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Cercle Richard Wagner Rive Droite

Conférence de Hervé CASINI "D’une Arlésienne à l’autre, d’Alphonse Daudet à Cilea"

Publié le vendredi 10 novembre 2017

Conférence gratuite animée par Hervé CASINI, Journaliste - Musicologue, "D’une Arlésienne à l’autre, d’Alphonse Daudet à Cilea" Samedi 18 novembre 2017 à 15h dans le FOYER MONTSERRAT CABALLE - OPERA DE NICE. Sujet original et particulièrement intéressant juste avant les représentations "d’Adriana Lecouvreur" du même Cilea à l’opéra de Monte-Carlo du 19 au 26 novembre.

D’UNE ARLESIENNE A L’AUTRE….L’ARLESIANA de Francesco Cilea : un drame provençal à l’italienne

Encore L’Arlésienne ? N’est-elle pas archi-connue du grand public cette belle invisible qui obsède et ravage le malheureux Jan, devenu Frédéric dans le drame du même Alphonse Daudet (1872), au point de le pousser au suicide ?
Et de sa version musicale, tout n’a-t-il pas été écrit, une fois pour toutes et fort bien, par Georges Bizet dans sa musique de scène, devenue depuis lors l’un des passages obligés du répertoire de toutes les grandes formations orchestrales classiques ?

Certes. Et pourtant, il est une arlésienne, ou plutôt une arlesiana, qui continue à attendre que des directeurs de maison d’opéra prennent davantage le risque de la produire sur scène : c’est celle d’un certain Francesco Cilea.

Cilea, qui naît à Palmi, en Calabre, en 1866- justement l’année où Alphonse Daudet écrit ses Lettres de mon moulin- demeure auprès du grand public amateur d’art lyrique l’homme d’un seul opéra : Adriana Lecouvreur (1902). La plupart de ses collègues de la Giovane Scuola (littéralement la « Jeune Ecole »), ce mouvement tout d’abord littéraire, issu du naturalisme français et qui, de façon souvent impropre, sera appelé Vérisme, sont dans le même cas : Pietro Mascagni, le père du courant en question, demeure pour l’éternité le compositeur de Cavalleria Rusticana (1890), Ruggero Leoncavallo celui d’I Pagliacci (1892) et Umberto Giordano, le musicien d’Andrea Chenier (1896). Pourtant, comme c’est également le cas pour ses contemporains, Cilea ne peut être réduit à une seule composition, si brillante soit-elle !

L’occasion offerte par cette conférence du CRWRD permettra de présenter au public, en prélude aux représentations monégasques d’Adriana Lecouvreur, une œuvre aussi rare qu’attachante. Crée au Teatro Lirico de Milan le 27 novembre 1897 par un Enrico Caruso de vingt-quatre ans qui transcende littéralement le rôle de Frédéric et l’inscrit d’emblée au panthéon des tenorissimi du siècle, L’Arlesiana ne manque pas de qualités. Tant dans son efficacité dramatique que dans son écriture vocale mais aussi orchestrale, avec des accents parfois quasi-chambristes, l’opéra prend, en outre, ses distances avec l’esthétique « vériste » à la mode. Plusieurs fois remises sur le métier par un Francesco Cilea qui nourrissait pour elle une profonde affection, L’Arlesiana, après avoir été jouée un peu partout dans le monde pendant l’entre-deux-guerres, grâce en particulier à des interprètes du mémorable lamento de Frédéric-ou plutôt Federico !- de la trempe de Beniamino Gigli et Tito Schipa, s’est faite de plus en plus rare au répertoire et n’a finalement jamais trouvé la place qu’elle méritait.

A travers de larges extraits musicaux mais aussi vidéo, qui permettront d’entendre de grands interprètes d’hier et d’aujourd’hui, Hervé Casini nous permettra de pénétrer plus avant dans l’univers du « vérisme » et de découvrir ou redécouvrir l’italianité de cette belle Arlesiana.