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Harkis. Honneur. Histoire, les 3H

Discours de Nasser SAHOUR - Président des 3 H * Journée Nationale des Harkis *

Publié le mardi 23 octobre 2012
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3 H, la mémoire offensive !

Discours de Monsieur Nasser SAHOUR le 25 septembre 2012 au Carrefour Universitaire Méditerannéen de Nice.

Journée Nationale des Harkis.

Cette journée de mémoire décidée par Monsieur Jacques CHIRAC alors Président de la République et relayée depuis septembre 2001 par des Maires et nous affirme avec force notre appartenance à notre grande nation la France.

Chacun de vous sait le rôle des Anciens Harkis, leur patriotisme inaltérable envers la France malgré ce qu’ils ont enduré pendant et après la guerre.

Un homme sans histoire est un homme sans âme, une nation sans honneur n’est que l’abysse de l’enfer.

Heureusement, des hommes d’honneurs veillent, la France dans toute sa grandeur se doit de réagir à travers eux, chaque citoyen se doit d’entendre l’histoire de son pays et ainsi évacuer par une loi dite de Pardon aux Harkis, la honte qui frappe son histoire et l’empêche de rayonner à nouveau.

Je veux rendre hommage ici aux courages des Harkis mais aussi à leur famille. Je veux saluer la patience et la détermination des historiens qui ont à recueillir un à un les témoignages, les rapports administratifs, les portraits, les notices biographiques. Tous ces documents qui font foi, toutes ces images bouleversantes que nous possédons maintenant et que nous communiquons. Sans oublier bien sûr, les associations Pieds Noirs, patriotiques, humanitaires ainsi que nos élus, ici à Nice et d’ailleurs.

Le drame HARKI NE SERA PAS VOILÉ, Marianne le Symbole de notre République ne le sera pas non plus. La vérité sur ce passé douloureux et encore vif aujourd’hui parle avec des mots écrits, dont l’encre a été tirée du sang et du malheur des Harkis à travers leur génération.

Cette vérité s’impose à tous avec force faisant taire ces maux, ces insultes si douloureuses faites aux HARKIS et à leur descendance mais au-delà aussi, à notre Pays.

Rien ne doit s’effacer de cette lente maturation des consciences, plus que jamais, restons fidèles à cette exigence de transmission qui nous a guidés depuis plus de cinquante ans.

N’oublions pas les sourires, les fêtes et les joies qui s’exprimaient jadis avant cette guerre meurtrière ;

N’oublions pas qu’une communion existait entre les différentes origines, qu’elles soient religieuses, culturelles ou autres que cela soit dit et écrit. Jadis, le respect dominait !

Le gouvernement de l’époque en a décidé autrement…

Bref les valeurs pour lesquelles nous nous battons aujourd’hui, existaient là bas, de l’autre coté de la méditerranée il y a plus de cinquante ans.

Souvenons-nous de nos militaires, relevant l’étendard de l’armée d’Afrique et terrassant l’occupant durant les différentes guerres mondiales, Souvenons nous des anciens supplétifs de l’armée française qui avait pour mission de protéger les populations civiles.

Souvenons-nous aussi que des militaires défiant leurs ordres et rapatrièrent les harkis et leur famille clandestinement et furent à ce titre réprimés pour cela !11

Lorsqu’un gouvernement donne instruction de condamner son armée pour des faits de protection de sa population comment appelle-t-on cela si ce n’est une trahison ?

1962, le doute puis la dispersion, l’oubli organisé et structuré par le gouvernement de l’époque, s’acharna comme une chape de ciment ou la seule finalité était d’enterrer l’histoire des Harkis...

Notre société commençait à se fragmenter et à tomber en déliquescence silencieusement au beau milieu des 30 glorieuses…

Pour que vive notre histoire commune, nos paroles doivent être entendues. Nos regards doivent veiller en chacun de nous. Ils doivent être nos avertissements pour demain. Nous ne pouvons ignorer des phénomènes naissants, car nous avons l’exemple que l’oublie ou l’utilisation de la mémoire à des fins politiciennes ou individuelle peut laisser s’installer des confusions qui profite aux mensonges.

L’indivisibilité de la nation doit être le rempart de l’individualisme intéressé qui conduit aux désastres.

Cette individualisme a conduit à la Haine et a dévoyé notre pays aux yeux du Monde. (EU. JFK – Historiens Etudes)

L’histoire s’écrit, les responsabilités de tous ces drames se savent, et au delà du temps, des hommes que l’on croyait Héroïque entendent frapper au porte de leur tombes la vérité implacable, incontournable des malheurs qu’ils ont occasionnés de leur vivant à ces glorieux français et qui fera de leur nom, l’écho d’une trahison.

Je sais que beaucoup d’entre vous ne trouvent pas encore la force de se rendre dans les classes d’écoles pour raconter ce qu’ils ont vécu. Je veux vous dire ici et maintenant que votre témoignage est irremplaçable. Qu’y a-t-il de plus fort que la voix de celui qui a vu et qui parle, de celui qui a vécu et qui partage ? Que ce soit ici, en Algérie ou ailleurs.

