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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 18 OCTOBRE 2013 - FEMMES ENTRE ELLES

Publié le mardi 15 octobre 2013

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Film de Michelangelo Antonioni

Italie - 1955 - 1h44 - vostf

Clelia, une jeune Romaine, quitte la « ville éternelle » pour s’installer à Turin, dans le nord de l’Italie, où elle monte une maison de couture. Ouverte et chaleureuse, elle ne tarde pas à se faire de nouvelles amies. Un jour, l’une d’elles, profondément meurtrie par une déception amoureuse, met fin à ses jours. Son décès va bouleverser ses amies et transformer leurs relations.

C’est la première fois au cinéma que l’on voit la vie des groupes d’amies et d’amis de la bourgeoisie, les hystéries et les acrimonies qui fermentent sous la plaisanterie. Il s’agit d’un monde qui a déjà une tradition littéraire mais que le cinéma n’était pas encore parvenu à effleurer. (Italo Calvino)

Ce film ressort aujourd’hui dans une magnifique copie restaurée par la cinémathèque de Bologne. Les fans du cinéma italien d’après-guerre effleurant le néoréalisme vont se régaler, tant la restauration de la pellicule est une formidable réussite. Les beaux visages bourgeois chers à Antonioni retrouvent leur éclat, eux dont la mise en lumière par le chef opérateur Gianni di Venanzo est l’un des principaux intérêts du film. Même chose pour la profondeur de champ, vertigineuse, qui, avec une netteté redevenue quasi-parfaite, donne aux différents plans du cadre toute leur puissance d’évocation. Le noir et le blanc semblent mener un véritable combat dans cette histoire de lutte psychologique individuelle et collective. Si les scènes en extérieur sont moins nombreuses que dans les autres films d’Antonioni, le goût de ce dernier pour l’architecture ne s’en fait pas moins sentir, tant les décors intérieurs ressemblent à un gigantesque labyrinthe avec lequel les personnages essayent de se débattre. Bref, esthétiquement, Femmes entre elles est superbe... L’art de suspendre l’action développé par Antonioni dans L’Avventura et ses films ultérieurs est déjà bien rodé. Modèle de mise en scène, le film est aussi très cérébral.

Femmes entre elles est une adaptation de la nouvelle de Cesare Pavese, l’un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle. Antonioni s’est basé sur une nouvelle tirée du "Bel Été" (roman qui a obtenu le Prix Strega en 1949), traduite en français sous le même titre que le film.

Antonioni porte un regard autant amusé que pessimiste sur la bourgeoisie de son temps et de son pays. Mais comme souvent chez lui, ce que son histoire contient d’enseignements sociaux se double d’une portée métaphysique. Le désir est vu comme une force indépassable mise à l’épreuve par la réalité ; la volonté individuelle comme une essence contrecarrée par le collectif ; le suicide comme une rédemption vitale paradoxale, l’oubli comme une sorte de principe.

Avant d’être critique, puis metteur en scène, Antonioni fit des études d’architecte, ce que ses films reflètent dans son traitement de l’espace, aux nombreux extérieurs, où les bâtiments structurent l’image, pour mieux signifier la solitude des personnages. Un sentiment que l’on retrouve dans Femmes entre elles, où transparaissent avec toujours autant d’élégance la construction savante du cadre, ou des mouvements fluides et discrets de caméra. Une grammaire cinématographique envoûtante de tous les instants.

Ses actrices, Eleonora Rossi Drago, Valentina Cortese, Yvonne Furneaux, Madeleine Fischer, Anna Maria Pancani sont plus belles et sophistiquées les unes que les autres, et composent un quintet de charme où fomentent les rivalités plus ou moins rentrées qui peuvent être assassines. Cinéaste de la femme, Antonioni ne s’arrête pas à ses seuls personnages féminins et traduit comme dans nombre de ses films l’incommunicabilité homme/femme, celle-ci allant dans les deux sens.

Si le drame est en effet au coeur du film, Antonioni ne nous donne pas moins l’impression de devenir un intime de ce groupe d’"amies" (le titre original est "Le Amiche"), de suivre leurs frasques et déboires jusqu’au drame, sans en démordre une seconde. Un film qui après bientôt 60 ans garde une modernité sans fard. "Je voulais placer mes personnages dans leur cadre, ne pas les séparer champ-contrechamp. La technique est instinctive et liée au désir de suivre les personnages pour dévoiler leurs pensées les plus cachées", explique Antonioni.

Lorenzo a été le premier rôle de Gabriele Ferzetti sous la direction d’Antonioni. Le cinéaste italien a collaboré une seconde fois avec cet acteur en lui offrant le premier rôle dans L’Avventura (1960), le film qui ouvre la trilogie du malaise moderne (La Nuit, 1961 et L’Eclipse, 1962).

L’un des premiers films de Michelangelo Antonioni, Femmes entre elles a préparé le grand tournant de la carrière du cinéaste qui s’est fait avec Le Cri en 1957. Le film a décroché le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 1955 ainsi que le Ruban d’argent du Meilleur réalisateur d’un film italien en 1956.

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Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno Precioso

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