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Festival du Livre de Nice 2014

Les mots du Festival du Livre de Nice 2014

Publié le mardi 10 juin 2014

Trois personnes clés du Festival du Livre de Nice raconte ce qu’est pour eux ce Festival pareil à nul autre.

Christian Estrosi : Député des Alpes-Maritimes - Maire de Nice et Président de la Métropole Nice Côte d’Azur :

S’il existe une terre d’écrivains, c’est bien Nice ! Ce fut, de tout temps, un territoire fécond pour l’écriture. De nombreux auteurs sont nés sur ce rivage. Les plus belles plumes ont trouvé ici l’inspiration. Le Festival du Livre de Nice s’inscrit remarquablement dans cette trajectoire.

Depuis deux ans, c’est au coeur de notre vieille ville, dans cet admirable écrin historique que je vous invite à ce rendez-vous incontournable des amoureux des mots. Vous êtes à chaque fois des dizaines de milliers à répondre à cette invitation, à vous presser dans les allées à la rencontre des quelques 200 auteurs présents. Des écrivains en chair et en os, avec lesquels vous allez pouvoir dialoguer au plus près, des inventeurs de mots avec lesquels vous échangerez, et dont vous pourrez peut-être recueillir les confidences. Ces moments de convivialité littéraire, dans le décor d’un patrimoine architectural exceptionnel, vous offriront des moments inoubliables. Cette édition 2014, placée sous le titre “Sacré XXe siècle”, sera présidée par un homme qui a traversé et étudié ce siècle, participant à un grand nombre de joutes et de combats intellectuels : le sociologue et philosophe Edgard Morin, directeur de recherche émérite au CNRS et Président de l’Agence Européenne de la Culture, auteur de nombreux ouvrages qui décryptent notre modernité avec acuité. Nul doute qu’avec cette dix-neuvième édition, Nice accroîtra encore sa réputation dans le domaine des lettres.

Nul doute que la moisson sera encore plus belle. Sur les bords de la Baie des Anges, le livre est plus vivant que jamais, plus que jamais porteur de ce savoir, de cette imagination et de cet humanisme qui fondent notre civilisation. Je vous souhaite à tous, auteurs et lecteurs, les plus belles rencontres, les plus riches échanges, les plus belles lectures.

Franz-Olivier Giesbert : Directeur Artistique du Festival

Si son Festival du Livre permet à Nice de devenir chaque année, au seuil de l’été, la capitale culturelle de notre hémisphère, c’est normal : il y a un pacte séculaire entre cette ville et le monde de la culture. Elle est tombée dedans il y a très longtemps.

Nice a beaucoup apporté à la France. La socca, la pissaladière, la bressaouda ou le pan-bagnat, mais aussi, au rayon philosophie, quelques-unes des plus belles pages de Nietzsche qui les a écrites dans la chambre qu’il louait sur place, rue Saint-François-de-Paule. Sans parler de tous les natifs de Nice comme J.M.G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature, Max Gallo, Louis Nucéra, Didier van Cauwelaert, Mylène Demongeot, Michèle Laroque, Maurice Ronet, Sophie Duez ou la chanteuse Rose. N’oublions pas non plus tous ces Niçois de passage ou d’adoption que furent (ou sont) Anton Tchekhov, James Joyce, Nicolas Gogol, Joseph Kessel, Raoul Mille et Patrick Besson.

Cette année, sous la présidence du philosophe Edgar Morin, l’un des esprits les plus considérables de notre temps, nous allons nous interroger sur le XXe siècle. Nous allons aussi découvrir, partager, nous divertir, apprendre et approfondir, avec de grands personnages du monde des idées comme Michel Onfray et puis aussi des écrivains de tous les genres, car, ici, nous n’en excluons aucun. Tant il est vrai que la culture à la niçoise - nous en donnons la preuve chaque année -, c’est l’échange, le mélange, la liberté et la tolérance.

Edgar Morin - Président d’Honneur

Le XXe siècle a été désintégré par une première guerre mondiale inattendue dont la folie meurtrière a provoqué des désintégrations en chaîne, à commencer par la révolution soviétique, le fascisme italien, des crises économiques, sociales, de civilisation dont celle de 1929 qui a provoqué l’arrivée du nazisme au pouvoir.

L’expansionnisme de l’Allemagne nazie et, en Asie, du Japon impérial, ont provoqué la seconde guerre mondiale encore plus meurtrière que la première dont la folie homicide culmine à Hiroshima. Puis survient l’ère des guerres de décolonisation, l’ère de la prospérité occidentale que l’on croit ininterrompue, l’ère de la promesse d’un avenir radieux en URSS et en Chine, puis à nouveau crise économique, crise de civilisation, implosion de l’URSS, système capitalocommuniste en chaîne, essor des religions à promesse scellées dans la ruine de la religion terrestre du communisme, tout cela pour déboucher sur une mondialisation en devenir incontrôlée.

Pendant ce temps surviennent quelques-unes des plus grandes découvertes sur l’univers sur la vie, sur la préhistoire humaine de tous les temps, une floraison philosophique et intellectuelle, l’essor du grand art du cinéma. Siècle d’ambivalences, de contrastes qui a projeté notre humanité dans la nouvelle aventure du XXIe siècle.