Banière accueil
Accueil > Culture > Cinéma / Audiovisuel > Cinéma Sans Frontières > UN WEEK END AVEC ...INGMAR BERGMAN, VENDREDI 05 DÉCEMBRE : SONATE D’AUTOMNE (...)

Cinéma Sans Frontières

UN WEEK END AVEC ...INGMAR BERGMAN, VENDREDI 05 DÉCEMBRE : SONATE D’AUTOMNE ET SAMEDI 06 DÉCEMBRE : PERSONA

Publié le mercredi 3 décembre 2014

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Ingmar Bergman

Sonate d’Automne : Suède - 1978 - 1h37 - vostf

Persona : Suède - 1966 - 1h24 - vostf

Charlotte Andergast, pianiste de renommée internationale, est invitée par sa fille Eva à lui rendre visite après 7 ans pendant lesquels les deux femmes ne se sont pas vues. Eva vit avec son mari Viktor, un pasteur, et sa jeune soeur Helena, handicapée mentale, qui avait été placée par Charlotte dans une institution. Bientôt, les tensions refont surface entre cette fille, Eva, et sa mère qui l’a toujours négligée, pour aboutir à une nuit de conversation...

Sonate d’Automne reste le dernier rôle au cinéma d’Ingrid Bergman, laquelle souffrait déjà du cancer qui l’emporterait quelques années plus tard, en 1982. Son tout dernier rôle, toutefois, fut celui de Golda Meir dans la fiction TV A Woman Called Golda. Coïncidence troublante, elle joue dans le film de Bergman une pianiste, précisément le rôle qu’elle tenait dans son premier film américain, Envol vers le bonheur, où elle fut découverte par David O. Selznick.

Le tournage se déroula à l’automne 1977 en Norvège, et non en Suède, Ingmar Bergman se trouvant alors en conflit avec les autorités fiscales de son pays. Le film fut alors financé par la société de production du cinéaste, Personafilm, en Allemagne de l’Ouest et tourné dans de vieux studios à l’extérieur d’Oslo. Sonate d’Automne marque la rencontre (tardive) de deux monstres sacrés du cinéma, Ingrid et Ingmar Bergman. Une collaboration qui ne fut pas toujours évidente, d’après les témoignages, l’actrice ne partageant pas le regard de son réalisateur sur son personnage, et s’opposant frontalement à ce dernier. Elle eut cependant d’autres rapports houleux avec de grands réalisateurs, tel que Rosselini pour Stromboli. Ingmar Bergman et Ingrid Bergman n’ont aucun lien de parenté, de même qu’Ingrid Bergman, la femme du réalisateur, qui porte le même nom que l’actrice suédoise sans pour autant avoir de lien quelconque avec cette dernière. La confusion fut souvent faite et amena même des rumeurs quant aux relations qu’entretenaient la comédienne et le cinéaste. L’actrice Jaime Bergman n’est pas, quant à elle, reliée à l’un ou à l’autre, étant Américaine et non Suédoise. Sonate d’automne est le premier film que tourna Ingrid Bergman dans sa langue natale, le Suédois, en onze ans. Sa carrière américaine l’amena à tourner majoritairement en anglais, mais elle parlait aussi couramment français, allemand et italien.

C’est en réalité l’Estonienne Käbi Laretei, concertiste reconnue et ex-femme d’Ingmar Bergman, que l’on peut entendre jouer du piano dans le film et non Ingrid Bergman, qui ne fait que mimer les mouvements sur les touches du clavier sur les plans larges. Laretei la double également pour les plans rapprochés sur les mains. Le roman d’Adam Kretzinsky que lit Charlotte (Ingrid Bergman) dans l’une des scènes, contient, sur sa quatrième de couverture, une image représentant Ingmar Bergman.

