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Cinéma Sans Frontières

SAMEDI 29 MARS 2014 - LA BATAILLE DE TABATÔ

Publié le lundi 24 mars 2014

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

En partenariat avec l’Association Espace de Communication Lusophone et, dans le cadre de leur 16e Semaine du Cinéma Lusophone qui a lieu du 26 mars au 4 avril 2014,

João Viana

Bissau-Guinéen - 2013 - 1h23 - vostf

Après trente ans d’exil, Baio accepte de revenir en Guinée-Bissau à la demande de sa fille. Fatu tient à ce que son père l’accompagne le jour de son mariage. Elle va épouser Idrissa, célèbre chanteur des Supercamarimba. La cérémonie doit se dérouler à Tabatô, le village des griots, peuple de musiciens. Mais lorsque Baio retrouve les lieux de son passé, les souvenirs de la guerre d’indépendance remontent à la surface. Pour en finir avec la guerre et ses fantômes, Idrissa décide de mener une dernière bataille...

La Bataille de Tabatô constitue le premier film de João Viana. Le réalisateur portugais avait auparavant tourné plusieurs courts-métrages. Le tournage du film a donné l’occasion à João Viana de mettre en boîte deux œuvres distinctes. D’un côté, il en a tiré un court-métrage documentaire, "Tabatô", sorti en février, et de l’autre ce premier long-métrage. En Bien que le réalisateur soit portugais et que la Guinée-Bissau ait été une colonie portugaise, l’ensemble du film a été tourné en mandinga, le dialecte guinéen.

C’est en rencontrant un musicien allemand que João Viana a eu l’idée de son long-métrage. Le violoniste berlinois souhaitait en effet se rendre en Afrique pour apprendre à jouer du djembé. Un but qui a intrigué le cinéaste portugais qui est né en Angola et se souvenait qu’à son époque les enfants africains quittaient l’Afrique pour l’Europe et notamment l’Allemagne pour apprendre la musique. Il faut savoir que le village de Tabatô a la particularité de n’être habité que par des musiciens.

João Viana n’était pas destiné à travailler dans le cinéma. Poussé par son père, il a fait des études de droit à l’Université de Coimbra. C’est donc en autodidacte qu’il s’est tourné vers le cinéma. Avant de se lancer dans l’aventure La Bataille de Tabatô, il a occupé un peu tous les postes au sein des équipes techniques du story-board : du son en passant par la production.

En général, on ne connaît de la Guinée-Bissau que son extrême pauvreté - c’est le 3ème pays le plus pauvre du monde. Coïncidences ou pas, les îles bissau-guinéennes sont parmi les premières îles découvertes par les Portugais - où le commerce a pris racine, en premier lieu l’esclavage. Porter son regard sur la Guinée-Bissau aujourd’hui c’est apercevoir les marques de ce trauma collectif ; c’est comprendre que l’amour-propre des habitants est proche de zéro. Néanmoins, quelque chose de fascinant est à l’oeuvre dans ce pays.

En Guinée-Bissau, on respire la guerre. Elle n’est pas qu’un lointain souvenir évoqué dans les livres d’école ou les films d’archives. La guerre d’indépendance, il y a 36 ans, a marqué le début d’une série d’affrontements qui n’a jamais vraiment pris fin. Les derniers combats ont eu lieu en 1998 et 1999. Les troupes de Nino Vieira, avec l’appui militaire du Sénégal et de la République de Guinée-Conakry, ont affronté la junte militaire Bissau guinéenne commandée par Ansumane Mané. Jouissant d’un grand soutien populaire, la junte a pris le dessus. Nino Vieira s’est exilé en Europe. En 2005, il a repris le pouvoir par la voie des urnes. Il a survécu à deux tentatives d’assassinat, mais n’a pas échappé à la troisième en 2009. Les médias internationaux seront choqués par la sauvagerie de l’acte qui est en fait la forme traditionnelle d’assassinat chez les Balantes : le démembrement de la personne et l’extraction du cerveau et du coeur (bien souvent pour les manger). En 2010, le chef d’État-Major, António Indjai, a réussi un nouveau coup d’État.

La Bataille de Tabatô est d’abord un film sonore. Le réalisateur explique que La guerre devait être évoquée par le son mais il convenait d’éviter l’écueil des sons psychologiques, en off, qui auraient été associés à la démence du protagoniste. Il n’était pas possible d’opposer la matérialité des instruments de musique du village à la fureur d’une guerre simplement fantasmée. Il me fallait trouver pour parler de la guerre (incarnée par Baio) une correspondance forme-contenu de même nature que celle trouvée pour évoquer la paix (Idrissa et Fatu). Du côté d’Idrissa, on trouve des balafons en bois, des koras en calebasse, des dumdumbas en peau de chèvre. Du côté de Fatu, on trouve le téléphone portable, les tissus du marché de Bandim, la radio du 4x4 qu’elle utilise pour présenter les alternatives sonores à son père. J’avais besoin de faire exister Baio par une matérialité image-son aussi forte que celles qui caractérisent Fatu et Idrissa. Baio devait avoir lui aussi ses propres objets, aussi énigmatiques et mystérieux que lui-même, aussi décrépits et anachroniques que Bolama. Traumatisé par la guerre, Baio entend de manière récurrente cinq sons : des explosions de mortier RPG, des rafales de G3, des sifflements de grenades, des rafales de PM et des tirs secs de Mauser. Les objets qui devaient produire ces sons devaient être des extensions de l’univers de Baio, en partager la même étrangeté apparente. J’ai pensé à des objets qui proviendraient du Portugal fasciste. Ainsi, dans sa valise à roulettes, on retrouve : une serrure très ancienne dont le bruit fait penser au chargement d’une arme ; un objet carré en bois avec un petit ventilateur à hélice qui imite le sifflement précédant l’explosion d’une grenade de mortier ; un peigne de métal embouti dans un morceau de bois qui imite à la perfection le tir d’un Mauser ; un morceau de machine à coudre qui émet un son ressemblant à une rafale de PM.

Présenté au Festival International du Film de Berlin, le long-métrage a obtenu de la part du Jury la Mention spéciale pour un Premier Film. Outre l’Allemagne, il a été projeté lors du festival international du film de Toronto, hors compétition à Moscou, à Lisbonne au festival du film indépendant portugais, à Buenos Aires lors de la semaine du cinéma portugais, au Brésil, en Suisse, en Afrique du Sud et au Mexique.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Teresa Cruz et Josiane Scoleri

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