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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 09 MAI 2014 - TROUS DE MÉMOIRES/LE COURAGE DES AUTRES

Publié le lundi 5 mai 2014

20h Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Soirée exceptionnelle "Esclavage, Hier et Aujourd’hui", en deux temps, avec le soutien de la Cinémathèque Afrique, de l’ADN et d’Amnesty International :

- Trous de Mémoires (France, 2012, 52 minutes)

Documentaire de B. Compbret, S.Gouverneur et N.Guibert

En présence d’Elisabeth Cunin, chercheuse membre de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et du CIRESC (Centre International de Recherche sur l’Esclavage).

- Le courage des autres (France, 1983, 1h32)

Long-métrage de C.Richard

En présence du réalisateur Christian Richard.

Au début du siècle dernier, quelque part en Afrique, un marché de brousse est attaqué par des cavaliers esclavagistes. Parmi les trente hommes et femmes capturés, un homme mystérieux, interprété par Sotigui Kouyaté, va aider grâce à sa force spirituelle, les esclaves à se révolter.

Il y a 30 ans, le réalisateur Christian Richard tournait un des très rares films sur la traite négrière vécue de l’intérieur de l’Afrique. Christian Richard restitue cette histoire terrible à travers des images silencieuses et poignantes, récoltées sur une terre aride en bordure du Sahel, au Burkina Faso. Ces images lèvent un tabou : la traite des esclaves pratiquée par des Africains en Afrique (un tabou qui rappelle celui levé par Hannah Harendt lors du procès d’Eichmann à Jérusalem : le rôle joué par certaines autorités et organismes juifs dans la déportation des Juifs allemands). Critiqué pour cette « audace », discrédité et mis aux oubliettes à l’époque, Le Courage des autres reste pourtant l’unique et très beau témoignage cinématographique de cette époque trouble.

Christian Richard est né en 1950, à Remiremont dans les Vosges. A l’âge de 5 ans, il suit ses parents à Madagascar et à 17 ans au Tchad. Retour en France en 1970 pour suivre des études à Montpellier. Son amour pour l’Afrique et le cinéma est venu avec sa vie à Madagascar et au Tchad : "J’étais passionné par la littérature africaine. Un jour, par hasard, je suis entré dans un cours du professeur Henri Agel, un vieux monsieur du cinéma, catholique et admirateur extraordinaire du courant néo-réaliste italien. Et dans cet amphithéâtre, j’ai découvert ce que je voulais faire. J’ai fait une licence de cinéma. Mes parents travaillaient au Burkina et ils m’ont appris qu’il y avait une école de cinéma (INAFEC) qui se montait à Ouagadougou. J’y suis allé en 1977 pour y donner des cours sur l’histoire du cinéma."

Le Courage des autres a été tourné entre 8 et 10 mois : "Il y a eu du retard car Sotigui Kouyaté, le comédien principal qui s’occupait en même temps du casting, a déclenché une grève pour que les comédiens soient mieux payés. C’est terrible quand tu tournes un film et qu’on doit s’arrêter pendant 2 mois, en pleine saison chaude, 40 degrés à l’ombre au bord du Sahel ! Les négociations ont eu lieu, je ne m’en suis pas mêlé car Sotigui est un ami d’une part, je savais ce que je lui devais et d’autre part je ne pouvais pas aller contre la production. Il y a eu des conflits qu’il a bien gérés et le tournage a repris après."

Quand on demande à Christian Richard qu’est-ce qui l’ a amené à ce thème de l’esclavage, voici ce qu’il explique : "J’ai beaucoup travaillé sur les contes africains lorsque j’étais étudiant. J’ai fait une maîtrise en anglais sur « l’ Ivrogne de la Brousse » de l’auteur nigérian Amos Tutuola. Ce genre littéraire m’intéressait beaucoup et je voulais y ajouter une réflexion plus politique. Aujourd’hui, je ne peux plus dire exactement pourquoi ce thème. Tout ce que je peux dire c’est qu’à l’époque, je n’avais pas du tout soupçonné que je mettais le doigt dans un sujet qui était complètement tabou : parler de la traite des noirs faite par des Noirs il y a 25 ans... c’était trop tôt. Aujourd’hui, tu vois ce qui se passe à Bordeaux, On commence à peine à parler du commerce triangulaire. A l’époque, personne n’avait envie de parler de la traite des noirs, de l’esclavage. C’est vrai que les africains ont fait un blocage et nous aussi, pour d’autres raisons".

