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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 16 OCTOBRE 2015 : TAMPOPO

Publié le lundi 12 octobre 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Jozo Itami

Japon - 1985 - 1h58 - vostf

Tampopo, une jeune veuve tient un médiocre restaurant de soupes de nouilles dans un quartier populaire de Tokyo. Elle lutte courageusement et n’aspire qu’à une honnête vie, jusqu’au jour où un routier à la dégaine de cow-boy, Goro, entre dans sa vie. C’est un gourmand, il sait que la préparation de la soupe de nouilles est une vocation, sinon un rituel. Le jour où il vient se restaurer chez Tampopo, il l’informe brutalement que ses nouilles « manquent de tripes » ! Elle le convainc alors de lui enseigner l’art de cuisiner une bonne soupe. Parallèlement à la quête de Tampopo et Goro aidés par maints personnages excentriques, plusieurs intrigues secondaires, toutes d’ordre culinaire, se nouent… Cette femme qui s’introduit furtivement dans les supermarchés et qui diaboliquement tâte les fruits et les fromages… Ce jeune couple dont les ébats dans une chambre d’hôtel sont agrémentés d’œufs.

Le réalisateur a qualifié Tampopo de "western-nouille", un clin d’oeil à l’expression "western-spaghetti". Il est vrai que le film fait écho à de nombreux éléments propres aux westerns : Goro s’apparente au personnage mystérieux qui arrive en ville au début de l’intrigue. Il sauve ensuite une jolie jeune femme des griffes d’hommes peu recommandables et leur livre même un combat plus loin dans le film. Certains critiques ont remarqué que le jeu d’acteur de Goro (Tsutomu Yamazaki) imite volontairement celui de Clint Eastwood...Jozo Itami semble s’être beaucoup amusé en tournant et le fait que Tampopo soit seulement son deuxième film à 52 ans, un an après Funérailles (1984), procure un côté presque juvénile à cette œuvre. Il commença très tard cette carrière de cinéaste en raison d’un complexe envers son père, grand réalisateur des années 1940...Juzo Itami est venu très tard à la réalisation après avoir exercé les métiers les plus divers, boxeur, monteur d’orchestre, designer commercial, rédacteur de magazine, traducteur, journaliste, animateur de télévision, acteur, écrivain et meurt tragiquement le 20 décembre 1997 à l’âge de 63 ans, officiellement suicidé après être tombé de la fenêtre de son bureau situé au huitième étage. On retrouva un mot destiné à la presse où il assurait, après avoir été accusé d’adultère avec une jeune femme âgée de 26 ans : "Je prouverai mon innocence en mourant. Il n’existe aucun autre moyen de prouver que rien ne s’est passé entre elle et moi". 
Mais une théorie existe comme quoi il aurait été éliminé par des yakusas mécontents du traitement que Itami leur avait réservé dans certains films, dont Tampopo, et qui auraient camouflé leur meurtre en suicide. 
Cinq ans auparavant, Itami s’était fait agresser devant son domicile par trois de ces gangsters armés de couteaux et il avait dû passer 8 jours à l’hôpital.

"En trois films : Funérailles, Tampopo et L’inspectrice, Juzo Itami a dynamité les notions de genre et de bon gout. Il a parlé de l’argent, de la mort et avec Tampopo, il fait le western spaghetti de la grande bouffe made in Japan." (Louis Skorecki, Libération)

Tampopo est à vrai dire un film célèbre dans l’histoire du cinéma japonais, il a été diffusé un peu partout dans le monde. Cette œuvre est un véritable poème aux nouilles japonaises accompagné d’une soupe, de trois tranches de porc, de quelques légumes, d’oignons qui forment ce qu’on appelle communément, le ramen.

La mise en scène et le film dans son ensemble font preuve d’un grand humour parodique, et Jozo Itami n’hésite pas non plus à exposer certains des travers de la société japonaise, de la recherche effrénée de la perfection au conformisme le plus généralisé. 
Jozo Itami multiplie les petites digressions fonctionnant comme autant de sketches qui entretiennent chacun un rapport étroit à la nourriture et tous sont très amusants. Qu’il s’agisse du cours donné par une japonaise très collet-monté à de jeunes étudiantes attentives sur la manière de manger des spaghetti et qui tourne à la farce la plus débridée ou encore de ce déjeuner d’administrateurs tous plus conformistes les uns que les autres. Attablés dans un restaurant de haut-vol servant une cuisine française recherchée, ils se contentent, privés d’imagination et d’audace, de copier comme un seul homme la première commande faite par l’un d’entre eux (sole et salade). Ce comportement est d’ailleurs courant dans les repas d’affaires japonais. Tous sauf un, le plus jeune, qui, en gourmet, va choisir des plats extrêmement sophistiqués, accompagnant le tout de commentaires révélateurs d’un amateur très éclairé. Le yakusa, gangster local, habillé tout de blanc (Koji Yakusho) réapparaît de temps en temps pour des épisodes assez succulents de jeux sexuels à base de nourriture, bien plus inventifs que ceux des films érotiques. Les gambas vivantes sont utilisées d’une façon répertoriée dans aucun livre de cuisine. 
Le sommet est atteint avec œuf cru, gobé, dont le jaune intact passe de bouche en bouche, jusqu’à figurer une métaphore d’un orgasme féminin.

De nombreux restaurants japonais à l’étranger (mais aussi au Japon) se sont appelés "Tampopo" en hommage au film. Le personnage du sans-abri qui concocte un "omu rice" est un hommage à Charles Chaplin, lui-même surnommé "The Tramp" pour avoir incarné de nombreux clochards comme dans Les Lumières de la ville.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri

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