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Fondation de la France Libre - Délégation des Alpes-Maritimes

Journée Nationale de la Résistance , le 27 mai 2014.

Publié le lundi 2 juin 2014

Hommage à Jean MOULIN. Allocution prononcée par Mr Gérald LACOSTE, Membre du Conseil Municipal de la ville d’Antibes, délégué aux "Anciens combattants et victimes de guerres", le 27 mai 2014 à Antibes.

Mesdames, Messieurs, L’an passé nous étions près d’ici pour commémorer le 70° anniversaire de la création du conseil de la résistance et de la disparition de son créateur, Jean MOULIN. Cette année nous célébrons pour la première fois la journée nationale de la résistance.

Jean, prénom des plus usuels, MOULIN nom commun sentant le terroir mais sans réel reflet, pourtant le nom réuni est aujourd’hui le symbole à lui seul de la résistance intérieure dans la France occupée pendant que le Général De GAULLE incarnait , lui, le difficile combat de la France Libre aux côtés des alliés.

Jean MOULIN, résistant de la première heure n’a pas attendu de signal pour se dresser contre l’occupant : Préfet d’Eure et Loire à Chartres, il se porte volontaire à la déclaration de guerre pour intégrer une unité combattante, mais le ministère de l’Intérieur le maintient à son poste où il s’emploie à assurer, presque seul, la sécurité de la population.

Arrêté en juin 40 par les Allemands parce qu’il refuse d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française d’avoir commis des atrocités envers des civils, il va au delà de ses convictions et tente de se suicider en se tranchant la gorge.

Révoqué par Vichy en raison de ses idées politiques, placé en disponibilité, il va sans relâche poursuivre son combat et le faire reconnaître au niveau de la France Libre. Misant sur son intégrité, sur ses capacités de chef de réseau et d’organisateur, le général de Gaulle le charge d’unifier les mouvements de résistance afin d’en faire enfin une arme cohérente aux actions concertées et réfléchies placée sous ses ordres, en liaison étroite avec la France Libre.

Tâche de longue haleine, épuisante car contestée, contrebattue voire entravée par une résistance intérieure plus que jamais morcelée dirigée par des chefs défendant jalousement leur pré carré, hommes aux ambitions et aux visées politiques parfois contradictoires.

Le 27 mai 1943, il parvient enfin à se faire admettre comme chef du CNR. C’est alors l’ unification de tous les groupes de résistance française qui reconnaissent en de Gaulle le chef légitime du gouvernement français, c’est enfin l’unité d’action, c’est enfin un gage d’efficacité.

L’arrestation de Jean Moulin a lieu le 21 juin 1943 à Calluire où se tient une réunion secrète avec plusieurs responsables de la Résistance. Mais l’élan ne sera plus jamais brisé. Jean Moulin est interné avec les autres responsables de la Résistance à à Lyon. Interrogé et torturé par le chef de la Gestapo, Klaus Barbie, il meurt de ses blessures le 8 juillet 1943 dans le train qui le conduisait, comme tant d’autres avant lui, vers les camps de la mort en Allemagne. Il s’est évadé une dernière fois. Homme de conviction, homme de parole, homme de culture ,homme intègre, humaniste, Jean MOULIN a rejoint le cortège des hommes illustres qui ont mis sans calcul partisan ou personnel leur personne au service de la France, qui ont donné leur vie pour que refleurisse la liberté, qui ont donné leur sang pour que nous puissions nous réunir aujourd’hui. Alors aujourd’hui, à Antibes, nous sommes, pour la première fois, réunis dans un nouveau site. Ce n’est pas un Panthéon froid et grandiose mais un lieu vie ou le chaland, à tout âge, peut un instant sous le ciel bleu et le chant des cigales se tourner vers le témoignage terrible de cette simple pierre, s’interroger et se laisser pénétrer calmement par les mots martelés du tragique de l’histoire. C’est alors, c’est maintenant que la mémoire vit, se propage, se diffuse, se transmet et se partage. N’oublions pas le sacrifice de Jean MOULIN, n’oublions pas le témoignage d’Emile GENTE ; Nous n’oublierons pas. Vive la République, Vive Antibes, Vive la France