et des personnages évoqués au travers d’une avalanche d’informations, regroupées sur le principe de l’association, sans chronologie, et sans relations causales. Les personnages de Hrabal discutent, mais ils ne dialoguent pas, ils soliloquent, s’écoutant eux-mêmes. Hrabal est extrêmement positif, c’est un humaniste, et ce sont probablement les deux seules choses qu’il faut respecter lorsque l’on adapte ses œuvres. Hrabal est persuadé que n’importe quel être humain, aussi isolé, perdu ou banni soit-il, recèle au plus profond de son âme une partie de Dieu, c’est cette « petit perle au fond », visible seulement pour celui qui sait écouter et observer attentivement, sans conformisme ni préjugés. » (Zdena Škapová, « La cinématographie tchèque : littérature et cinéma, et plus particulièrement dans les années soixante ». In Le Cinéma tchèque et slovaque, cinéma/pluriel Centre Georges Pompidou, 1996).

Jiri Menzel appartient à l’heureuse génération de cinéastes qui, vers la fin des années soixante du siècle écoulé, ont fait naître ce que l’on aimait appeler « la nouvelle vague tchécoslovaque ». Génération représentée par les noms de Milos Forman, Vera Chytilova, Evald Schorm, Pavel Juracek, Jan Nemec, Ivan Passer et autres. Comme Jiri Menzel, ils ont tous suivi une formation à la FAMU, l’Ecole de cinéma de Prague. L’invasion des chars russes, en août 1968, écrase le fameux Printemps de Prague et interrompt la carrière de nombreux artistes tchèques. Jiri Menzel et d’autres réalisateurs de sa génération ne font pas exception. Dans la seconde moitié des années soixante-dix, Jiri Menzel recommence à tourner. A l’orée de la forêt », Une blonde émoustillante , Mon cher petit village sont des comédies tendres qui remportent, beaucoup de succès auprès du public.

...« L’histoire que raconte le film n’a pas tellement d’importance. Menzel nous propose des petites tranches de vie un tantinet nostalgiques. Le tout découpé à même le plus ordinaire des quotidiens. Le point de vue du réalisateur, on le trouve dans la personne du médecin. C’est à travers son regard indulgent qu’évolue devant nous tout ce brave monde. Avez-vous remarqué qu’on trouve assez souvent la présence d’un médecin dans les films de Menzel ? D’ailleurs, lui-même a joué le rôle du docteur Brabec dans Trains étroitement surveillés. Dans Une blonde émoustillante, le docteur Gruntorad est joué par Rudolf Hrusinsky. On retrouvera le même acteur jouant le rôle d’un médecin dans Mon beau village. Gruntorad est aussi le patron de la brasserie. Et ce qui ne gâte rien, notre médecin a un certain sens de l’humour. Comme pour s’excuser de fausser compagnie à Marja, il invoque le fait qu’il doit aller soigner « deux parturientes et une colique vésiculaire ». Dans ce film, les personnages sont bien assis sur un coussin de sympathie. Chez Menzel, humour rime profondément avec amour. Il aime les petites gens. Ceux et celles qui doivent conjuguer leur labeur avec le train-train quotidien. Sans cacher leurs travers, il ne s’adonne pas à la caricature méchante. Au contraire, il regarde à travers les lunettes de la bienveillance de notre médecin ce petit monde qui a comme une tendance naturelle à se prendre pour le gardien de ses semblables. Son ironie deviendra un peu mordante face au manque d’efficacité des pompiers volontaires et des moyens de locomotion. Nous sommes en Tchécoslovaquie... » (Janick Beaulieu, Séquences n° 135/136)


Présentation du film et animation du débat avec le public : Jiri Menzel, Josiane Scoleri et Pascal Gaymard.

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