Qui était Sotigui Kouyaté, l’acteur principal du Courage des Autres ? Né à Bamako (à l’époque ville principale du Soudan Français, aujourd’hui capitale du Mali) le 19 juillet 1936, Sotigui Kouyaté est considéré comme un des plus grands acteurs africains contemporains. Issu d’une famille de griots mandingues, il enchaîne plusieurs métiers à ses débuts : il est tour à tour enseignant, menuisier et secrétaire à la Banque d’Afrique occidentale, avant de travailler à la radio. 
Il devient ensuite joueur professionnel de football jusqu’en 1966, étant même capitaine de l’Équipe du Burkina Faso de football. Il débute au théâtre en 1966 en acceptant de jouer dans une pièce pour son ami Boubacar Dicko, puis en créant sa compagnie. 
Il entame ensuite une carrière cinématographique à partir de 1972 et intéresse le cinéma français avec d’abord Le Courage des autres de Christian Richard en 1983 puis Black Mic Mac de Thomas Gilou en 1986. Il se fait surtout connaître pour ses collaborations avec Peter Brook, notamment dans l’adaptation du Mahâbhârata sur scène en 1985, par la suite adapté à l’écran en 1988. Il devient alors un des comédiens fétiches de Peter Brook, qui le fait jouer dans de nombreuses pièces : "La Tempête" (1990), "L’Homme qui" (1993), "Qui est là ?" (1996), "Hamlet" (2000), "Le Costume" (2000), "La Tragédie d’Hamlet"" (2003) et enfin "Tierno Bokar" (2004). Parallèlement, il poursuit sa carrière au cinéma avec des rôles dans IP5 - L’île aux pachydermes (1991) de Jean-Jacques Beineix, Le Maître des éléphants (1995) de Patrick Grandperret, La Genèse de Cheick Oumar Sissoko (1999), Little Senegal de Rachid Bouchareb (2001), Sia, le rêve du python (2002), réalisé par son propre fils, Dani Kouyaté. Il s’installe en France à partir de 1987 et vit dans la commune des Lilas de 1993 jusqu’à sa mort. Il y fondera l’association « La Voix du griot ». En 1997, il s’associe à Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Alioune Ifra Ndiaye et Habib Dembélé pour fonder à Bamako une structure de promotion et de création littéraire et artistique, le Mandeka Théâtre. En 2009, il remporte l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival de Berlin pour le film de Rachid Bouchareb, London River, dans lequel il joue le rôle d’un musulman qui recherche son fils après les attentats qui ont frappé Londres en 2005. Il meurt à Paris en 2010 des suites d’une maladie pulmonaire. Il est inhumé à Ouagadougou.


Présentation des films et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri, Elisabeth Cunin, Christian Richard.

Merci de continuer à arriver suffisamment à l’avance pour être dans votre fauteuil à 20h30 précises.

N’oubliez pas la règle d’or de CSF aux débats :
La parole est à vous !

Entrée : 7,50 € (non adhérents), 5 € (adhérents CSF et toute personne bénéficiant d’une réduction au Mercury).

Adhésion : 20 €. Donne droit au tarif réduit à toutes les manifestations de CSF, ainsi qu’à toutes les séances du Mercury (hors CSF) et à l’accès (gratuit) au CinémAtelier. Désormais le CinémAtelier sera ouvert aux non-adhérents, qui devront s’acquitter d’un droit d’entrée de 5 €.
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Contact téléphonique Mercury : 08 92 68 81 06 / 04 93 55 81