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Harkis. Honneur. Histoire, les 3H

Lettre ouverte des Harkis

Publié le mardi 16 octobre 2012

LETTRE OUVERTE DES HARKIS, Lecture du 30 juin 2012 au C.U.M à Nice Dans le cadre des manifestations Niçoises du Cinquantenaire du rapatriement des Français d’Algérie. (Composition Nasser SAHOUR Président 3H, Areski AMRANI pour Harkis du Var et 3 H)(tous droits réservés)

LETTRE OUVERTE DES HARKIS (Composition Nasser SAHOUR Président 3H, Areski AMRANI pour Harkis du Var et 3 H)(tous droits réservés)

Lecture faite par Areski AMRANI et Andréa Très chers amis.

Les événements de 1954 conduiront le peuple algérien à l’indépendance, d’autres n’en voulaient pas notamment les supplétifs de l’armée française. Quelques années plus tard, le 18 mars 1962 les accords d’Evian ont permis un cessez le feu et l’indépendance reconnue par la France le 4 juillet 1962.

Ces accords, en particulier l’article 2, garantissait paix et sécurité à ceux qui souhaitaient rester en Algérie. Forts de cet article, beaucoup de supplétifs retournèrent dans leurs villages et dans leurs villes.

C’était le début des massacres, des tortures, des sévices et de l’horreur que l’on ose imaginer, plus de 150 000 morts

La France savait mais n’intervenait pas, au contraire, elle refusait d’accueillir ces soldats fidèles. Mais des officiers militaires courageux les aidèrent à passer de l’autre coté de la méditerranée pour les sauver au péril de leur vie, de leur carrière, désobéissant les ordres de l’état.

Voici maintenant 50 ans que la république française a quitté l’Algérie et notre combat reste toujours le même : la reconnaissance de l’abandon et des massacres de harkis en Algérie et des conditions indignes en France.

« NE MEURT QUE CE QUE L’ON OUBLI »

Ces journées du cinquantenaire à Nice sont justement le moyen pour se rappeler le passé et construire un pont vers l’avenir. Notre mémoire, notre souffrance se sont transformées en une espérance, celle de ne plus jamais voir l’abandon de Français par leur patrie.

Les Harkis et leurs familles sont grands,leur engagement fut noble. Nous portons tous avec fierté l’histoire de nos pères, leur choix durant cette guerre du mensonge et de la honte.

Ils vécurent pour ceux qui restèrent en vie avec leur famille les pires humiliations que l’on ne pourrait accepter aujourd’hui. Les conséquences des séquelles de la guerre d’Algérie produisirent l’éclatement des familles et le retranchement de certains de nos pères dans l’alcoolisme.

Enfermés dans ces camps isolés, douches communes, sous des tentes insalubres, affamés, ignorés, insultés, déçus par cet accueil, beaucoup restèrent muets. D’autres repartirent de l’autre côté de la méditerranée ou une mort certaine les attendaient.

Beaucoup d’enfants sombrèrent dans la délinquance, la drogue et parfois la prison. Français, ils vécurent tels des bêtes dans notre patrie dite celle des « droits de l’homme ! »

Souvenons-nous ! Des associations telles que l’U.N.C, le secours catholique, et d’autres associations patriotiques vinrent dans les camps apporter des couvertures, des soins, de la nourriture à nos familles !

Souvenons-nous ! Les Pieds-Noirs qui malgré l’accueil qui leur avait été réservé, n’hésitèrent pas à aider les Harkis.

......

Souvenons-nous ! De nos mères, ces femmes de Harkis qui en plus de leurs cœurs et de leurs âmes, donnèrent leurs vies. Ces femmes anonymes et courageuses, sont nos Marianne à tous ! Elles ont tout fait, tout donné pour la réussite de leurs enfants dans une société hostile.

L’histoire des Harkis s’est faite dans « le sang et les larmes », dans le silence et l’oubli comme une chape de plomb sur nos vies tels des tombeaux !

Tombeaux que nous ouvrons pour libérer la parole et faire entendre notre histoire, Transmettre les flambeaux de notre mémoire aux générations futures pour qu’ils sachent ce que les harkis ont donné à la République, afin qu’elle soit encore plus noble, encore plus belle.

Racontez autour de vous sans que la censure vous éteigne ce qu’étaient les harkis et les pieds noirs, dites à chacun et à chacune que ces Français d’Algérie furent l’honneur de notre pays durant ce drame que nous appelons tous aujourd’hui : La guerre d’Algérie.