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Licra côte d’azur

La laïcité aujourd’hui

Publié le lundi 25 juin 2018

Synthèse de l’intervention publique d’Antoine Spire à la section LICRA de Nice/Côte d’Azur le 6 mai 2018.

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La laïcité n’est pas – comme beaucoup le croient – une réalité figée en 1905. Le principe de laïcité nous vient des penseurs des « Lumières » qui ont présidé aux idées de la révolution française ; c’est le principe de la liberté de conscience de chaque individu ; ce n’est pas la religion des athées et des agnostiques ! Ce n’est pas non plus une arme de destruction massive des religions.

La laïcité repose sur des idées simples et fortes :
-  liberté de religion et de non religion
-  liberté de quitter sa religion ou de se convertir à une autre religion

La loi de 1905 est un magnifique modèle, fondé sur la liberté absolue de conscience, à la fois liberté de religion et liberté à l’égard de toute religion. Mais pour continuer à la faire vivre, il faut procéder à des ajustements qui doivent combiner tradition, égalité et diversité.

Le cas de l’Éducation nationale

La laïcité s’applique notamment au service public de l’école. Aujourd’hui, en France, une loi interdit tout signe ostensible religieux aux élèves et aux enseignants sur recommandation de la commission Stasi (cf annexe ci-après) : certaines autres recommandations n’ont pas été retenues jusqu’à présent, comme la création de jours fériés des autres religions.

Mais le respect de la laïcité est gravement bafoué dans un certain nombre d’établissements scolaires.

Assimilation, intégration, métissage

De multiples ethnies assemblées ont formé le peuple français. C’est un mouvement continu au cours des siècles. Contrairement à d’autres pays, par exemple anglo-saxons, la France n’a pas accepté la juxtaposition de communautés ; elle a développé « l’assimilation » pour produire une nation homogène. Clermont Tonnerre préconisait la future « république une et indivisible » (constitution de 1793).

La diversité française s’oppose au culte de la pureté dont se réclament certaines communautés religieuses. Il faut être capable de penser contre soi-même – ce qui n’est pas si facile ; la morale naît de la rencontre d’autrui ; regarder l’AUTRE comme autre (Cf. Lévinas).

À la LICRA, laïcité et combat anti raciste, nous n’oublions pas que l’antisémitisme qui va jusqu’aux assassinats d’enfants voisine avec le racisme ordinaire que subissent quotidiennement celles et ceux qui peuvent être physiquement identifiés comme maghrébins ou africains : il est plus difficile pour eux de trouver du travail ou de louer un appartement par exemple.

C’est dire que face à ces réalités le combat de la LICRA est essentiel et qu’il exige son renforcement par de nouveaux adhérents.

A N N E X E

La commission Stasi fut créée en 2003 en plein débat sur le port du voile à l’école.
C’est une commission de réflexion « sur l’application du principe de laïcité dans la République ». Il en a confié la présidence à Bernard Stasi, alors Médiateur de la République 1. La commission est composée de vingt membres de divers horizons. Pendant près de trois mois, elle auditionne quelque 140 personnes représentant la société civile, les partis politiques et les instances religieuses du pays, dont une centaine en séance publique. Le rapport, expose deux principes majeurs : la neutralité de l’État, qui impose à la République d’assurer « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et la liberté de conscience avec notamment sa déclinaison en liberté de culte. Elle relève que des tensions peuvent apparaître entre ces deux pôles ; les cadres de ces tensions sont principalement l’armée, la prison, l’hôpital et l’école. Elle propose des nombreuses solutions.


L’Observatoire de la laïcité fut créé en 2007 par le Président de la République Jacques Chirac. Il assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France. Il réunit les données, produit et fait produire les analyses, études et recherches permettant d’éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité ; il est composé de 23 membres, présidé par Jean-Louis Bianco (PS). Au titre du Parlement, sont membres de l’Observatoire de la laïcité deux sénateurs et deux députés, à parité de la majorité et de l’opposition26 :Hugues Portelli, sénateur (LR) du Val d’Oise : Françoise Laborde, sénatrice (PRG) de la Haute-Garonne : Nicole Dubré-Chirat, députée (LREM) de Maine-et-Loire ; Claude Goasguen, député (LR) de Paris.

Plusieurs documents sont disponibles : https://www.gouvernement.fr/documents-de-l-observatoire-de-la-laicite
L’observatoire de la laïcité, en particulier son président Jean-Louis Bianco, a été plusieurs fois critiqué pour ses positions qualifiées d’ « angéliques ». Récemment, le rapport remis par le préfet Gilles Clavreul sur la laïcité considère que nous vivons une période politiquement mouvementée et se démarque nettement des analyses plus juridiques de l’Observatoire.