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Rosalinde Rancher Créativité 2000

La créativité des esprits troublés

Publié le mardi 14 juin 2011

On connait la vie troublée du peintre Vincent van Gogh. Il faut savoir qu’il n’y a pas que parmi les artistes qu’on trouve des personnalités ayant eu une autre facette sombre pas facile à comprendre. Cardan, Newton, Nash et bien d’autres ont vécu en quelque sorte des vies parallèles dont l’analyse nous déstabilise parfois. Lors de la rencontre du 18 juin 2011, les membres et les sympathisants de l’association "Rosalinde Rancher Créativité 2000" se proposent de répondre à la question « Que nous apprennent ces cas extrêmes sur les possibilités créatives de l’être humain ? »

 

Du 27 au 29 mai 2011 a eu lieu à Fontainebleau un festival de l’histoire de l’art dont le thème était : « La Folie : artistes, créations et beauté insensée ». Le thème de cette première édition avait été choisi en vue de célébrer « le 500èm anniversaire de la publication de l’Éloge de la folie de l’humaniste néerlandais Érasme ». Il faut cependant relever que la science aussi, connaît des exemples de grands esprits ayant eu des facettes sombres et pas faciles à comprendre : Cardan, Newton, Nash, par exemple, ont vécu en quelque sorte des vies parallèles qui nous interrogent sur les tenants et les aboutissants de la créativité.

Pour prendre le cas de l’économiste et mathématicien américain, John Forbes Nash Jr . qui est notre contemporain, on peut rappeler que très jeune, il y a développé une passion durable pour les mathématiques, et, en particulier, la théorie des nombres, les équations diophantiennes, la mécanique quantique et la théorie de la relativité. Sa thèse, soutenue en 1950, sur « Les jeux non coopératifs » détaillait déjà la définition et les propriétés de ce qu’on allait par la suite appeler l’équilibre de Nash et qui lui valut, quarante-quatre années plus tard, le prix Nobel d’économie.

Pourtant, dès le début de sa carrière mathématique, les symptômes de la schizophrénie ont commencé a apparaître chez cet homme qui a mis alors, vingt-cinq ans pour prendre le dessus sur sa maladie. Cette aventure humaine a été racontée par Sylvia Nasar dans « Un cerveau d’exception. De la schizophrénie au Nobel, la vie singulière de John Forbes Nash » (Paris, Calmann-Lévy, 2002) ainsi que dans le film "Un homme d’exception" (2001) réalisé par Ron Howard.

Cette vie troublée évoque à sa manière la nouvelle célèbre de l’écrivain écossais, Robert Louis Stevenson, (13 novembre 1850 à Edimbourg ; 3 décembre 1894 à Vailima (Samoa)), « L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) ».

Tout cela mérite donc bien qu’on cherche à étudier ce que de tels cas extrêmes peuvent nous apprendre sur les capacités créatives de l’être humain.