A vous qui portez témoignage, nous devons répondre par la certitude de la mémoire, qui fait la vie plus grande, qui fait la vie plus vraie qui fait l’Histoire Universelle.

Vous devez avoir la certitude que les livres d’histoire garderont l’empreinte de ce qui devait rester secret, que chaque citoyen, que chaque enfant portera gravé au fond de lui votre témoignage.

Je veux vous dire que les autorités de notre pays se porteront garantes du souvenir et du respect dues aux déracinés car elle n’a plus le choix –Son devoir de vérité est venu aujourd’hui.

Contre ce qui ronge, nul n’oubliera vos bagages d’ombre et les visages à claire-voie, nos tombes profanés et nos morts démembrés. Notre histoire et celle de la République, que nous avons toujours servie, ne font qu’un. Pour chacun d’entre nous, qui regardons avec lucidité notre passé, qui voulons savoir, qui voulons comprendre, la mémoire est un souffle perpétuée.

Même dans le malheur et la honte occasionnés par nos gouvernants de l’époque, nous avons connu des heures de courage et de grandeur car nos vêtements sont ceux de la République, Une.

Rappelons-nous que l’année 1962 fut celle qui décida du sort des harkis et de leur famille, qui les jeta dans des camps insalubres à Bias dans le Lot et Garonne, Rivesaltes dans les Pyrénées Orientales, le Larzac dans l’Aveyron, Bourg Lastic dans le Puy de Dôme, La Rie dans la Vienne, Saint Maurice l’Ardoise dans le Gard ou la précarité mariée à la misère extrême devait détruire ce qui avait fait la grandeur de la France d’Outre Mer.

Des membres de l’assemblée se lèvent et récitent un à un les camps où les Harkis ont été "déversés"...

Allier 1 Noyant (Saint-Hilaire) Alpes-de-Haute-Provence 2 Jausiers 3 Ongles 4 St André-les-alpes 5 Sisteron Haute-Alpes 6 Rosans 7 Montmorin Alpes Maritimes 8 Breil sur Roya 9 L’Escarène 10 Mouans-Sartoux 11 Roquestéron 12 Valbonne Ardèche 13 Largentière Ariège 14 Montoulieu Aude 15 La Pradelle 16 St Martin des Puits 17 Pujol de Bosc Aveyron 18 Brusque 19 St Rome de Cernon Bouches-du-Rhône 20 La Ciotat 21 Fuveau 22 Jouques 23 La Roque D’Anthéron Cantal 24 Chalvignac Charente-Maritime 25 La Tremblade Côte-D’Or 26 Baigneux les Juifs 27 Vanvey sur Ouche 28 Is-sur-Tille Dordogne 29 Lanmary Drôme 30 Beaurières Corse-du-Sud 31 Zonza Haute-Corse 32 Casamozza Gard 33 La Grand Combe 34 Villemagne (St Sauveur des Pourcils) Haute Garonne 35 Juzet d’Izaut Gers 36 Mirande Hérault 37 Avène Truscas 38 Lodève 39 St Pons de Thomières Isère 40 Roybon Lozère 41 Cassagnas 42 Chadenet - La Loubière

Reprise du discours par Nasser SAHOUR :

Puis l’égarement et la souffrance de ces mêmes familles relogées en HLM, mal scolarisées en déchéance sociale. Certain n’ont pas glissé et se sont battu pour être reconnue et faire reconnaître leur génocide, il n’y parvienne pas encore aujourd’hui, d’autres lassés humiliés, se sont extériorisés socialement, la honte à générer chez eux précarités, souffrances et parfois aussi mort. L’idée que nous nous faisons de la France s’apprécie à l’aune de ses valeurs comme de sa capacité à reconnaître et à dire ses fautes. La mémoire n’est jamais d’une pièce. Elle est le rendez-vous de la conscience. Notre volonté est de l’accepter tout entière pour en faire le lieu d’un rassemblement et d’un dépassement.

Construire l’avenir dans une unité nationale, combattre l’ignominie, reconnaître aussi ses torts et surtout définir ce qu’est notre identité nationale. Contre le terrible ressassement de la violence, qui n’épargne aucune région du monde, faisons preuve d’audace et d’imagination. Ne laissons pas les situations se détériorer sans fin. Je ne crois pas à la fatalité du mépris quant à l’histoire des déracinés.

Des hommes et des femmes se dressent pour dire non, par fidélité à un idéal, par refus de la répétition du malheur.

Face à l’aveugle des jours, une leçon de lucidité Frappe de son SCEAU chaque année le 25 septembre, pour rappeler au monde que les HARKIS ont été valeureux, et leur HONNEUR est lié à Notre HISTOIRE, celle d’un peuple , celui qui constitue la France