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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 15 MAI 2015 : NUITS BLANCHES SUR LA JETÉE

Publié le jeudi 7 mai 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Paul Vecchiali

France - 2015 - 1h34

Un noctambule se promène chaque nuit sur la jetée du port où il passe une année sabbatique. Il rencontre là une jeune femme qui attend l’homme de sa vie. Quatre nuits, tant réelles que fantasmées, passées avec elle à discourir sur la vie, vont révéler l’amour que cet homme a pour cette femme.

Nuits blanches sur la jetée est une adaptation de la nouvelle "Nuits Blanches" de Fedor Dostoiëvski écrite en 1848, transposée sur la jetée du port varois de Sainte Maxime. Cependant, deux romans du même auteur ont été une source d’inspiration, "Les Carnets du sous-sol" (1863) et "L’idiot" (1868). De plus, une phrase a été tirée de Souvenirs de la maison des morts. Toutes ces références avaient pour but de réaliser une sorte de portrait de l’auteur Fédor Dostoiëvski. Paul Vecchiali se démarque évidemment de la version récente de James Gray (Two Lovers, 2008) mais aussi de celles de Visconti ( 1957 pour Notti Bianche) et de Bresson (1971 pour Quatre nuits d’un rêveur, auxquels il prend cependant soin de rendre hommage au générique, ainsi qu’à Maria Schell, Natalia/Nastenka des Notti Bianche, et à Danielle Darieux, à qui Ophuls, pour Madame de... avait demandé de jouer à la fois dans la présence et l’absence.

"...De Dostoïevski à Vecchiali, cette intensité passe par des blocs de monologue, faits d’accélérations et d’empâtements, de clarté et d’obscurité, blocs qui sondent, mot après mot, les profondeurs de l’âme. La parole y surgit comme une quinte de toux, qui sort d’autant plus violemment qu’elle a été réprimée, et c’est sa durée, sa précision (ou ses égarements) qui ouvrent la voix à la vérité des personnages. Cette fonction rigoureuse de la parole, Nuits blanches sur la jetée le sanctuarise par le dispositif le plus simple qui soit : un homme, une femme, un huis clos dans la nuit, et la parole pour toute lumière. Dans ce dispositif a priori statique il faudra donc, pour tout voir, écouter cette langue affûtée,littéraire, récitée patiemment et agissant comme un reflux mémoriel – un flashback oral. La mise en scène précise et ingénieuse de Vecchiali soutient cette écoute, se cale sur le mouvement tremblant des cœurs et des récits en jouant avec les lumières du port, qui se déploient au loin en guirlande de tâches lumineuses. Tour à tour l’homme ou la femme se retrouvent éclairés ou « éteints », laissant l’autre à son soliloque. Dans ce décor très resserré, la mise en scène parvient toujours à être incroyablement mobile, fluide, libre, comme guidée par une émotivité propre. Et cette fougue intermittente, qui se réprime comme pour mieux exploser, est la marque d’une impudeur, d’une vulnérabilité quasi-obscène qui a toujours traversé le cinéma de Vecchiali..." (Chronic’art.com)

Dans ce film, "on retrouve avec ravissement ce qui a toujours fait le prix et la singularité du cinéma de Paul Vecchiali : cette manière très frontale, frondeuse, de filmer (le film est le N°10 d’une série intitulée de façon polémique Antidogma), en prenant même le risque parfois d’une apparente maladresse ou d’une forme de naïveté quasi militante, le refus du soi-disant naturel (le texte est le plus souvent délibérément littéraire, précieux même), ce goût de ce que lui-même appelle la dialectique et qui est aussi goût de la rupture brusque et du retournement : plusieurs minutes de plan séquence à cadre fixe, puis le choc du face à face en champ-contrechamp ; le jeu incessant sur la distance, du trop loin au trop près, sur l’ouverture (plans larges avec les personnages debout devant la mer) et la fermeture (l’espace resserré lorqu’ils sont assis sur les marches), l’immobilité et le mouvement soudain (la caméra qui recule en précédant l’avancée des personnages)..." (aVoir-aLire.com)

Alors qu’il réalise, écrit et produit son film, Paul Vecchiali est aussi l’un des interprètes de Nuits blanches sur la jetée. Le cinéaste est un homme multitâches, on le retrouve aussi au poste de chef décorateur et chef costumier pour son long-métrage. Il ajoute : "(...) en jouant moi-même le personnage du vieux, c’est un peu comme si je transmettais le relais de la mise en scène au personnage de Fédor." Pour les séquences qui devaient être réalisées de jour, Paul Vecchiali a préféré réduire l’équipe au minimum, c’est-à-dire les acteurs, le réalisateur et son assistant. En revanche, pour les scènes de nuit, l’équipe était au complet. La séquence réunissant Pascal Cervo et Geneviève Montaigu a été tournée à l’aide d’un Iphone, en intérieur, avec des rideaux rouges. Le résultat était beaucoup trop coloré et la teinte rouge trop dominante, c’est pourquoi, le réalisateur Paul Vecchiali a préféré traiter cette scène en noir et blanc, car elle était réussie par ses interprètes. Deux autres scènes de Nuits blanches sur la jetée ont été tournées par Paul Vecchiali à l’aide de son Iphone.

Nuits blanches sur la jetée a été nominé au Festival International du Film de Locarno en 2014 et remporta le prix de la critique indépendante et celui du meilleur réalisateur.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri.

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