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Cinéma Sans Frontières

MERCREDI 23 FÉVRIER 2016 : SIGNES DE VIE

Publié le lundi 22 février 2016

20h30 Cinéma Mercury - 16 place Garibaldi - Nice

14ème Festival annuel : "Exils"

Film de Werner Herzog

Allemagne - 1968 - 1h35 - vostfr

Blessé au front, Stroszek, un jeune soldat allemand, est affecté sur une île à la garde d’un fort. Eloigné des combats, réduit à l’inaction, le conscrit s’astreint à effectuer des tâches inutiles mais nécessaires à son équilibre mental. Bientôt son comportement inquiète les îliens.

Premier long métrage de Werner Herzog, tourné en 1968, Signes de vie suit un groupe de soldats allemands en Crète, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Une œuvre particulièrement puissante, à la beauté contemplative, se penchant déjà sur une thématique qui sera chère au cinéaste munichois : l’aliénation. Le film raconte une histoire d’hommes exilés, prisonniers d’un monde qui n’est pas le leur. Leur principal ennemi est l’ennui. Peu à peu Stroszek sombre dans la folie, il s’aliène ses compagnons, tire sur la foule du haut des remparts, illumine le ciel de feux d’artifice..." Mais est-ce vraiment lui le fou, dans un monde en proie à la guerre ? Difficile de ne pas voir dans ce film une interrogation d’une génération allemande sans repères. C’est une génération désaxée qui jugeait durement sa devancière. Le fou n’est qu’un homme que la réalité étouffe et qui voudrait se réinventer un monde. Il y a du Nietzsche chez Herzog...Solitude, folie, sentiment d’exil, impuissance. Herzog posait dans Signes de vie les bases de son cinéma, comme un avant goût des chefs d’œuvre à venir. " (aVoir-aLire.com)

"Si Herzog vient tourner à Kos, ce n’est pas seulement pour arpenter ces lieux où a travaillé son grand père, c’est que cette idée de signes à déchiffrer le fascine et que la Grèce regorge de ces traces de l’aube de la civilisation occidentale. L’idée qui sous-tend Signes de vie, c’est que le monde est indéchiffrable : on pense pouvoir en percer les secrets, les mystères, découvrir ce qui se cache derrière les apparences, comprendre la marche de l’histoire… mais au final, on se rend compte que rien ne fait sens. Il s’agit dès lors d’accepter cet état de fait et de vivre, s’attacher aux signes ne pouvant mener qu’à la folie, comme le grand-père d’Herzog, comme Stroszek. Le soldat Stroszek apparaît dans le film en état de choc, blessé. Il entre dans la fiction comme dans un rêve. La caméra est mouvante, les visages sont déformés, grossis. Un travelling chaotique parcourt les ruelles de la ville jusqu’à la place où gît son corps blessé. Deux chèvres descendent d’un bus… l’ambiance et étrange, irréelle, inquiétante...Stroszek ne supporte plus l’état de stase dans lequel il est plongé, rêvant même de retrouver le mouvement de la guerre pour y échapper. La citadelle est une prison physique qui est l’incarnation de son état intérieur, de son tourment face à une immobilité forcée...la forteresse de Stroszek est une métaphore de l’existence humaine et l’incapacité des personnages de ces films à accéder au bonheur est le sort commun de tout être. Le cinéma d’Herzog est un cinéma existentiel, un cinéma de la souffrance et de l’enfermement. Le soldat Stroszek qui se sent inutile, car soudainement privé de fonction, est une image de notre propre présence sur Terre. Que peut-on faire une fois que l’on a compris que la vie est une prison ? La révolution ? Stroszek est l’archétype du personnage herzogien, soit un homme qui se révolte contre sa condition et dont la révolte est vouée à l’échec...Stroznek, grand révolté ou être accablé par la souffrance, bien qu’il se rebelle contre l’ordre des choses … l’issue est toujours l’échec...Mais l’amertume de l’échec n’hypothèque pas l’importance de la révolte. Par cet acte, l’homme vit enfin.. L’échec permet de se rendre compte de la futilité de l’existence, d’être confronté à l’impossibilité de voir ses rêves s’accomplir. Il apporte cette lucidité qui, seule, permet à l’homme de vivre...En concluant ces rêves de grandeur ou de révolte sur des images dérisoires, Herzog appuie sur l’importance du geste et non d’une conclusion qui, on l’a vu, ne peut être que l’échec. Toujours il magnifie le geste de révolte, la puissance d’imagination de ces hommes, leur capacité à décréter qu’un territoire en ruine est un royaume peuplé dont ils sont les maîtres...C’est une œuvre passionnante, pleinement aboutie et profondément herzogienne par ses thèmes mais aussi par sa forme : le cinéaste imagine un paysage isolé et mental dans lequel il nous fait lentement pénétrer, construit son récit hors de toute progression dramatique classique, avec beaucoup de place pour le surplace et un refus constant de l’efficacité dramatique. Toutes choses qui peuvent désarçonner mais qui font aussi d’Herzog un cinéaste inclassable et unique en son genre."(dvdclassik.com)

Le film est tourné à Elounda en Crête et sur l’île de Kos, dans le Dodécanèse, là où le grand père d’Herzog a fait sa principale découverte archéologique. Le film remporte l’Ours d’Argent au festival de Berlin.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri

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