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Fondation de la France Libre - Délégation des Alpes-Maritimes

70ème anniversaire du message de Noël aux enfants de France par le Général de GAULLE le 24 décembre 1941.

Publié le vendredi 9 décembre 2011

Petit texte paru aux éditions Plon pour célébrer le message de Noël 1941 adressé aux enfants de France par le Général de Gaulle.

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Ce message a été prononcé le 24 décembre 1941 à la radio de Londres par le Général de GAULLE qui voulait souhaiter un bon Noël aux enfants de France.

La France était occupée depuis dix-huit mois. Cela veut dire que l’ennemi, après avoir remporté une bataille, se trouvait dans nos rues, dans nos villages, dans nos champs, avec son uniforme ,ses lois, ses armes, son langage, et que les Français, puisqu’il était là, n’étaient plus chez eux .

Il faisait froid. On manquait de nourriture parce que les prisonniers que l’ennemi avait faits et qu’il retenait, chez lui, derrière les barbelés, n’étaient plus à la terre, et que les denrées des autres pays libres n’arrivaient plus dans nos ports. Et puis, aussi, parce que l’ennemi réquisitionnait tout ce que nous produisions pour nourrir ses soldats qui montaient la garde à nos carrefours et habitaient nos plus belles maisons . On aurait dit que, jamais plus, la France ne redeviendrait la France.

Alors, le soir, les braves gens se cachaient pour écouter, à la radio, une voix venue d’au-delà la Manche, une voix brouillée par les appareils de l’ennemi qui interdisait de l’écouter. Une voix qui, en ce soir de Noël 1941, apportait aux petits enfants de France un message d’Espoir.

« Quel bonheur, mes enfants, de vous parler ce soir de Noël. Oh ! Je sais que tout n’est pas gai, aujourd’hui, pour les enfants de France. Mais je veux, cependant, vous dire des choses de fierté, de gloire, d’espérance.

Il y avait une fois : la France ! Les nations, vous savez, sont comme des dames, plus ou moins belles, bonnes et braves. Eh bien ! parmi Mesdames les nations, aucune n’a jamais été plus belle, meilleure, ni plus brave que notre dame la France.

Mais la France a une voisine brutale, rusée, jalouse : l’Allemagne. L’Allemagne , enivrée d’orgueil et de méchanceté, a voulu, un beau jour, réduire en servitude les nations qui l’entouraient. Au mois d’août 1914, elle s’est donc lancée à l’attaque.

Mais le France a réussi à l’arrêter sur la Marne, puis à Verdun. D’autres grandes nations, l’Angleterre, l’Amérique, ont eu ainsi le temps d’arriver à la rescousse. Alors, l’Allemagne, dont le territoire n’était nullement envahi, s’est écroulée tout à coup. Elle s’est rendue au Maréchal Foch. Elle a demandé pardon. Elle a promis, en pleurant, qu’elle ne le ferait plus jamais. Il lui restait d’immenses armées intactes, mais il ne s’est pas trouvé un seul Allemand, pas un seul ! pour tirer même un seul coup de fusil après la capitulation.

Là-dessus, les nations victorieuses se sont séparées pour aller chacune à ses affaires. C’est ce qu’attendait l’Allemagne. Profitant de cette naïveté, elle s’est organisée pour de nouvelles invasions. Bientôt, elle s’est ruée de nouveau sur la France. Et, cette fois ,elle a gagné la bataille.

L’ennemi et ses amis prétendent que c’est bien fait pour notre nation d’avoir été battue. Mais la nation française, ce sont vos papas, vos mamans, vos frères, vos sœurs. Vous savez bien, vous, mes enfants, qu’ils ne sont pas coupables. Si notre armée fut battue, ce n’est pas du tout parce qu’elle manquait de courage, ni de discipline. C’est parce qu’elle manquait d’avions et de chars. Or, à notre époque, tout se fait avec des machines, et les victoires ne peuvent se faire qu’avec les avions, les chars, les navires, qui sont les machines de la guerre.

Seulement, malgré cette défaite, il y a toujours des troupes françaises, des navires de guerre et des navires marchands français, des escadrilles françaises, qui continuent le combat.

Je puis même vous dire qu’il y en a de plus en plus et qu’on parle partout dans le mondes de ce qu’ils font pour la gloire de la France.

Pensez à eux, priez pour eux, car il y a là, je vous assure, de très bons et braves soldats, marins et aviateurs, qui auront à vous raconter des histoires peu ordinaires quand ils seront rentrés chez eux.

Or, ils sont sûrs d’y rentrer en vainqueurs, car nos alliés, les Anglais et le Russes, ont maintenant des forces très puissantes, sans compter celles que préparent nos alliés les Américains.

Toutes ces forces, les Allemands n’ont plus le temps de les détruire, parce que, maintenant, en Angleterre, en Russie, en Amérique on fabrique d’immenses quantités d’avions de chars, de navires. Vous verrez un jour toute cette mécanique écraser les Allemands découragés et à mesure qu’ils reculeront sur notre territoire, vous verrez se lever de nouveau une grande armée française.

Mes chers enfants de France, vous avez faim, parce que l’ennemi mange notre pain et notre viande. Vous avez froid, parce que l’ennemi vole notre bois et notre charbon, vous souffrez, parce que l’ennemi vous dit et vous fait dire que vous êtes des fils et des filles de vaincus.

Eh bien ! moi , je vais vous faire une promesse , Une promesse de Noël. Chers enfants de France, vous recevrez bientôt une visite, le visite de la VICTOIRE.

Ah ! comme elle sera belle, vous verrez !… »

En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez écouter l’enregistrement original du message.

http://www.ina.fr/fresques/de-gaull...

Cette victoire allait se dessiner dans les sables du désert Lybien à Bir-Hakeim dont nos allons célébrer en 2012 le 70éme anniversaire. A tous et toutes, nous souhaitons de très heureuses fêtes de fin d’année !!!!!

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