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Rosalinde Rancher Créativité 2000

Peut-on créer le bonheur ?

Publié le jeudi 14 juin 2012

Samedi 23 juin 2012 à 15 heures, aura lieu, à Nice, la réunion mensuelle des membres et des sympathisants de l’association "Rosalinde Rancher Créativité 2000". Cette séance se proposera de répondre à la question suivante : « Peut-on créer le bonheur ? ».

La quête du bonheur apparaît aujourd’hui comme un élément essentiel de la construction de soi. Les écrivains sont là pour le démontrer.

Les chemins proposés partent de point de vue complémentaires : ainsi, il y a l’approche psychologique illustrée par Csikszentmihalyi ("Vivre, psychologie du bonheur"), Tal Ben Shahar ("L’apprentissage du bonheur") ou Christophe André ("Imparfaits, libres et heureux") ; il y a aussi celle spirituelle avec les témoignages de Krishnamurti ("le sens du bonheur") et de Matthieu Ricard ("plaidoyer pour le bonheur") ; il y a surtout l’approche philosophique avec André Comte Sponville ("Le bonheur, désespérément"), Clément Rosset ("La force majeure"), Robert Misrahi ("Traité du bonheur"), Michel Onfray ("L’art de jouir"), Bruno Giuliani ("le bonheur avec Spinoza") ou Vincent Cespedes ("Magique étude du Bonheur", Larousse, coll. « Philosopher »). Les éléments ne manquent donc pas pour cerner finement le sujet.

L’encyclopédie Wikipédia indique que « Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents ». L’étymologie présentée apporte, de plus, un indice pour répondre à la question posée : « Peut-on créer le Bonheur ? ». En effet, il est dit que l’expression « bon eür » où « Eür » est issu du latin augurium qui signifie « accroissement accordé par les dieux à une entreprise ». Or, est-il affirmé, ce mot latin est lui-même issu d’une racine indo-européenne (reconstituée) aweg « dont les autres principaux représentants en latin sont :
- augere, auctus : « s’accroître » qui a donné augmenter, ...
- auctor : « qui fait croître », « fondateur », « auteur », qui a donné auteur, autoriser, autorité, octroyer, ... ».

De ce fait, le bonheur semble l’aboutissement d’une construction volontaire que l’article de Wikipédia, nuance en précisant :

« La tradition philosophique occidentale oppose les optimistes, pour qui le bonheur comme "état de satisfaction totale" est possible (Spinoza, Montaigne, Diderot), voire facile (Épicure) et les pessimistes, pour qui il est difficile (Rousseau), voire impossible (Pascal, Schopenhauer, Freud). D’autres, comme Kant, opposent la recherche du bonheur et la réalisation de la loi morale (on ne peut pas chercher à être heureux en suivant la loi morale ; néanmoins, on ne peut pas parler d’une condamnation de la recherche du bonheur). Nietzsche lui, la critique comme une fuite devant le tragique de la réalité, lui préférant l’expérience de la joie. »

Ceci posé, il me semble précieux de partir de la pensée du philosophe le plus ancien qui vient d’être cité : Épicure. Pour ce penseur du 3ème siècle avant Jésus-Christ, « le bonheur est le "plaisir en repos" de l’âme (ataraxie, sérénité) et du corps (aponie) qui naît spontanément de la satisfaction des désirs naturels et nécessaires, dont les deux plus importants sont, outre la sûreté et la santé (de l’âme et du corps, donc), la sagesse et l’amitié ». Selon lui, « il est impossible d’être heureux sans être sage » et donc, pour aller vers le bonheur, il est nécessaire de passer par la philosophie.

Est-ce incompatible avec l’idée d’un chemin social vers le bonheur ?

Les dirigeants romains voulaient donner à leur peuple « du pain et des jeux ». Aujourd’hui, les politiques et les économistes parlent de pouvoir d’achat ou de bien-être. En fait, le souci du bonheur des populations est devenu de plus en plus nettement un objectif politique.

Wikipédia signale que cette tendance moderne apparaît à la fin du XVIIIe siècle aux États-Unis, sous sa forme institutionnelle : avec l’article 1 de la Déclaration des droits de l’État de Virginie (1776) dans une formule qui a été reprise la même année dans la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique qui énonce : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Le socialisme, qui voit le jour en Europe, participera au développement du concept d’État-providence, qui doit offrir le bien-être (« bonheur ici-bas ») qui remplace la préoccupation du « salut dans l’au-delà » porté par l’Église. Cependant, le constat que la société de consommation, en cherchant à satisfaire les besoins matériels, produit des nuisances et des aliénations qui remettent en cause la quête du bonheur, incite à un retour à la réflexion philosophique. On peut citer par exemple à ce sujet Jacques Ellul (1912-1994) qui a exposé, en 1967, sa vision du concept d’idéologie du bonheur.

En vérité, les composantes individuelles et sociales de la construction du bonheur semblent étroitement complémentaires. L’individu ne peut s’extraire totalement de son environnement et il doit donc s’engager pour l’amener à devenir le meilleur possible. Pour cela, il faut être tout d’abord capable de percevoir de manière rationnelle les variables qui régissent le bonheur. Ainsi, en vue de comparaisons internationales, des quantifications du bonheur à l’échelle des nations ont été entreprises.

Dans ce cadre, l’économie du bonheur est apparue en fondant ses analyses directement sur l’état conscient subjectif du bonheur ressenti.

Cette approche se distingue de l’économie du bien-être qui se fonde sur des facteurs matériels objectifs et qui publie par exemple un indice de bien être durable (IBED), un indicateur alternatif au PIB.

Son mode de calcul, est très proche de l’Indicateur de progrès véritable.

A cela, il faut ajouter l’indice de développement humain (IDH) qui est un indice statistique composite, créé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 1990 pour évaluer simplement le niveau de développement humain des pays du monde en se fondant sur trois critères majeurs : l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie.

Tous ces paramètres ayant été présentés, avant de formuler notre solution à la question « Peut-on créer le bonheur ? », relevons que le sage chinois Lao-Tseu aurait dit à ce propos :

«  Il n’y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c’est le chemin.  »

Soyez donc heureux et, peut-être, présent à notre rendez-vous.

Robert Brugerolles

Président de l’association

Pour ce qui concerne le bonheur :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonheur

Pour l’économie du bonheur :

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_bonheur

Pour l’indice de bien être durable :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_bien_%C3%AAtre_durable

Pour l’indicateur de progrès véritable (IPV) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indicateur_de_progr%C3%A8s_v%C3%A9ritable

Pour l’indice de développement humain (IDH) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9veloppement_humain

Pour le concept d’auteur :

http://fr.wiktionary.org/wiki/auteur

Pour une réflexion générale autour de la créativité :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ativit%C3%A9

Pour toutes les rencontres des Rosalindes :

http://www.creativite2000.com/rencontres.htm

et

http://associations.nice.fr/spip.php?page=recherche&lang=fr&recherche=Rosalinde+rancher

Les meilleurs échanges de cette réunion feront l’objet d’un reportage dans le numéro 7 du bulletin trimestriel de l’association "Lou Rosalain"

http://www.creativite2000.com/rosalain.htm

La réunion se tiendra à Nice au domicile de Bernadette Mistral le samedi 23 juin 2012 à 15 heures.

Pour tout renseignement sur cette rencontre, on peut téléphoner au :

04 83 50 51 91.

ou envoyer un message à :

robertbaiedenice@yahoo.fr