Liv Ullmann, l’un des amours naturels de Bergman, fut reconnue grâce aux rôles qu’elle tint dans les films de ce dernier. Avant et après Sonate d’automne, elle joua dans neuf autres longs-métrages du réalisateur, dont Cris et chuchotements, Persona, Saraband et Une Passion. Elle aimait à se vanter d’être la seule actrice ayant tourné avec Bergman à ne pas être tombée amoureuse de son ami Erland Josephson, qui tient par ailleurs un rôle dans Sonate d’automne. Gunnar Björnstrand est l’acteur qui est le plus apparu dans les films de Bergman. On le retrouve dans pas moins de 23 longs-métrages. Ses capacités de jeu ont amené Bergman à lui donner des rôles toujours plus disparates. S’il joue un honnête écuyer dans Le Septième Sceau, son personnage, Paul, dans Sonate d’automne n’a rien de comparable.

Prédestiné à être utilisé dans ce film, Chopin aima une fille, Solange, qui ne supportait pas le poids du talent de sa mère, George Sand. De même dans le film de Bergman, Eva est écrasée par la présence de sa mère Charlotte. C’est alors le prélude No.2 en la mineur, du dit Chopin, qui est joué par la mère et par la fille au piano. On entend par ailleurs plusieurs morceaux de Bach et de Händel dans la bande originale du film.

D’après Liv Ullmann, les tensions engrangées entre les deux géants Bergman éclatèrent lors d’une des scènes finales, lorsque la fille avoue justement toute sa colère à sa mère. La séquence fut l’occasion d’une violente dispute entre l’actrice et le cinéaste, à cause de la vision de la mère qu’avait celle-ci, totalement opposée à celle qu’en avait le réalisateur. L’actrice ne se séparait jamais d’une boîte contenant quelques bouts de pellicule, photographiés et filmés par son père durant son enfance et son adolescence. On l’y voit même en train de jouer du piano, justement comme son personnage dans le film. Bergman proposa à la star suédoise de prolonger la vie de ces petits bouts de plastique, pour ne pas que les souvenirs s’effacent avec les images imprimées dessus. "Et ce n’est pas sans difficultés que je pus obtenir de l’emprunter pour faire une nouvelle copie de cette bande usée qui menaçait de s’effacer", écrira-t-il plus tard.

Sonate d’Automne a remporté le Golden Globe 1979 du Meilleur film étranger, et fut nommé aux Oscars dans deux catégories : Meilleure actrice (Ingrid Bergman) et Meilleur scénario original (Ingmar Bergman).

Les relations d’une actrice soudain frappée de mutisme et de son infirmière bavarde. Un processus d’osmose des personnalités va contribuer à la guérison de la comédienne, mais renforcera peut-être la solitude de l’infirmière.

Au printemps 1965, Ingmar Bergman est admis à l’hôpital de Sophiahemmet, suite à une double pneumonie. C’est alors qu’il se met à rédiger les prémices du scénario de son vingt-septième film, Persona, "principalement pour garder la main dans le processus créatif." Le réalisateur confiera que ce film lui aura sauvé la vie : "Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurai sans doute été un homme fini." Huit ans auparavant, le cinéaste suédois avait déjà entamé les premières lignes d’une de ses intrigues, Les Fraises sauvages, depuis un lit d’hôpital.

C’est sur son lit d’hôpital qu’Ingmar Bergman feuillette des journaux et tombe sur deux photos de Bibi Andersson et Liv Ullmann. "Il avait été stupéfait par l’étrange lumière sur nos visages", déclarera plus tard Liv Ullmann. Le cinéaste avait également regardé des diapositives prises lors du tournage de Kort är sommaren, où les deux actrices se partageaient l’affiche, et avait alors réalisé leur similitude. C’est la septième fois que l’actrice Bibi Andersson tourne sous la direction du réalisateur suédois. En tout, ils collaboreront à dix reprises, de 1955 à 1973.

