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Rosalinde Rancher Créativité 2000

Les parents, forgent-ils le mariage ?

Publié le vendredi 8 mars 2013

Samedi 16 mars 2013 à 15 heures, aura lieu, à Nice, la réunion mensuelle des membres et des sympathisants de l’association "Rosalinde Rancher Créativité 2000". L’objectif de la rencontre sera de proposer des réponses à la question : « Les parents forgent-ils le mariage ? ».

La créativité n’est pas seulement, comme on veut le faire croire trop souvent, le résultat d’une démarche individuelle isolée. Elle a fondamentalement, depuis l’aube de l’humanité, un caractère social. Il en est ainsi de l’élaboration des institutions sociétales et, au premier rang d’entre elles, figure le mariage.

Aujourd’hui, le mariage se présente comme un contrat communautaire qui s’intègre dans le cadre d’un processus de filiation, mais on distingue à côté du mariage, plusieurs formes d’unions : l’union libre, le concubinage, le pacte civil de solidarité, etc. qui comportent des effets plus limités que le mariage.

Historiquement, le mariage est établi en passant par une procédure rituelle, religieuse, ou juridique. Étant un engagement en vue de prolonger la famille des contractants, il intègre un ensemble d’effets patrimoniaux et peut être monogame ou polygame (polygynie ou polyandrie).

De plus, selon le choix du lieu géographique d’existence du foyer, que l’acte de se marier implique, il fait partie d’une système :

Patrilocal : le foyer des mariés se trouve dans la résidence ou le village du père de l’époux.

Matrilocal : le foyer des mariés se trouve dans la résidence ou le village de la mère de l’épouse.

Néolocal : les mariés fondent leur foyer indépendamment de celui de leurs parents.

Les époux peuvent également vivre dans des résidences séparées.

Pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, le mariage est le socle pratiquement universel de la famille. En analysant comment se forment les identités au cours des mariages intertribaux, il a pu mettre en relief des règles précises. Ainsi, dans les Structures élémentaires de la parenté, avec l’aide du mathématicien André Weil, il a pu dégager le concept de structure élémentaire de parenté en utilisant la notion de groupe de Klein.

Insistant, sur l’importance de l’alliance au sein des structures de parenté, qui découle de la nécessité de l’échange dans le cadre du principe de prohibition de l’inceste, Claude Lévi-Strauss a avancé l’idée dans une théorie globale, connue sous le nom de « théorie de l’alliance », que toute société humaine est fondée sur une unité minimale de parenté : l’atome de parenté.

Juridiquement, un contrat se définit comme une convention formelle ou informelle, passée entre deux parties ou davantage, ayant pour objet l’établissement d’obligations à la charge ou au bénéfice de chacune de ses parties. Nous voyons se profiler ainsi, avec le mariage, ce qui peut apparaître comme le prototype ancêtre de tout contrat et même du concept de contrat social, cher à Jean-Jacques Rousseau.

Cette relation entre parentalité et mariage est enregistrée dans le langage : on a l’adjectif "matrimonial" qui vient de matri (mère) et le nom de "patrimoine" des époux qui vient de patri (père).

Dans les contes, l’expression, « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » souligne que c’est la parentalité qui confère son aspect merveilleux au mariage. On peut aller plus loin et voir, comme dans la religion catholique, que les enfants n’ont pas seulement des parents, ils ont des parrain et marraine. De plus, « parrain » se prononce presque comme « parent ».

En fait, ceci nous montre que l’enfant n’est pas simplement un produit de la génétique, c’est une création culturelle. Le mariage, en fournissant un cadre, donne à la filiation un aspect complexe. Ainsi, à Rome, César, sans descendance légitime, bissexuel, a adopté par testament Octave Auguste, fils de sa nièce Atia Balba Caesonia.

Les nouvelles techniques de procréation médicale font des porteurs de « blouses blanches » des parents supplémentaires qui s’ajoutent aux parents biologiques et juridiques. Il ne faut, enfin, pas oublier de remarquer que le contrat social contemporain donne aussi aux enfants des parents éducatifs standards constitués par tout le corps enseignant.

Force est donc, de constater que mariage et filiation sont des matières semblables à de la pâte à modeler, que tous les parents sociaux forgent inlassablement depuis la nuit des temps.

Philosophiquement, tout cela se passe dans le cadre de l’affrontement entre l’existentialisme qui postule que l’être humain forme l’essence de sa vie par ses propres actions et l’essentialisme qui affirme que ces dernières lui sont prédéterminées par des doctrines théologiques, philosophiques ou morales.

Alors, fondamentalement, rien de nouveau sous le soleil ?

Robert Brugerolles

Président de l’association

Références

Pour l’article de wikipédia sur le mariage :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage

Pour en savoir plus sur Claude Lévi-Strauss :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude...

Pour l’étude des relations de parenté :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude...

Pour ce qui se rapporte à l’existentialisme :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Existe...

Pour une réflexion générale autour de la créativité :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%...

Pour toutes les rencontres des Rosalindes :

http://www.creativite2000.com/renco...

et

http://associations.nice.fr/spip.ph...

Les meilleurs échanges de cette réunion feront l’objet d’un reportage dans le numéro 9 du bulletin trimestriel de l’association "Lou Rosalain"

La réunion se tiendra à Nice au nouveau domicile de Bernadette Mistral le samedi 16 mars 2013 à 15 heures.

Pour tout renseignement sur cette rencontre, on peut téléphoner au :

04 83 50 51 91.

ou envoyer un message à :

robertbaiedenice@yahoo.fr