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Cinéma Sans Frontières

SAMEDI 18 JANVIER 2014 - RENCONTRE-DÉBAT EN PRÉSENCE DES RÉALISATEURS JOSEPH MORDER ET GÉRARD COURANT AVEC DEUX FILMS : L’ARBRE MORT ET LE JOURNAL DE JOSEPH M

Publié le jeudi 16 janvier 2014

Deux cinéastes hors normes présents à Nice pour une journée exceptionnelle au Cinéma Mercury. Cinéma sans Frontières et Regard Indépendant vous invitent à rencontrer Gérard Courant et Joseph Morder, deux réalisateurs hors des sentiers battus et des circuits commerciaux deux perles rares dans le paysage cinématographique français.

Peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dans un bateau reliant la France à l’Amérique du Sud, Laura rencontre Jaime. Arrivés à destination, les deux personnages se séparent par accident. Laura cherche son amant, Ricardo et Jaime se prépare à épouser Sofia, sa fiancée. Par un soir d’orage et de coup d’Etat, le destin entre dans la vie de Laura et de Jaime, grâce à un arbre mort...

Ce n’est qu’à 13 ans, après une enfance en Amérique latine, que Joseph Morder arrive à Paris (il est né le 5 octobre 1949 à Port of Spain, Trinidad et Tobago) et à 18 ans, après avoir reçu en cadeau une caméra Super-8, qu’il découvre le cinéma comme praticien. Il n’a pas cessé de tourner depuis, en variant (tout de même) les formats, utilisant tout autant sa caméra originelle que le 16 mm ou, récemment, le téléphone portable.

Pour L’arbre mort, au départ Joseph Morder voulait tourner en studio en 16mm avec une esthétique proche de celle des photos de plateau des studios hollywoodiens. La 2eme chaîne allemande donne de l’argent pour tourner en Super 8 en extérieur Le film est tourné à Nice. Chaque plan se veut un hommage à un cinéaste, un peintre ou un musicien. Ainsi, lorsque Laura lit une lettre dans sa chambre d’hôtel, c’est un hommage à Matisse qui vivait à Nice. Le thé sur le balcon avec la tante Pilar est un hommage au Gigi de Minnelli.

L’arbre mort est le plus atypique de son auteur : pour une fois, Morder n’y apparaît pratiquement pas, et il ne s’agit pas là d’une nouvelle page de son journal. Encore que, à la limite, on pourrait soutenir que c’est une reconstitution du journal d’autres, à plusieurs voix. Mais, il faut le préciser, le journal morderien, s’il a l’attrait d’une nouveauté relative, affronte un écueil inhérent à son principe, celui de la répétition, répétition interne et aussi d’un film à l’autre. 
L’Arbre mort est donc, très probablement, le seul film de Morder à avoir une individualité indiscutable, et cela parce qu’il s’agit d’un mélo, genre moribond que Morder revivifie de la façon la plus surprenante qui soit, comme on va le voir.

L’Arbre mort possède bien la plupart des caractéristiques du genre : il se situe dans un milieu de convention, très aisé et suranné, celui de la haute société de l’Amérique latine vers 1950, laquelle prend fréquemment le bateau pour l’Europe ou depuis l’Europe...Il y a un grand bal mondain, sur fond de coup d’Etat. Chacun des deux amants est en cours de rupture avec un mari ou une fiancée. Au débarquement, ils se perdent dans la foule. Le coup de foudre se concrétise au cimetière, sous l’orage, qui succède aux balles du putsch... L’héroïne court après son ami révolutionnaire, mystérieusement disparu. L’ensemble, avec partition musicale continue, peut évoquer les grands mélos de l’Amérique latine, ne serait-ce que par sa complète ignorance des masses populaires et par son regard très évasif sur les événements politiques...

...Le film a été tourné en Super 8, et son style imite celui du cinéma d’amateur, où la durée des plans est brimée par la faible autonomie du ressort. Je dis bien qu’il l’imite, car Morder, qui a tourné quelques plans assez longs (la chanson, la course sur la jetée) disposait d’un matériel moderne, qui ne le contraignait nullement à ce genre de performance. Les plans sont si brefs, et les héros si immobiles que, malgré l’usage constant d’une caméra, on dirait un roman-photo, lequel est d’ailleurs l’ultime refuge du mélo contemporain.
..Morder réintroduit les stigmates du documentaire dans un genre fictif hyperconventionnel, l’expérimentation fauchée (parodie du film d’amateur, du montage de diapos) au lieu du professionnalisme qui a toujours marqué le mélo, genre très commercial ici voué a l’underground. (Luc Moullet pour les Cahiers du cinéma)

L’arbre mort de Joseph Morder sera précédé de la projection de Journal de Joseph M de Gérard Courant qui compose son film comme un fragment supplémentaire du journal de Joseph Morder. Quelques jours (semaines ?) avec lui, entre rencontres, entretiens, pure saisie d’évènements (la séance à la Cinémathèque) et des scènes qui flirtent avec la fiction. Nous découvrons Morder avec Florence Michaud, Morder avec ses amis : Luc Moullet, Noël Godin, Mara et Nele Pigeon, Marcel Hanoun, Roland Lethem, Dominique Païni... C’est un film de bonne compagnie, plein d’humour et de fantaisie. On s’y sent très vite à l’aise, entre le dialogue des deux cabots, Morder et Moullet aboyant à quatre pattes sur le gazon, la cérémonie Morlock, la découverte de la jungle du jardin de Godin en Belgique, l’étrange rencontre avec le cinéaste de La fée sanguinaire (1968). Les étagères sont remplies de livres et de bobines de film, les caméras et projecteurs font entendre leur ronronnement familier. C’est le bonheur.

Cette décontraction de ton n’empêche pas la précision de la description de l’homme au travail. On voit donc Morder filmer, la caméra comme une extension organique de sa main (Cronenberg, quelqu’un ?), mais aussi monter, projeter, se confronter à la recherche d’une production, commenter ses propres images et réfléchir sur le cinéma qu’il pratique. Il a une belle phrase lors d’une discussion avec Moullet qui rappelle une sortie de Jean-Luc Godard. « Si je prends ma caméra, c’est que j’ai envie de te filmer ». Manière de dire l’importance de l’acte. Le journal de Joseph M est aussi une très sérieuse réflexion sur la nature du travail de cinéaste. Que filmer, pourquoi et comment ? Et toutes ces sortes de choses... Il atteint par là un objectif essentiel, donner envie de découvrir les films de Morder... (Vincent Jourdan de Regard Indépendant pour Inisfree, 5 février 2011)

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Présentation du film et animation du débat avec le public : Vincent Jourdan et Josiane Scoleri .

Merci de continuer à arriver suffisamment à l’avance pour être dans votre fauteuil à 20h 30 précises.

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La parole est à vous !

Entrée : 7,50 € (non adhérents), 5 € (adhérents CSF et toute personne bénéficiant d’une réduction au Mercury).

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