C’est lors d’une conférence de presse qu’Ingmar Bergman dévoile le titre originel de Persona. Le long-métrage devait s’appeler "Cinématographie", mais lorsque le cinéaste proposa ce titre à Kenne Fant, ce dernier lui rétorqua que c’était un nom terrible. Le réalisateur a donc proposé le titre "Persona", en référence à un terme latin désignant les masques derrière lesquels se dissimulaient les acteurs à l’antiquité : "C’est un titre amusant, un bon titre, un titre approprié. Le film portera sur les masques et les attitudes des gens." En mai 2009, Kenne Fant lèguera le script original du film à la fondation Ingmar Bergman.

Ingmar Bergman tournera six de ses longs-métrages sur l’île de Farö, au milieu de la mer Baltique, dont Persona. La plupart des scènes ont été tournées à Farö, mais le tournage a également eu lieu dans les studios de Filmstaden à compter du 19 juillet 1965. Et si les premiers jours de tournage se sont avérés cauchemardesques, quand l’équipe est arrivée sur l’île, l’atmosphère s’est améliorée et le film a pu progresser en douceur. Le tournage s’achèvera deux mois plus tard, le 15 septembre 1965. Le lendemain de la fin du tournage, le 16 septembre 1965, Ingmar Bergman écrit quelques notes dans son journal de bord. Le réalisateur se met à déprimer de nouveau, noyé dans sa solitude après les retours de Bibi Andersson pour l’Amérique, de Sven Nykvist pour Zurich et de Liv Ullmann pour Oslo. Il démissionnera quelques mois plus tard de son poste de directeur du Royal Dramatic Theatre, qu’il aura dirigé de 1963 à 1966.

C’est sur le tournage de Persona que naît l’histoire d’amour entre Ingmar Bergman, alors âgé de 47 ans, et Liv Ullmann, actrice norvégienne de 25 ans. Une passion tumultueuse qui s’essouFflera au bout de cinq ans, et qui donnera naissance à une petite fille. Devenus amis, le duo collaborera sur de nombreux films du cinéaste suédois, jusqu’à Saraband (2003). En 2012, Dheeraj Akolkar réalise le documentaire Liv & Ingmar, où Liv Ullmann en personne retrace l’histoire hors du commun de ce couple mythique du cinéma.

Avec Persona, Ingmar Bergman débute en quelque sorte une trilogie, un premier volet qui sera suivi par L’Heure du Loup et La Honte. En effet, on peut parler d’une sorte de continuité dans la mesure où les trois longs-métrages ont eu pour lieu de tournage l’île de Farö. Autre dénominateur commun : la présence de l’actrice norvégienne et compagne du réalisateur, Liv Ullmann.

En 2001 sort Mullholland Drive de David Lynch. Beaucoup voient alors une inspiration Bergmanienne dans cette plongée schizophrénique au coeur de la "Cité des Rêves". Deux personnages féminins, une dualité déroutante, la figure de l’actrice handicapée (le mutisme dans Persona, l’amnésie dans Mullholland Drive), une relation nimbée d’érotisme... Mullholland Drive devient le remake du film de Bergman.


Présentation des films et animation des débats avec le public : Josiane Scoleri et Bruno Precioso

Merci de continuer à arriver suffisamment à l’avance pour être dans votre fauteuil à 20h30 précises.

N’oubliez pas la règle d’or de CSF aux débats :
La parole est à vous !

Entrée : 7,50 € (non adhérents), 5 € (adhérents CSF et toute personne bénéficiant d’une réduction au Mercury).

Adhésion : 20 €. Donne droit au tarif réduit à toutes les manifestations de CSF, ainsi qu’à toutes les séances du Mercury (hors CSF) et à l’accès (gratuit) au CinémAtelier. Désormais le CinémAtelier sera ouvert aux non-adhérents, qui devront s’acquitter d’un droit d’entrée de 5 €.
Toutes les informations sur le fonctionnement de votre ciné-club :
http://cinemasansfrontieres.free.fr
Contact mail CSF : cinemasansfrontieres@hotmail.fr
Contact téléphonique CSF : 06 72 36 58 57/04 93 26 54 46