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Cinéma Sans Frontières

SAMEDI 28 MAI 2016 : L’ACADÉMIE DES MUSES

Publié le lundi 9 mai 2016

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Séance exceptionnelle en présence du réalisateur

Film de José Luis Guerín

Espagne - 2016 - 1h32 - vostfr

L’amphithéâtre d’une université de Lettres. Un professeur de philologie distille des cours de poésie à une assistance étudiante composée principalement de visages féminins. À ce projet pédagogique qui convoque les muses de l’Antiquité pour dresser une éthique poétique et amoureuse, les étudiantes se prêtent petit à petit, avec vertige et passion, au jeu d’une académie des muses bel et bien incarnée. Projet utopique ? Invraisemblable ? Controversé ? Se succèdent des jeux de miroirs et de pouvoirs, de séduction et de désirs, où chacun joue son rôle, où le faux s’acoquine avec le vrai, où badinage amoureux et satire se conjuguent avec délice, sous les auspices de Dante, Lancelot et Guenièvre, Orphée et Eurydice.

« Voir du cinéma et en faire sont tout de suite devenus réversibles comme lire et écrire. De la même façon que dans l’acte d’écrire palpite la gratitude envers la lecture, pour moi, l’acte de filmer entretien un dialogue avec ceux qui m’ont précédé avec les mêmes instruments. » (José Louis Guerin)

José Luis Guerín est aussi à l’aise dans la fiction (il a été sélectionné à la Mostra de Venise pour Dans la ville de Sylvia) que dans le documentaire (il a reçu le Goya du Meilleur Documentaire pour En construccion). L’Académie des Muses marque le retour du réalisateur après cinq ans d’absence, et joue avec les deux genres : le film est une fiction qui met en scène des acteurs non-professionnels (professeur, étudiants) dans leur propre rôle. Le réalisateur explique : "Pour moi, L’Académie des Muses est clairement un film de fiction, mais une fiction que je n’aurais jamais faite sans avoir auparavant une expérience de documentariste. Depuis le début de ma carrière, je réalise des fictions et des documentaires. On dit même que mes films impairs sont des films de fiction et les films pairs des documentaires ! Je me suis intéressé au sujet par le biais du documentaire, non pas avec une approche journalistique ou activiste, mais comme un moyen de trouver d’autres « outils » pour raconter des histoires. Après mon premier long-métrage de fiction, Los motivos de Berta, j’ai développé une sorte de fatigue à propos de la dramaturgie propre à la fiction, avec ses stéréotypes narratifs, le jeu des comédiens… J’y voyais un cul-de-sac. Les différentes possibilités d’énonciation dans le documentaire ont fait figure de libération. Je me sers donc des deux. De la fiction, j’utilise la composition de la temporalité, du synopsis. Du documentaire, je récupère des stratégies d’énonciation. Ce qui produit une forme pas évidente à saisir pour le spectateur car il y a une hybridation entre fiction et documentaire. Mais pour moi, c’est important de dire ce qu’il en est car la règle du jeu n’est pas la même entre la création d’un personnage en documentaire et en fiction." L’Académie des muses est à l’origine l’idée d’une des étudiantes présentes dans le film, Emmanuela Forgetta, qu’elle a présentée à son professeur alors que José Luis Guerín assistait à ce cours après y avoir été invité. "Évidemment cette idée n’aurait pas surgi si je ne m’étais pas trouvé là avec un dispositif léger pour filmer", explique-t-il. "Sans aucune intention prédéterminée autre que celle d’accepter le jeu proposé par cette communauté littéraire, j’ai peu à peu remarqué que la pulsion vers la fiction animait la salle de classe et j’ai invité les étudiants à la mener jusqu’aux ultimes conséquences…Dans le film, on parle de sonnets, de littérature, de la manière de ranger une bibliothèque, on tourne autour du livre, mais le spectateur a tout le temps conscience que des choses importantes se déroulent au-delà de la littérature : ce que l’on voit ce sont des rapports de pouvoir entre les personnes, de séduction, d’amour, de jalousie, d’instrumentalisation, de pédagogie... des choses qui nous concernent tous." José Luis Guerín a travaillé L’Académie des muses avec un scénario très ouvert, préférant parler de mise en situation des acteurs plutôt que de mise en scène. Il a tourné ce film en solitaire, sans directeur de la photographie, directeur artistique ou assistant réalisateur, mais simplement assisté de sa preneuse de son Amanda Villavieja. Ces choix ont guidé la mise en scène de Guerín, qui pour garder un certain contrôle a resserré ses plans sur les visages de ses personnages. Enfin il a choisi de filmer et de monter L’Académie des muses en même temps, nourrissant ainsi son écriture et ses choix de mise en scène par l’alternance entre ces deux phases habituellement distinctes. "Lors du montage on pèse, on évalue la force d’une phrase ou d’un geste capté par hasard, puis on tourne de nouveau pour tirer un film et lui trouver une signification ou en révéler le sens", explique le réalisateur. "Il est probable que ces nouvelles images contiennent de nouveaux mystères à lever… Ce n’est pas l’« exécution d’un plan prédéterminé » mais une écriture et une reconstruction permanente qui se nourrit du matériel filmé lui-même".

"L’Académie des muses saisit le mouvement de la parole et de la pensée, mais aussi progressivement celui des corps, dans une vertigineuse traversée du miroir, à l’image de ces surfaces réfléchissantes se dressant entre la caméra et les personnages, révélant l’usage de HF pour accéder aux précieux et piquants dialogues. Il est particulièrement revigorant – car si rare dans la fiction mais aussi le documentaire – de sentir à ce point un film envisagé comme un champ de possibles, une matière joueuse et instable, et non un objet ficelé comme un rôti avant même d’avoir été réalisé. D’ailleurs ce film n’existait tout simplement pas avant d’exister...Comme toujours avec Guerín, il y a une autre image présente dans l’image que l’on voit ; l’écran se définit comme un espace dédié à l’imaginaire. Les surimpressions qu’il compose sont en même temps des projections inscrivant les muses dans une vie qui, littéralement, s’anime sur ces surfaces réfléchissantes. Ainsi la matière fictionnelle et la réalité se regardent avec une puissance suggestive et impressionniste : variations lumineuses, ballets de branches, mouvement perpétuel de la circulation, déambulation des passants. Ces reflets invitent aussi, indirectement, un autre motif privilégié du cinéma de Guerín : le visage, et son amour tout particulier de celui des femmes. Le dispositif et les reflets œuvrent véritablement à projeter ailleurs ces faciès à la beauté non canonique, ils les ornementent, les transcendent...La beauté des mots, des paroles, des êtres est ce qui relie toutes les coordonnées de ce film labyrinthique. À cet égard José Luis Guerín constitue un artisan hors pair, guidé par un regard amoureux pour ces figures féminines, libres en ce qu’elles représentent autant de Galatée échappant à leur professeur-Pygmalion, peut-être moins au Pygmalion-cinéaste." (Critikat.com)

L’Académie des Muses a été applaudi par la critique et a reçu le Giraldillo d’Or au festival de Cinéma Européen de Séville, une première pour un film espagnol. Le film a également été récompensé au dernier Festival de Locarno.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri

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