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Les Ouvreurs

Les ouvreurs présente leur In & Out 2011

Publié le mardi 19 avril 2011

"Cette troisième édition d’In&Out est marquée à la fois par la maturité, l’audace et l’intime". C’est ainsi que la qualifie Benoît Arnulf, l’un des co-organisateurs du festival azuréen du film Gay et Lesbien version 2011.

Benoît Arnulf, comment présenteriez-vous cet In & Out version 2011 ?

Cette troisième édition d’In&Out est marquée à la fois par la maturité, l’audace et l’intime. Maturité de notre approche dans l’organisation d’une manifestation, avant tout culturelle, qui défend avec exigence les films et les cinéastes. Maturité que l’on retrouve dans les rapports que nous entretenons avec nos partenaires institutionnels (Mairie de Nice, Conseil Général 06 et Conseil Régional PACA) et associatifs (Lo Peolh Cinéma, L’Eclat ou Les Méduses…) qui nous ont renouvelé leur confiance. Cette maturité nous permet de proposer une programmation plus audacieuse, qui continue à explorer toutes les cinématographies et reste ouverte sur le monde. Films d’auteurs, documentaires, films de genre bien sûr, et cette année une incursion dans la pornographie. C’est le thème de l’intime qui structure l’ensemble, la question inspirant une part importante des réalisateurs dont nous vous proposons les films. Elle offre un terrain d’expérimentation pour repenser la place des sexualités, des corps et des genres dans le monde actuel. Cuchillo de Palo de Renato Costa, notre film d’ouverture, en est un très bon exemple.
 
9 jours de réjouissances sur 4 lieux différents, le festival a grandi ?

Nous avons effectivement augmenté d’une journée le festival pour nous permettre de passer encore plus de films, une trentaine au total. Et nous sommes heureux de retrouver nos lieux de projections habituels (MAMAC, Le Mercury, la Villa Arson) et d’être accueillis pour la première fois par le Cinéma Le Rialto. Cette diversité nous permet de réaliser un des objectifs forts des Rencontres In&Out : être une manifestation ouverte qui s’adresse au plus grand nombre pour proposer des oeuvres et des artistes qui offrent à penser les questions de sexualités et d’homosexualité. Pluralité de lieux, de partenaires, programmation éclectique sont autant de solutions pour brasser les publics, toucher tout le monde.
 
Quelles sont les nouveautés depuis l’édition 2010 ?

Toujours plus de films inédits, d’invités, de soirées et de fêtes. Nous avons de plus aménagé de nombreuses petites surprises tout au long du festival : des courts métrages, des animations… Cette année le festival bénéficie de l’énergie et du savoir faire d’une équipe élargie de près de trente "Ouvreurs", tous bénévoles. Chacun à sa manière a permis d’améliorer le projet, à l’image des très originaux teasers (bandes annonces) du festival. Ils font un carton sur le net avec plus de 2200 visions. Un succès dont nous sommes très fiers. 
 
Quels sont les moments forts du festival et les personnalités invitées ?

Le programme est chargé, avec un cinéaste invité quasiment tous les jours. Il se structure autour de grandes thématiques, composé de deux à trois films qui se répondent entre eux. Comme l’an dernier avec la Grèce, nous proposons un "Vue d’ailleurs" sur le Portugal et l’intégral des films de Joao Pedro Rodrigues (Mourir comme un homme, Odete, O’Fantasma ainsi que ses deux courts métrages Parabens ! et China, China). Une première en France. Présents au cours du Festival, Emilie Jouvet et Vincent Dieutre nous offrions leur regard pour le moins iconoclaste sur les sexualités, le désir ou encore la passion amoureuse. Reviennent aussi à Nice, Céline Sciamma pour son dernier film, TomBoy, fraîchement récompensé au Festival de Berlin, et Louis Dupont pour le dernier volet de sa trilogie, Les garçons du Lido. Un double programme sera consacré à François Sagat, figure tutélaire de la pornographie gay, qui se lance dans le cinéma traditionnel avec Homme au bain de Christophe Honoré et L.A. Zombie de Bruce LaBruce. In&Out assure aussi le 4e cycle de l’ambitieuse programmation que consacre L’Eclat aux relations de Michel Foucault avec le Cinéma. Centrés sur la Sexualité, les films de Pasolini, Schroeter, Genet y côtoient le témoignage de Daniel Defert, le dernier compagnon du philosophe. Enfin notre section Documentaires « au présent » nous permet d’aborder plus directement la dimension politique des questions gays et lesbiens : se souvenir de Jean LeBitoux, figure de proue de la militance LGBT française ; voyager en Ouganda, terrain d’expérimentation homophobe des fondamentalismes religieux ; découvrir Miwa, star de cinéma et « seul homosexuel officiel du Japon », explorer les coulisses du Lido et comprendre en quoi les Gay Pride sont encore utiles aujourd’hui.
 
Enfin, que souhaitez-vous à l’In&Out 2011 ?

Nous espérons augmenter la fréquentation de nos séances pour dépasser les 2300 spectateurs de l’édition 2010. Tous les films que nous projetons méritent vraiment d’être découverts ou redécouverts par le plus grand nombre. Le tout dans un esprit de convivialité, qui nous est cher et que nous cultivons depuis toujours.