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Cinéma Sans Frontières

SAMEDI 05 DÉCEMBRE 2015 : NORTE, LA FIN DE L’HISTOIRE

Publié le lundi 30 novembre 2015

Événement exceptionnel à ne pas manquer : le premier film du grand cinéaste philippin, Lav Diaz , enfin diffusé en France après tant de prix récoltés dans les festivals internationaux.

Philippines - 2014 - 4h10 - vostf

Attention horaire exceptionnel : 14h00 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

Joaquin, un homme à la vie simple, est injustement emprisonné pour meurtre alors que le véritable assassin se déplace en toute liberté. Il commence à trouver la vie en prison plus supportable lorsque que lui arrive quelque chose d’étrange et de mystérieux.

Le réalisateur Lav Diaz s’est librement inspiré de Crimes et châtiments, le légendaire roman de Fiodor Dostoïevski pour tourner son film Norte, la fin de l’histoire.

Difficile de passer outre l’impressionnante durée de Norte, la fin de l’histoire. Ces quatre heures sont pourtant bien peu comparées à la durée des précédents films de Lav Diaz, puisqu’on peut compter huit heures pour son Melancholia et plus de dix pour son magnum opus Evolution of a Filipino Family qui est toujours considéré comme l’un des films les plus longs de tous les temps.

Figure majeure du cinéma contemporain, Lav Diaz signe depuis le début des années 2000 des films qui arrachent le cinéma aux contraintes de l’industrie, et l’individu philippin à son sort tragique.

Les Philippines ont subi trois siècles de domination espagnole, cinq décennies de tutelle américaine, une occupation japonaise et la loi martiale du régime de Marcos, que Lav Diaz considère comme le quatrième cataclysme de l’histoire du pays, par ailleurs continuellement soumis aux catastrophes naturelles. D’Evolution of a Filipino Family (commencé en 16 mm en 1994 et achevé dix ans plus tard en DV après avoir surmonté de multiples avaries) à From What is Before (grand prix du Festival de Locarno en 2014) et Storm Children,il expose et combat l’héritage du dictateur et des colons en racontant les histoires d’individus en lutte contre la pauvreté, la tyrannie, l’aliénation et la dévastation. Paysans expropriés, villageois rescapés, femmes abusées, artistes tourmentés, activistes passés dans la clandestinité : pour Lav Diaz, « l’histoire d’un individu philippin est l’histoire de la lutte philippine ».

Si Lino Brocka est une figure incontournable pour tout cinéaste de l’archipel, les influences de Lav Diaz sont plus variées. Nourri par les mélodrames, le rock, Dostoïevski, Tarkovski ou Béla Tarr, il marie une conscience politique aiguë à un intérêt prononcé pour les formes narratives populaires et les récits pastoraux. Bien que ses films reposent généralement sur des structures narratives classiques, elles font l’objet d’un étirement radical qui vise à produire un sentiment du temps sui generis. Selon lui, la psyché philippine a en effet hérité de ses ancêtres malais une sensibilité selon laquelle ce n’est pas le temps qui gouverne l’espace, mais l’inverse. La longue durée notoire de ses films ne signale ainsi ni une coquetterie expérimentale ni une mégalomanie monumentale, mais la reconquête d’une sensibilité refoulée par l’imposition de la liturgie et du productivisme de l’Occident. À celles-ci, Lav Diaz oppose dans sa méthode même une vision opposée et foncièrement généreuse. Chaque film est l’occasion d’un long séjour, souvent dans des régions éloignées des préoccupations de l’État. La fiction émerge organiquement au fil des imprévus, des contributions, des idées spontanées et des réécritures acharnées, au gré du labeur et de la grâce.

En ce qui concerne les personnages de ses films, Lav diaz dit :"je cherche toujours à humaniser mes personnages. Je ne veux pas faire de caricature. Le bien et le mal coexistent dans un même individu. Il n’existe pas d’être parfait. C’est ma définition d’un personnage réaliste. Le photographe croit qu’il libère cette femme, alors qu’il est en train d’anéantir la perception qu’elle avait de l’émancipation. C’est la même chose pour le gourou de la secte. Sa vision du monde est malsaine, il croit pourtant qu’il est en train d’aider l’humanité. Je ne juge jamais mes personnages...Je ne veux pas être didactique. C’est pour cela que je façonne les personnages les plus réalistes possibles. Je ne veux pas faire un film de propagande. La propagande n’a pas sa place en art, au cinéma encore moins. Si vous écrivez des personnages réalistes et si vous vous contentez de présenter votre discours, le message passera. C’est plus efficace de rester dans une dynamique du dialogue, à la manière de Socrate. C’est ça que je veux, plutôt que d’imposer un point de vue précis..."

Dans Norte, la fin de l’histoire, L’iconique actrice, chanteuse et top-modèle, Iza Calzado, devait incarner Eliza, le personnage principal. La Philippine a eu un empêchement et c’est Angeli Bayani, une habituée des films indépendants qui prit sa place à la dernière minute. Angeli Bayani avait déjà joué un rôle dans Melancholia. Bayani a aussi incarné Teresa, une domestique philippine, dans Ilo Ilo, film du Singapourien Anthony Chen qui a reçu le prix de la Caméro d’Or au festival de Cannes en 2013.

Norte, la fin de l’histoire a été diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde. Il a notamment gagné le prix du meilleur film au Festival international des Droits de l’Homme de Nurembeg en Allemagne. Le long-métrage de Lav Diaz a aussi été exposé aux Gawad Urian Awards, et au festival international Cinemanila se déroulant tous les deux aux Philippines, et il a atteint la neuvième place dans le classement des dix meilleurs films de 2013 effectué par Sight & Sound, une revue prestigieuse publiée par le British Film Institute.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri

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