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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 18 NOVEMBRE 2016 : LA MORT DE LOUIS XIV

Publié le lundi 14 novembre 2016

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Film de Albert Serra

Espagne - 2016 - 1h55

Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe. Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne. Il se nourrit peu et s’affaiblit de plus en plus. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France, entouré de ses fidèles et de ses médecins.

Dans l’almanach royal d’août 1715 sont inscrits ces mots : « On crut le Roy mort dez le Lundy 25. Il se porta mieux un jour ou deux quoyque sans esperance. Il est mort après avoir beaucoup souffert et avec une grande patience le Dimanche 1r sept. a 8 h du matin » L’agonie de Louis XIV commence le 9 août 1715 et dure jusqu’au 1er septembre. Elle signe la fin d’un règne personnel de 72 ans, le plus long de l’Histoire de France. Le Journal de la Santé du Roi tenu par ses médecins successifs révèle un homme à la santé fragile qui manque plusieurs fois de mourir : de la petite vérole à cinq ans, d’une fièvre maligne à trente-cinq, d’une fistule à quarante-cinq, et d’un diabète avec gangrène à soixante-dix. En 1715, au mois d’août, Louis XIV est cette fois atteint d’une embolie à la jambe liée à une arythmie cardiaque, qui va provoquer l’apparition de la gangrène.

"La Mort de Louis XIV est un huis-clos qui se déroule exclusivement dans la chambre du Roi. Ces deux semaines d’enfermement pendant lesquelles Louis XIV voit défiler courtisans, ecclésiastes et ministres devant son lit de mort sont l’objet et le temps du film. À l’inverse, il ne s’agit absolument pas de raconter comment la France vit, durant ces deux semaines, la perte de son Roi. Le film est l’histoire d’un homme qui se prépare à perdre la vie, dans la douleur et le quotidien, même s’il est Roi", explique le réalisateur. Ce n’est pas la première fois qu’Albert Serra se penche sur la mort d’une figure historique puisque son précédent film, Histoire de ma mort, était inspiré des mémoires de Casanova - et a d’ailleurs remporté le Léopard d’Or à Locarno. Don Quichote avait quant à lui inspiré son premier film Honor de Cavalleria, et les Rois mages son second, Le Chant des oiseaux.

Pour réaliser La Mort de Louis XIV, Albert Serra s’est inspiré de deux ouvrages : les Mémoires de Saint-Simon et les Mémoires du Marquis de Dangeau. "Ces deux courtisans ont assisté aux derniers jours de Louis XIV et ont voulu décrire, consigner, collectionner presque, chacun des moments du Roi mourant", explique le réalisateur. "Certaines de ses paroles y sont rapportées mot pour mot, tout comme les états successifs de la jambe malade du monarque, qui sont décrits avec ce que cela suppose de détails sordides...Saint-Simon et Dangeau ont écrit des textes dont la précision et l’exhaustivité poussent à la saturation : l’agonie n’est guère un spectacle beau ou varié, fût-elle celle d’un Roi. Elle n’est même pas un spectacle. Je ne voulais donc pas dramatiser les textes. Au contraire, j’ai essayé de respecter très fidèlement leur chronologie, avec ce que cela comporte de répétition. Je m’oppose à une agonie, comme elle est souvent représentée au cinéma, qui serait filmée uniquement dans son intensité dramatique et psychologique, et qui est montrée avant tout comme une dernière parole, un dernier soupir. Durant ces deux semaines, la souffrance règne en maître sur le Roi, elle se dilate, elle fait subir ses longueurs. Le film représente la mort vécue, un inventaire, au quotidien, des territoires progressivement envahis par la maladie. La douleur qui gagne le corps et l’esprit, jour après jour, heure après heure..."

"La façon même de filmer du réalisateur, au plus près des personnages, renforce l’intimité du moment. Il a voulu que la lumière rappelle les tableaux du peintre Raphaël, sur lequel il avait notamment travaillé dans le cadre d’une Carte Blanche demandée par le Centre Pompidou en 2013. Les vêtements, les étoffes, les tentures rouges sont éclairés à la bougie. Les visages, leurs rides, leurs expressions sont au cœur de la caméra, et pas une ne reflète l’émotion. Car c’est une force du film que de ne pas déployer une dramaturgie inutile. Un autre réalisateur aurait été tenté d’en faire des tonnes et de faire pleurer dans les chaumières. Pas Albert Serra et on lui en sait gré. Il nous garde à bonne distance de nos propres émotions, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il retranscrit merveilleusement bien cette autre époque, celle de la vie à la Cour. Pour autant, on n’y a pas vu de nostalgie ni d’apologie de la royauté. On y voit le Roi sous les yeux de ses sujets, en représentation perpétuelle, avec les apparats de la Cour, les perruques, les habits, les rites. À la merci de son valet et de ses médecins, le Roi ne mange plus, le Roi ne se lève plus, le Roi se meurt. Albert Serra ne cherche pas l’empathie du spectateur, il l’embarque avec lui sur le chemin vers la mort. " (leblogducinema.com)

C’est la première fois qu’Albert Serra tourne avec un acteur professionnel, le réalisateur étant plutôt habitué à faire tourner les habitants de son village. Il ne s’est pourtant pas formalisé de l’impressionnante carrière de Jean-Pierre Léaud : "Le point de départ est resté le même : je dois aimer les personnes avec qui je travaille. L’âge des gens n’entre pas en considération", explique-t-il. "Jean-Pierre et moi nous nous sommes très bien entendus dès la première rencontre. Nous partagions un même sens esthétique et moral de la vie. J’aimais son intégrité, je l’admirais. Tout s’est déroulé de manière très naturelle. Et du même coup, je n’ai ressenti aucune pression vis-à-vis de sa carrière extraordinaire". Serra a tout de même gardé ce sens du casting sauvage, intégrant parfois des comédiens rencontrés sur les lieux de tournage. Le roi Léaud est entouré d’excellents acteurs parmi lesquels Patrick d’Assumçao (remarqué dans L’Inconnu du lac) dans le rôle du fidèle médecin Fagon, Bernard Belin, ex pensionnaire de la Comédie-Française (dans le rôle de Mareschal chirurgien du roi et Marc Susini (le premier valet de chambre Blouin). Serra a aussi invité des amis à compléter la distribution, comme les écrivains Jean Henric et Olivier Cadiot.

C’est au Château de Hautefort, en Dordogne, orgueilleux édifice à l’architecture classique dont la construction débuta au XVIème siècle que Albert Serra et son équipe se sont installés pour tourner La Mort de Louis XIV. Sur le plateau du tournage Albert Serra était à la fois calme et concentré, attentif au moindre détail, arpentant méthodiquement l’espace restreint qui va servir de cadre à la quasi intégralité de l’action de son film : la chambre du roi Soleil, reconstituée avec beaucoup de soin dans une pièce du château entièrement nue, ravagée par un incendie il y a quelques années.

La Mort de Louis XIV a été présenté Hors Compétition au 69e Festival de Cannes. Jean-Pierre Léaud a lui même reçu une Palme d’or d’honneur à cette occasion, s’illustrant avec un discours touchant qui a bouleversé l’assistance.


Présentation des films et animation des débats avec le public : Martin De Kerimel

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