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Cinéma Sans Frontières

VENDREDI 03 JUILLET 2015 : HOMMAGE À MANOEL DE OLIVEIRA AVEC DEUX FILMS : ANIKI BOBO ET LE VIEILLARD DU RESTELO

Publié le lundi 29 juin 2015

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

En collaboration avec l’Espace de Communication Lusophone

Hommage à Manoel de Oliveira :

- Aniki Bóbó

Portugal, 1942, 1h30, vostf

- Le vieillard du Restelo (Court Métrage)

Portugal, 2014, 19 min., vostf

- Aniki Bóbó

Une bande d’enfants dans les rues de Porto : leurs jeux, leurs rivalités, leurs codes secrets cette comptine, par exemple, Aniki-Bébé-AnikiBobo, mot de passe nécessaire pour pénétrer dans leur univers. Parmi eux une gamine, Teresinha, sorte d’égérie en miniature que les garçons admirent ou jouent à aimer, n’est pas insensible au charme d’Eduardinho. Carlitos, le plus amoureux de tous est aussi le plus timide de la bande. Pour prouver sa flamme à sa bien aimée, il vole une poupée à l’étalage de la boutique du mercier. Les deux gamins s’affrontent au bord du fleuve Douro. Alors qu’ils font l’école buissonnière, Carlitos et Edouardinho en viennent à nouveau aux mains. Le combat a cessé, mais Eduardinho tombe du talus surplombant la voix ferrée, au moment ou passe un train. Carlitos est accusé de meurtre et seule l’intervention providentielle du commerçant volé pourra le laver de tout soupçon.

Manoel de Oliveira explique que "sa filmographie a l’Histoire pour fil rouge. Aniki-Bobó mon premier long-métrage en 1942 sur le quotidien d’enfants des quartiers populaires de Porto représente en partie mon enfance et les films qui ont suivi ont acquis un caractère toujours plus historique. Mes films évoquaient la plupart du temps des événements historiques. Puis je me suis intéressé à l’histoire du cinéma. Aujourd’hui, on considère le cinéma comme un mouvement. Mais le mouvement n’existe pas. Ce qui existe, ce sont les choses qui évoluent dans l’espace. Et cela représente du temps. Quand les frères Lumière ont réalisé à trois reprises un film sur la sortie d’usine des ouvriers, ils ont voulu imprimer du mouvement à des personnages."

...Ce long-métrage Aniki-Bobó , à la croisée de La Guerre des boutons et de L’Argent de poche de François Truffaut, réunissant en lui la candeur des films de Charlie Chaplin et la gouaille de Mark Twain, est certainement un des plus beaux films sur l’innocence de la jeunesse. Anticipant le néoréalisme italien, ce monument du cinéma parlant présente un monde et une ville qui ont changé depuis la Seconde Guerre mondiale, mais dont la beauté et les émotions suscitées restent intactes. Adaptation du conte Les enfants millionnaires de Rodrigues de Freitas, ce film illustre avec justesse et onirisme l’atmosphère particulière du récit, l’ennui qu’endurent les enfants à l’école et l’étrange ambiance de peur et de liberté qu’ils éprouvent, une fois lâchés dans la ville nocturne, tout en superposant une autre histoire, imaginée, elle, par Manoel de Oliveira. Dans Aniki-Bobó, les parents sont absents ; les enfants mènent le jeu au bord du fleuve où ils se confrontent à des sentiments d’adultes : la jalousie, le désir, la culpabilité, la solitude, au rythme de la comptine éponyme. On a découvert Manoel de Oliveira sur le tard et avec la dernière partie de son œuvre, une période disons brechtienne où son approche est très distanciée, utilisant des intermédiaires tels que la représentaion théâtrale, la mise en abyme, ou la confusion entre fiction et réalité. Mais la carrière du doyen lusitanien a débuté au temps du muet et connu divers revirements esthétiques. Ainsi, lorsqu’on découvre Aniki-Bobó (1942), on s’aperçoit qu’Oliveira fut un précurseur du néoréalisme et de la Nouvelle Vague. Aniki-Bobó développe plusieurs aspects qui feront l’identité du cinéma de l’après-guerre : absence de héros emblématiques, refus de la romantisation et des artifices de studio, attention aux gens simples, prégnance des décors réels ­ en un mot, le regard documentaire qui investit la fiction pour lui donner de nouvelles lettres de noblesse. (Les Inrockuptibles)

Le climat de la photographie de ce film, qui est due au remarquable opérateur António Mendes, donne aux scènes documentaires - parfois très belles - un style qu’on a appelé réalisme poétique.. Les enfants sont dirigés avec sensibilité et jouent avec un grand naturel...Dans les jeux des enfants, on perçoit des allusions à des thèmes plus adultes, plus profonds, notamment au conflit mondial qui se nourrit lui-même d’autres conflits, du conflit social au conflit de générations. Aniki-Bobó est un véritable poème cinématographique, un appel à la liberté, à l’amitié, à des valeurs qu’on ne peut anéantir. Servi par une équipe de premier ordre - les futurs réalisateurs Manuel Guimaraes, Fernando Garcia et Perdigao Queiroga y travaillent comme assistants - , Oliveira fait preuve dans ce film d’un extraordinaire sens des images : la narration évoque le meilleur cinéma muet, presque sans nécessité de dialogues.

- Le vieillard du Restelo (Court Métrage)

Une plongée libre et désespérée dans l’Histoire telle qu’elle s’est déposée, comme un limon fertile, dans la mémoire de Manoel de Oliveira. Il réunit sur un banc du 21ème siècle Don Quichotte, le poète Luis de Camões, les écrivains Teixeira de Pascoaes et Camilo Castelo Branco. Ensemble, emportés par les mouvements telluriques de la pensée, ils dérivent entre passé et présent, défaites et gloire, vanité et folie, à la recherche de l’inaccessible étoile.

Manoel de Oliveira a gardé intacte sa passion pour le septième art jusqu’ à sa mort au mois d’avril de cette année. Il s’était battu pour financer son film Le vieillard du Restelo, dont il était impatient de débuter le tournage. Mais le projet de Manoel de Oliveira a connu des retards dans un contexte particulièrement difficile pour le cinéma portugais, qui a subi de plein fouet les coupes budgétaires sévères appliquées par le gouvernement pour satisfaire aux exigences des créanciers internationaux du pays.

Le vieillard du Restelo est le dernier film de Manoel de Oliveira. Quand il l’a présenté à la Mostra de Venise en 2014, il avait alors 105 ans. Manoel de Oliveira reçut en 2008 à Cannes sa première Palme d’Or pour l’ensemble de son oeuvre.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri et Pedro Da Nóbrega .

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